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10/05/2016

L'EXODE vue par Mon Grand Père et mon Père

10 MAI 1940, L’OFFENSIVE ALLEMANDE.

 

Le Vendredi 10 Mai 1940, à 5Hoo du matin, avec Dédée, nous sommes réveillés par une explosion lourde (qui fait trembler la maison), éloignée de dix kilomètres à vol d’oiseau. La sonnerie du téléphone retentit, c’est le chef de gare qui me demande de lui passer la gare de VILLERS-COTTERETS, le réseau SNCF ne répondant pas. Le chef de gare m’apprend que le passage à niveau a été bombardé, bloquant la ligne et la route de la FERTE-MILON. Je comprends  que ce que  je redoutais commence et que les Allemands passent à l’offensive!! Je ne me doutais pas de l’ampleur qu’elle allait prendre en quelques jours.

Peu après, la Radio annonce que la BELGIQUE et la HOLLANDE sont envahies. Le Gouvernement Français invite tous les fonctionnaires civils et militaires à rejoindre leur poste s’ils sont en congé. C’est mon cas, puisque j’étais à LONGPONT depuis le 4 Mai.; Je me prépare et prends le train de 13 h pour LAON-MONTCORNET. Je fais enregistrer mon vélo, mais je laisse ma cantine à la maison.

Andrée est toujours aussi courageuse, je suis civil, aussi elle est rassurée en ce qui me concerne. Elle ne se doute pas de ce qui l’attend!!!, on ne pouvait pas concevoir que les événements se dérouleraient avec une rapidité foudroyante.

Arrivé à LAON, j’apprends que la ligne est coupée par un bombardement à LIART. Nous descendons du train et passons la nuit à proximité des abris. Les appareils de chasse français patrouillaient continuellement.

En circulant, les jours suivants, je vis des morceaux de poutrelles et de wagons à trois ou quatre kilomètres de la gare.

Rentré chez moi, je vis le receveur buraliste, remontant de la gare, assez inquiet sur la suite des événements. Le feu des wagons couvait et les explosions reprirent de plus belle jusqu’à 3 ou 4H00 du matin. Cette fois je m’étais réfugié avec les autres habitants de la maison dans la cave. Je sentais le mur vibrer à chaque explosion

 

   10 Mal 1940 vers 9 H du matin:

 

   Nous sommes au collège de Soissons, nous sommes à l’étude, ce qui ne veut pas dire que nous étudions, en tous cas pas moi.

 

        Par extraordinaire, le pion qui surveille l’étude en général, et moi en particulier, semble m’avoir totalement oublié.

 

        Il a trop a faire à parcourir la presse du matin: LA DRÔLE de GUERRE est terminée, La GUERRE pas DRÔLE vient de commencer. Les armées allemandes sont entrées en Belgique, en Hollande, au Luxembourg et en France. Des villes, des gares sont bombardées, des milliers de familles sont lâchées.  

        Sur les routes dans une pagaie infernale, les journaux parlent de guerre TOTALE, d’invasion. Je me revois quelques jours après à Longpont. Le Popeye arrive en vélo de Montcornet (45 Km) et nous crie “j’ai les boches au cul”.          

        Je regarde instinctivement dans la direction de Soissons a attendant à “ les voir “, je presque déçu, mais quand même rassuré de constater qu’en vélo mon père est plus rapide que les PANZERS.

   Je dois préciser qu’à l’époque nous étions sérieusement intoxiqués par les communiqués. (Le communiqué, comme son nom l’indique, est une communication quotidienne de l’état major destiné à la population). L’héroïsme nous était servi à la louche, nous étions les plus fort, grâce à l’acier victorieux, la route du fer était coupée et si les allemands avançaient si vite les sots! , c’est que nos stratèges allaient les piéger vite fait. La grande stratégie de notre G.Q.G était absolument FABULEUSE. Nos troupes pratiquaient comme à la parade le REPLI  ELASTIQUE sur des positions préparées à l’avance GENIAL!!.  Popeye, avec sang froid et astuce, avait sur son vélo, attiré l’ennemi à sa poursuite pour que la tenaille se referme sur lui. Nos armées glorieuses n’auraient qu’à ramasser les prisonniers allemands coupés de leurs bases.

   Bien fait! Mais je ne posais quand même la question: “ où va t’on les loger? “. Ils allaient eux mêmes résoudre le problème, mais n’anticipons pas.

