Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

15/01/2016

Les sorcières de ROUFFACH

 

 Il y a-t-il des gentilles sorcières me demandait Ginette lors de ma dernière note. Oh que oui !!!  Et voici Pourquoi:

flutes.jpgCe petit texte figurait en avant propos, d’un rapport de stage rédigé en 1997 après un séjour de trois semaines en Alsace pendant ma formation de Cadre- Infirmier. Il était même illustré par un dessin de mon père.
Si l'on devait donner à l'ALSACE le titre de "Pays des sorcières", ROUFFACH en deviendrait certainement la capitale.
Vers la mi-Juillet, cette petite ville consacre à ces personnages une très grande fête. Il y a aussi à ROUFFACH un bâtiment qui porte le nom de "Tour des sorcières" et au pied du quel se trouve un restaurant décoré de mannequins à leur effigie.
Pourtant celles qui donnèrent leur nom à ce monument n'avaient que très peu de rapport avec ces personnages de légende juchés sur leur balai. Car, elles étaient des êtres de chair et de sang, et les séjours qu'elles effectuaient dans la tour de ROUFFACH n’avaient rien ni de touristiques, ni de gastronomiques. C'était ici qu'elles étaient soumises à la question, torturées, emprisonnées avant d'être conduites à la potence et au bûcher.
Ces femmes, victimes de la bêtise humaine, étaient les ancêtres des infirmières. C'était des guérisseuses qui savaient panser les plaies de l'âme et du corps. C'est à elles que les autres femmes confiaient leurs peines, leurs amours, leurs inquiétudes et leurs angoisses face à la sexualité et à la maternité. Le planning familial, la conseillère conjugale, la psychothérapeute, la sage femme ce sont les "sorcières" qui les ont incarnés au Moyen-âge, et c'est l’IVG qui a souvent servi de prétexte pour les livrer au bourreau. Bien sûr ,parfois ..,souvent ..,ce n'était que remèdes de "Bonnes Femmes", mais l'ignorance des "sorcières" n'avait rien à envier à celle des Médecins de l'époque et de l'expérience des unes et de celle des autres sont nées science et conscience de leurs successeurs.
C'est parce que je rejette l'intolérance et ses cortèges d’inquisiteurs que je me permets, Mesdames les sorcières, de vous rendre cet hommage profondément sincère et de vous demander de veiller sur nous, infirmiers d’aujourd’hui, mais aussi et surtout parce qu’ils en auront grand besoin, de veiller sur les infirmières et infirmiers de demain
.

 

31/10/2015

Allo OUINE ? Ici TROUILLE !!!!!!

Halloween, cette fête anglosaxone n’a pas pris en France, la preuve, il suffit de lire les pages locales des journaux : que font les enfants dans les centres aérés pendant les vacances de Toussaint ? Et bien ils…..heu….enfin……bon…..bref……. les centres aérés sont un mauvais exemple.  Prenons en un autre, et mettons nous à l’écoute des mioches à la sortie des écoles, humm ???? Pour eux les prochaines vacances ce sont celles de ….d’Halloween ! encore raté . !!!

 Ah ben, que voulez vous, la Toussaint, ça n’évoque rien dans leurs jolies têtes,  Ils ont bien raison, à leur âge, il vaut mieux rire et se faire peur avec la mort que de pleurer et d’aller déposer des fleurs sur la tombe de personnes qu’ils n’ont souvent jamais connues.

Sorcière-Sam-61101-01.jpgPour en revenir à Halloween, il est vrai que commercialement, ça n’a pas pris, à part chez les marchands de citrouilles. C’est peut-être tout bêtement, (ou tout intelligemment) parce que cette « fête » échappe totalement aux adultes et aux marchands du temple, les rayons des magasins se font de plus en plus petits chaque année, les articles restent sur les étagères et cependant les mioches, mais aussi les ados trouvent moyen de se déguiser et d’organiser de ci de là une petite soirée «  gros frissons », et je ne reviendrai pas sur nos centres aérés qui ont trouvé là un beau sujet d’animation permettant d’occuper les enfants pendant la huitaine. Certes le coté «  Des bonbons ou je te jette un sort » , ça fait un peu racket , faut pas s’étonner si quelques temps plus tard la jeunesse dorée de Neuilly t’interpelle pour exiger « ton portable, ou j’te fais une boutonnière avec mon cutter ».

