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11/01/2017

Il m'arrive d'Écrire (2008)

Il y a bientôt six mois que j’ai ouvert (brièvement) mon premier blog, et j’en suis maintenant à faire un premier bilan de cette passionnante expérience, La première question que je pourrai me poser est : Pourquoi j’écris ?
La réponse ne peut tenir en une ligne, ce qui est certain, c’est que ce n’est sûrement pas avec l’intention d’obtenir le prix Nobel de littérature, même pas le prix Goncourt et encore moins celui de l’Académie Française. Une pléiade de professeurs de lettres a su me convaincre au cours de ma scolarité que je devais faire une croix sur cette ambition, si par hasard et par malheur pour la qualité de la littérature française, j’avais eu une telle prétention.
Ma venue à l’écriture fut beaucoup plus pragmatique, j’avais besoin de sommeil.
L’explication peut paraître un peu tordue au premier abord, mais vous allez comprendre. N’avez-vous jamais été taraudé par un problème, en particulier dans une situation conflictuelle ? Bien sûr que si ! Je ne sais pas comment vous réagissez, mais en ce qui me concerne, je rumine dans ma tête, rabâchant arguments et contre arguments, me répétant sans cesse l’histoire, re-visionnant les scènes, me remémorant chaque mot, chaque phrase chaque son. Et quand j’en ai terminé……je recommence, recommence, recommence. J’y pense en mangeant, j’y pense au volant, j’y pense en dormant…où plus exactement j’y pense en essayant de dormir.
Une nuit d’insomnie, je me suis assis à ma table, j’ai sorti un stylo et j’ai couché sur une feuille de papier tout ce qui tourbillonnait dans ma pauvre de tête de loup. Soudain tout est devenu limpide, les mots trouvaient leur place, les solutions émergeaient, les obstacles reprenaient des dimensions appréhendables, chaque élément se resituait dans son contexte. Quand j’ai eu terminé, je suis allé me recoucher, plongeant dans un sommeil profond, baigné de sérénité. Plus la confrontation à laquelle je devais me préparer approchait, moins je me tracassais. Je savais ce que j’allais dire, je savais ce que j’allais faire.
Lorsque le temps de me pencher sur mon enfance est venu, lorsque j’ai vu mes parents reproduire sur leurs petits enfants les maltraitances morales que nous avions subies. Lorsque j’ai vu resurgir tous ces mauvais moments que je croyais avoir oubliés, je n’ai pas eu d’autre alternative que de prendre un stylo et d’écrire.
J’ai commencé par remonter le temps dans une chronologie décroissante, du plus récent au plus ancien, mais page après page, je me suis aperçu que je ne pouvais expliquer certains faits sans faire référence à des événements antérieurs
Il me fallut donc repartir d’un début, mon coté narcissique m’a amené à penser que ma naissance pouvait très modestement constituer un point de départ acceptable et naturel à ce qui est « mon histoire » bien que celle-ci ait débuté bien avant ma venue au monde.
J’ai fait le choix de conter mon enfance à partir de l’ensemble de mes souvenirs, les bons, les moins bons, les mauvais, afin d’essayer d’avoir un regard, tant soit peu objectif. J’ai bien conscience que tout ne c’est peut-être pas passé comme je l’ai écris, mais l’important est que ce que j’ai écris corresponde à ce que j’ai ressenti.
Ma vie est devenue un puzzle dont je connaissais tous les éléments qui, petit à petit, chapitre après chapitre, allaient s’imbriquer les uns dans les autres, révélant au fil des jours une vision de mon enfance et de ma relation avec mes parents que je n’avais jamais réussi à voir auparavant. Ce fut une véritable révélation, tout venait à s’expliquer, je découvrais que le scénario de mon histoire était une suite de répétition de scènes, jouées dans des lieux différents, à des époques différentes, mais toujours sur le même schéma avec les mêmes personnages. Car c’est que ce que nous étions devenus, notre fonctionnement familial nous ayant fait perdre notre statut de personnes, investis dès notre plus jeune âge d’un rôle précis dans lequel nous étions enfermé. Tant que nous n’avions pas conscience de cela, nous ne pouvions pas en changer l’issue. Notre histoire était semblable à celle d’un écureuil qui tourne dans sa roue.
L’écriture m’a permis d’apporter une réponse qui ne soit plus au coup par coup vis-à-vis de l’attitude de mes parents, en particulier de celle de ma mère : Sortir de l’anecdotique pour poser le problème d’une façon globale, étayée et construite. Il n’était cependant pas possible d’éviter le clash, il a eu lieu, mais il fut pour moi un soulagement, je n’en ressens aucune culpabilité, au contraire. Cela peut paraître terrible à dire, ou à entendre, mais je crois que je pouvais pas « laisser mourir » ma mère sans régler mes comptes avec elle avant. Je m’en serai voulu toute ma vie.
Qui sait ? Peut-être que lorsque je serai bien vieux, et que la démence aura commencé à envahir mon pauvre cerveau, je la verrai venir envahir mes pensées et me torturer de reproches. Elle en est bien capable.
Pour moi, l’important est d’avoir su protéger ma fille.