Bon, où j’en étais moi déjà ? ah oui !!!! je vais profiter de ce mois d’octobre pour vous ressortir quelques histoires de sorcières, Il y en avait quelques unes dans la famille, parfois mariées avec des jeteurs de sorts. Alors, je te le dis : « Lis mon blog, où je fais partir ton ordi en fumée !!! » HiHiHiHi (ceci est un rire maléfique) « Si tu veux que je lève le sort, il te faudra laisser un com !!!! »

Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour faire monter les stats !!!!!!

18/09/2015

La triste et lamentable histoire des sorcières d'Uzès

Allez, comme nous sommes encore en vacances je me fais un petit plaisir en rééditant cette note écrite en Juin de l'année dernière. L'histoire est véridique, si on en croit les historiens .

Je dédis cette rediffusion à Colapat et à Saadou

Puisque vous aimez les histoires de sorcières je vais vous en raconter une, absolument authentique (comme l’attestent Gaston CHAUVET et Lionel d’ALBIOUSE, historiens patentés de notre bonne ville d’Uzès). Permettez moi seulement de vous en livrer une version revue et corrigée par un loup de vos connaissances, qui n’en a pas toutefois modifié la véracité sur l’essentiel. Car voyez vous, si nos illustres auteurs ont puisé dans les archives municipales, ils n’ont pu, par contre, bénéficier de témoignages oculaires, et pour cause car notre histoire s’est déroulée à la fin du XVème siècle. Or à cette époque, je pratiquais l’amour courtois avec une jeune chienne nommée Pifette, une « bergère cévenole », qui surveillait le troupeau de son maître sous « les barris » du château ducal. Les loups n’ayant pas le droit de citer à l’intérieur des remparts, nous nous retrouvions près d’une capitelle, une de ces huttes en pierres sèches que les provençaux nomment « bories ». C’est là qu’elle me raconta la triste et lamentable histoire des trois sorcières d’Uzès, tandis que je dégustais la carcasse d’un agneau mort né que Pifette et son berger m’avait laissé en guise de déjeuner.
Vous vous plaignez mais sachez qu’ en ce temps là l’administration de notre beau pays était encore plus compliquée qu’aujourd’hui, rien que pour notre ville, nous avions trois pouvoirs, celui du roi, celui de l’évêque et celui des consuls et autres échevins. Chacun d’entre eux avait son siège, son tribunal et son gibet, Le pilier de celui du pouvoir royal est encore visible sur l’ancien chemin de Nîmes, derrière le Mas de Justice, le bien nommé, car braves gens, si vous demeurez dans un lieu appelé « Pont de justice », « quartier de justice », « fontaine de justice », apprenez que c’est là, qu’au Moyen âge on pendouillait larrons et malandrins.
Mais je m’égare, revenons-en à nos « masques » car c’est ainsi que l’on nomme dans nos pays celles qui se livrent à la magie noire.
En l’an de grâce 1491, Dame Espaze, qui demeurait rue de l’Epée, entre la Tour du Roy et celle de l’Evêque, fut accusée de sorcellerie en compagnie que deux autres femmes du quartier. Nos trois sorcières, ou prétendues telles, furent conduites à la tour de l’Evêque, siège du pouvoir épiscopal. Deux d’entre elles, dont notre Dame Espaze furent condamnées à la pendaison, et suspendues par le cou au gibet de Monseigneur l’évêque jusqu’à ce que mort s’en suive. La troisième eu à subir le bannissement, on dit qu’elle s’en alla quérir aventure au-delà des mers, mais une farfadette de mes amies prétend qu’elle serait revenue dans nos contrées, et que l’on peut, les soirs de pleine Lune, de Sabbat ou de bacchanales, la voir voltiger sur son « escoube » dans le ciel au dessus du château de Najac. e49934702ab3fc7c91ea276e79f204a8.jpg
La suite de mon histoire, car elle n’est point finie, je vous la narre comme Pifette me l’a racontée, elle qui a tout vu, tout su, tout entendu, tout retenu.
Scandale ! scandale ! s’écria le sénéchal, représentant du pouvoir royal, "Monseigneur l’évêque de quel droit avez-vous fait pendre ses deux femmes ?, c’est une honte". Le prélat, tout confus, jura de sa bonne foi,
« la sorcellerie c’est du domaine du spirituel »