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08/07/2016

Une petite joie simple

Je vous entends d’ici, en train de vous lamenter, Comment AKELA, un garçon si propre sur lui, peut-il écrire une note sur un sujet aussi délicat ? Mais qui puis-je ? Comment pourrais-je vous relater mon enfance sans, à un moment donné, en venir à « elle » !!! . Ah, bien sûr, je vous parle d’un temps.. mais vous connaissez la chansonnette. Des distractions nous n’en avions pas beaucoup, et « elle » faisait partie de celles qui de temps en temps venaient égayer notre quotidien. Ma Nièce Sandrine, à qui j’en ai causé un jour au coin du feu, m’a dit qu’elle l’avait vu en Tunisie, oeuvrant dans un petit village, et m’a certifié « qu’elle » avait toujours autant de succès auprès des enfants.
« Elle », c’est une ….machine, je n’ai pas trouvé de photo la représentant, (on comprend pourquoi) , mais comme elle ressemblait à celles qu’utilisaient les pompiers de jadis,vous pourrez, (pour ceux qui ne l’on jamais vu), vous en faire une idée au bas de cette note.
J’en ai enfin fini avec les précautions d’usage, je peux me lancer, en souhaitant ne pas tomber dans une certaine vulgarité Je vais donc évoquer la …..comment dire ?, la pompe à M.... et oui !! Maintenant que c’est dit, plongeons dans notre sujet, (si je peux me permettre cette plaisanterie pas très fine, je le conçois)
Vous vous demandez comment un loup, bien éduqué de surcroît, peut avoir un attirance pour une machine dont la fonction n’est pas très ragoûtante, mais attendez, je ne vous parle pas de ces camions nickel chrome, plus propres que la cuisine d’un grand palace qui viennent vidanger des fosses sceptiques parfaitement étanches, en quelques minutes et en toute discrétion. Non, moi j’évoque la vraie pompe à Meu, la pompe à bras, de notre jeunesse, celle de l’après guerre, du temps où le tout à l’égout n’existait pas dans les petites villes. Les eaux usées étaient déversées dans le caniveau, voir dans un puisard, quand à nos « commodités » elles avaient le « charme » des cagadous, ces petites cabanes au fond du jardin ou au fond de la cour. L’écomusée de Mulhouse en possède d’ailleurs une magnifique collection qui a elle toute seule vaut le déplacement. Mais revenons en à notre sujet, et surtout à cette époque dans laquelle nous n’avions pas de télévision, encore moins de console Nintendo, pas de MP3, pas le moindre petit ordinateur, nous n’en étions même pas encore à l’électrophone Teppaz, le transistor n’était pas encore inventé, et nous n’écoutions la radio que sur le gros poste placé sur une étagère de la salle à manger. Le nôtre était encore branché sur Radio- Londres, c’est vous dire….. Le Jeudi, nous avions bien catéchisme le matin et louveteaux l’après Midi (et oui, AKELA a été louveteau, c’est bien la moindre des choses non !!,) mais les occasions de se distraire étaient rares….fallait être créatif. Heureusement, il y avait notre fameuse pompe à bras. Cette délicieuse machine était tirée par un cheval, et elle venait régulièrement dans notre rue vidanger « les boues » des cagadous. Nous nous retrouvions vite une bonne cinquantaine, plantés devant la maison en instance de traitement. C’était, pour nous les gosses un véritable évènement, l’occasion unique de voir comment c’était chez les autres. En effet, nos « petits coins » n’étaient pas en façade, mais relégués derrière les bâtiments, il s’avérait donc nécessaire de faire passer le tuyau au travers de la maison en laissant les portes grandes ouvertes, ce qui nous permettait de satisfaire notre curiosité, et nous n’étions pas les seuls, les adultes avaient ces jours là une certaine tendance à descendre et à remonter la rue sous le moindre prétexte, histoire en fait de jeter un œil chez le voisin, et de commenter la couleur des tapisseries ou l’état lamentable des plafonds. Mais le summum de notre plaisir était le moment que nous attendions tous, celui où le « vidangeur » et son ouvrier entamaient l’opération proprement dite.Après nous avoir fait reculer, (car ils se méfiaient de quelques garnements qui, discrètement, avaient la fâcheuse manie de desserrer le frein de la charrette avant de donner une tape sur les fesses du cheval afin de le faire avancer d’un ou deux mètres , ceci dans l’espoir de voir se déboîter le tuyau au milieu du couloir de la maison)e1f85ed0c65f420c7459b2f277f0e382.jpg les deux hommes se mettaient à actionner la pompe à bras sous les railleries de la marmaille qui en chœur, entamait ce chant mélodieux « Pompons la M----, pompons la gaiement, et ceux qui nous emmerdent, on leur mettra le nez dedans » .
Quelle époque bénie, où nous avions des plaisirs innocents et où nous nous amusions de presque rien.