« Que nenni,seule la justice du Roy peut décider des cas exigeant la mort, faîtes dépendre ces dames et que l’on conduise les corps à la tour du Roy, siège de la sénéchaussée !! »
On dépendouilla donc Dame Espaze et sa compagne, on convoqua les témoins, rameuta la foule, et après en avoir délibéré avec lui-même, le sieur sénéchal fit amener les deux suppliciées au gibet royal cette fois, où elles furent rependues. « Ainsi, comme l’écrit Gaston CHAUVET dans son ouvrage, fut rétablie publiquement dans ses droits et privilèges usurpés, la juridiction du roi de France »

03/07/2015

Les sorcières de ROUFFACH

dd347ab8da76124a4ccfe03f1c6b1b9c.jpg C’est l’été, l’heure des rediffusions, nous n'allons pas nous gêner entre nous, n’est-ce pas ? , donc je vous propose ce texte de l’année dernière.

Ce petit texte figurait en avant propos, d’un rapport de stage rédigé en 1997 après un séjour de trois semaines en Alsace pendant ma formation de Cadre- Infirmier. Il était même illustré par un dessin de mon père. Je le dédis aujourd’hui à la sorcière de NAJAC.
Si l'on devait donner à l'ALSACE le titre de "Pays des sorcières", ROUFFACH en deviendrait certainement la capitale.
Vers la mi-Juillet, cette petite ville consacre à ces personnages une très grande fête. Il y a aussi à ROUFFACH un bâtiment qui porte le nom de "Tour des sorcières" et au pied du quel se trouve un restaurant décoré de mannequins à leur effigie.
Pourtant celles qui donnèrent leur nom à ce monument n'avaient que très peu de rapport avec ces personnages de légende juchés sur leur balai. Car, elles étaient des êtres de chair et de sang, et les séjours qu'elles effectuaient dans la tour de ROUFFACH n’avaient rien ni de touristiques, ni de gastronomiques. C'était ici qu'elles étaient soumises à la question, torturées, emprisonnées avant d'être conduites à la potence et au bûcher.
Ces femmes, victimes de la bêtise humaine, étaient les ancêtres des infirmières. C'était des guérisseuses qui savaient panser les plaies de l'âme et du corps. C'est à elles que les autres femmes confiaient leurs peines, leurs amours, leurs inquiétudes et leurs angoisses face à la sexualité et à la maternité. Le planning familial, la conseillère conjugale, la psychothérapeute, la sage femme ce sont les "sorcières" qui les ont incarnés au Moyen-âge, et c'est l’IVG qui a souvent servi de prétexte pour les livrer au bourreau. Bien sûr ,parfois ..,souvent ..,ce n'était que remèdes de "Bonnes Femmes", mais l'ignorance des "sorcières" n'avait rien à envier à celle des Médecins de l'époque et de l'expérience des unes et de celle des autres sont nées science et conscience de leurs successeurs.
C'est parce que je rejette l'intolérance et ses cortèges d’inquisiteurs que je me permets, Mesdames les sorcières, de vous rendre cet hommage profondément sincère et de vous demander de veiller sur nous, infirmiers d’aujourd’hui, mais aussi et surtout parce qu’ils en auront grand besoin, de veiller sur les infirmières et infirmiers de demain
.

 

05:01 Publié dans Les sorcières | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sorcières

12/06/2015

Mes ancêtres les sorcières....