26/09/2014

Les voitures de mon enfance.

 

PPS Septembre 01 (22).jpgVous me reconnaissez ? Je suis « Janou Grain de Sel » et je vais avoir 42 mois ! C’est dire que je suis une grande, pas comme mon Papou qui est resté un grand enfant. Figurez vous qu’à son vénérable âge, il joue encore aux petites voitures. Comment non ? si, si je vous l’affirme, il en fait collection, de temps en temps il m’en prête une, mais je dois rester à coté de lui. Chacune d’entre elles à une histoire, je vais essayer de me rappeler et de vous les présenter, mieux, je vais luis laisser la plume pour le faire.

 

 

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« La 4cv Renault et sa cinquième roue, une bagagère rigide fixée au pare choc, et munie d’une seule roue au centre du plancher, c’est la voiture de ma première enfance, celle de mon grand père, nous partions en vacances tous ensemble, les valises dans la cinquième roue, le matériel de camping sur la galerie, et les provisions dans le minuscule coffre avant. Mes grands parents montaient devant, nous étions derrière, Jean-Claude et moi, avec notre petit frère dans un carton de boites d’Omo en guise de berceau entre nous deux.

 

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 Nos parents suivaient derrière en vespa, notre véhicule familiale, nous montions à trois voir quatre dessus, Luc debout entre les jambes de mon père, Jean-Claude assis sur le porte bagage et moi sur le siège passager. Malheureusement, nous n’avions pas ce side-car, dommage ! »

 

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« Le taxi 403 G7, c’est aussi un souvenir des vacances quand j’étais enfant. Quand nous quittions la Picardie, où nous résidions, pour nous rendre en train dans pays Niçois où je suis né, nous débarquions d’abord à la gare du Nord à Paris, le rêve de mon père était de prendre un de ces taxis G7 de couleur Noir et Rouge, reconnaissables entre mille, mais nous n’en avions pas les moyens et nous devions nous résigner à faire le trajet jusqu’à la gare de Lyon en bus.

 

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Nous, ça nous plaisait cette plate forme à l’arrière et le contrôleur qui tirait sur la chaînette afin de faire repartir le véhicule. Ce qui nous fascinait aussi c’était les passagers qui descendaient en marche en sautant de la plate forme dans le sens de la marche »

 

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« La Peugeot 202, la voiture qui m’intriguait le plus, avec ses phares cote à cote sous la grille de la calandre, je ne trouvais pas ça normal ».

 

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La Juva 4, ceux qui lisent mon blog régulièrement savent à quel douloureux évènement est lié cette voiture (lire la Juva quatre du diable).

 

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 « Le fourgon Renault me rappelle le début de mon adolescence, j’aidais l’été, mon oncle qui fournissait en vins et spiritueux les stations de ski de Valberg et de Beuil. Le Renault de mon oncle était très, très, très fatigué, nous devions embarquer avec nous des jerricans d’eau afin d’en mettre régulièrement dans le radiateur du véhicule chaque fois qu’un nuage de vapeur nous annonçait que l’on « chauffait ». Nous livrions aussi une annexe du 22ème Bataillon de Chasseurs Alpins, j’ignorais qu’une dizaine d’année plus tard j’allais y séjourner plusieurs semaines »

 

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(Eh ! vous avez vu le soucis du détail ? même l'immatriculation a été refaiteà l'identique !!)

 

 

 

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« Ah la deux chevaux !!!, bien sur nous en avons eu plusieurs dans la famille, mais ça a été aussi ma première voiture à moi, ce sont mes vingt ans »

 

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« En 1970, mon père avait acheté un tube Citroën carrossé en caravane à l’arrière et très bien aménagé à l’intérieur, un précurseur du Camping Car, nous sommes partis, avec ma dame Zette, en voyage de Noce avec »

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Mon ami Christian m’a, un jour, offert ce fourgon Brandt, sur la portière est écrit  « Boulain Fils, Saint Flour ». Saint Flour !! Trois ans de ma vie ! De la sixième à la quatrième, ce ne sont pas mes meilleurs souvenirs »

 

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« Il y a quarante ans les américains mettaient les pied sur la Lune, devancés par notre Tintin et le capitaine Haddock »

 

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« L'ID 19, une grande frayeur, en 1962 mon père avait revendu sa Dyna Panhard pour acheter cette voiture à un ami, une superbe occasion …..de se tuer. Entre autre dans les gorges de Daluis, quand les freins se sont bloqués dans un virage, nous sommes partis en « luge » nous immobilisant à moins de cinquante centimètres du précipice, deux cent mètres de chute libre nous attendaient. »

La Panhard  (Ici la PL 17)   Rétro Voiture-90621 01 (19).JPG

 

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« La Traction, mon rêve, j’en ai cherché, mais celles que j’ai trouvées étaient trop abîmées ou trop chère »

 

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« Un autre rêve, un autre souvenir, en Janvier 1968, de la cour du Lycée d’Aubenas, nous voyions passer les voitures du rallye de Monte Carlo de retour du « Burzet » Nous rêvions d’être les futurs Jean-Pierre NICOLAS » et déjà de cette révolution que nous préparions sans le savoir en militant pour la Paix au Viêt-Nam. En Mai, je quittais le Lycée non sans avoir « cadenasé les portes » après plus d’une semaine d’occupation, je n’y ai remis les pieds que…..quarante ans plus tard, du moins dans ce qui l’en restait: sa cour. Les bâtiments ayant fait place à une médiathèque. »

 

 

Bon, mon Papou, ça suffit pour ce soir, tu devrais aller te coucher maintenant. Pense à prendre tes gouttes.

 

A demain mon Papou.

Janou Grain de Sel