Dans les « sorcières de Rouffach »je vous avais déjà dit que ma grand-mère maternelle était une sorcière « une vraie » comme celles que j’ai décrites dans le texte ci nommé.
Léontine, car elle s’appelait ainsi, n’avait aucun diplôme, elle connaissait les plantes qui guérissent (les autres aussi, mais comme elle n’avait pas la moindre once de méchanceté elle les ignorait). On disait de ma grand-mère qu’elle avait le don de prédire l’avenir, personnellement je dirais qu’elle avait plutôt le sens de l’observation, et suffisamment de sagesse et de psychologie pour sentir « venir les choses ». C’était surtout une sage femme, à tous les sens du terme. Elle avait aidé à accoucher de nombreuses mères, mettant entre autre au monde les quatorze ou quinze enfants de sa belle sœur. La présence de cette paysanne de la montagne rassurait autant les futures mamans que l’unique médecin du canton. Pourtant, lorsque je fis savoir qu’il était grand temps de m’accueillir au sein de la famille, Léontine paniqua, la belle sœur c’était normal, les voisines ça pouvait aller, mais sa fille ……cette affaire la dépassait complètement. Ma mère, avec son sens de l’autorité que nous lui connaissions bien, lui secoua les puces et pour mon grand bonheur Léontine me mit au monde.
Je ne suis pas contenté d’un apparentement avec les sorcières uniquement du coté maternelle, car voyez vous, moi qui ne crois pas au hasard, je pense que si mon père a choisi la fille de l’une d’elle, c’est parce que du coté de sa mère ….. vous voyez où je veux en venir ?
Ma mémé Dédée n’appartenait pas à cette confrérie, mais par contre elle était native du Berry, et qui dit Berry dit sorcellerie et Magie Noire. Au cœur de ce pays, fait de Marais et d’étangs, il existe trois villages qui forment ce que les berrichons eux-mêmes appellent le triangle des sorciers, ce n’est rien de dire qu’il s’agit du saint des saints de l’ésotérisme, Un dicton local dit d’ailleurs « Villiers, Saulnay, Paulnay trois pays de sorciers ». Ma grand-mère, petite fille d’instituteur, naquit par hasard dans l’école de son grand-père, à Saulnay, sa mère étant venue se reposer chez ses beaux-parents pour échapper à la « vie parisienne ». Cependant ses origines berrichonnes étaient indéniables, et elle passait souvent ses vacances chez sa Tante Berthe à Villiers, l’un des deux autres villages du fameux triangle.
La Tante Berthe, rien que le nom vous avez déjà une idée du personnage, demeurait avec son mari le sabotier en bordure des marais de la Brême, à l’écart du village, juste ce qu’il faut pour être à l’abri des regards indiscrets, tout en ne perdant pas une miette de ce qui pouvait ce passer chez les autres. Imaginez ce pays, celui du grand Meaulnes, couvert de brumes, où il est facile de se perdre dans les marais si l’on n’est pas du cru, vous avez ainsi une petite idée réjouissante du cadre et pour corser le tout, le petit bois derrière chez la tante s’appelait le bois des vipères. Mais qui dit la Tante Berthe dit l’oncle Auguste, le sorcier, enfin le plus sorcier des deux, c’était lui. Jeteur de sorts et désenvoûteur, Malheur a celui qui lui manquerait de respect, les créatures du marais, dont il connaissait les secrets se chargeraient de tourmenter l’importun. Mais ce qui faisait surtout la réputation de l’oncle c’était…comment dire… ? sa…baguette magique. Dans tout le pays elle était connue pour faire du bien aux dames qui souhaitaient en apprécier la sustentifique moelle. L’oncle en faisait un usage immodéré à un point tel que cela n’était plus un secret dans la famille, mais presque un titre de gloire.
Je n’ai pas connu l’oncle, mort bien avant ma naissance, par contre, même si je n’ai aucun souvenir d’elle, j’ai côtoyé la tante les premières années de ma vie, car elle était hébergée chez ma grand-mère après son veuvage. Elle m’aimait bien, et appréciait, elle qui n’avait pas eu d'enfant, de nous garder quand ma mère travaillait.
Il parait que quelques jours avant sa mort, elle m’aurait confié à l’oreille le secret de l’oncle pour enchanter les dames. Malheureusement au Lycée de saint Flour, ils ne faisaient pas Berrichon en seconde langue.