 

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21:47 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mai 1940

01/05/2016

"Mon" Mai 68

La guerre du VIET NAM avait « éveillé »en moi une prise de conscience politique, ainsi, au mois de novembre 1967 j’avais participé à une manifestation monstre à PARIS, véritable prélude, de par son importance, aux évènements qui allaient suivre. La mobilisation de toute cette jeunesse, (communistes, trotskistes, maoïstes, catholiques, tous unis) laissait présager d’un potentiel « contestataire » sans précédent en dehors des mouvements ouvriers.
Pendant l’hiver 1967/1968 nous avons multiplié les rencontres avec les autres organisations malgré l’opposition des dirigeants du PCF qui ne voyaient pas d’un bon œil nos échanges de vues avec la Ligue et les Mao. Nous avons également beaucoup tracté devant les collèges et lycées. Nous considérions le 1er Mai comme une étape importante permettant d’évaluer la situation. Nous avions vraiment l’espoir qu’il se passe quelque chose, le contexte paraissant favorable, il ne faut pas oublier qu’un an avant, la majorité à l’assemblée nationale s’était jouée à un siège près, la moindre partielle pouvait tout changer. Avec le recul, je pense que l’on peut affirmer que Mai 68 n’a pas été un mouvement spontané, il était prévisible, par contre, oui, son ampleur, sa forme, ses conséquences nous ont totalement surpris, mais nous n’étions pas les seuls, nous savons aujourd’hui que cela a été le cas pour les leaders étudiants eux-mêmes, pour tous les partis, pour le gouvernement, pour la police.
A Pâques, j’avais également participé à un stage des CEMEA sur l’animation des camps d’adolescents, cela avait été l’occasion de longs débats politiques où j’appris à défendre mes convictions et argumenter mes idées. Mon éveil « critique » s’élargissait au-delà du problème de la guerre pour franchir les frontières de la politique nationale du « général » (de Gaule), et je contestais de plus en plus le système de l’éducation nationale qui commençait sérieusement à « m’écœurer ».
J’avais 19 ans et je voulais que le monde bouge.
Le mercredi 1er mai 1968 fut un succès syndical, dès le surlendemain, les étudiants décident de lancer leur offensive, la tension qui régnait à ce moment là, fit que beaucoup d’entre nous étions attentifs à ce qui allait se passer. J’étais parti effectuer un autre stage CEMEA à Grenoble nous suivions attentivement les échos des évènements qui commençaient à « agiter » PARIS.
Le 3 mai le processus s’enclencha avec la fermeture de la Sorbonne, nous en discutâmes beaucoup entre-nous avant de nous séparer. Je devais regagner AUBENAS, où j’étais scolarisé, mais je n’avais pas de train pour VALENCE avant le lendemain, et pas beaucoup d’argent en poche, je décidai donc de repartir en stop, avec son sac à dos.
Le samedi 4, je partais sur la route en direction de VALENCE et malgré la pluie le stop marcha bien. Dès le premier véhicule je compris que la situation parisienne avait empiré, le conducteur écoutait la radio, et d’incessants flashs d’actualité relataient la nuit d’émeute, les premières barricades et les véhicules en feu. De camion en voiture, de voiture en camionnette nous suivions tout cela, et nous avions conscience que ça devenait sérieux.
A VALENCE je n’hésitai pas longtemps, j’étais épuisé par mon stage et par la marche, de plus, avec la pluie j’avais attrapé un début de bronchite et je n’avais guère envie de retourner au lycée où je n’avais pas encore fini de « purger ma peine ». (J’avais quatre dimanches de colle consécutifs pour une insubordination). Je pris donc la direction du Sud, par la Nationale 7 et les morceaux d’autoroute déjà (ou enfin) en service dans la vallée du Rhône enfin d’aller rejoindre mes parents à AIX. Le même scénario se répéta, les voitures avaient leur radio branchée en permanence sur les infos, et rien ne semblait s’arranger.
J’arrivai à AIX dans l’Après midi, pour en repartir en car le lundi 6, direction AUBENAS. Nous écoutions les évènements sur nos « transistors », bien entendu interdits dans les établissements scolaires.
La Nuit du 10 au 11 fut la plus violente, la répression fut telle que les organisations syndicales et les partis de gauche appelèrent à une journée de grève de protestation, le 13 la « locomotive contestataire » était définitivement lancée. Les usines se mettaient en grève illimitée. Nous décidâmes avec les camarades de la section des jeunesses communistes d’entraîner le lycée dans la lutte par une grève des cours avec occupation des locaux. Il nous fallut entrer en force dans quelques classes qui ne voulaient pas suivre, ainsi je fus charger d’expliquer au prof qui m’avait sanctionné qu’il devait cesser ses cours, il protesta mais je lui expliquai que cela se ferait de gré ou de force, il était furieux, mais comprit rapidement que la situation était en notre faveur. Je le conduisis jusqu’à la porte du lycée en lui expliquant qu’il ne pourrait y remettre les pieds que lorsque nous le voudrions bien.

Les profs étaient majoritairement solidaires mais l’idée d’occuper les locaux ne leur convenaient guère, je pense m^me que pour certains d’entre eux il était plus intéressant de se trouver « dans l’impossibilité » de donner des cours que de se déclarer grévistes. Ils s’en allèrent, le surveillant général et le proviseur, qui logeaient sur place préférèrent eux aussi laisser la place. Nous pouvions alors tranquillement attendre l’arrivée des CRS qui, paraît-ils, arrivaient par PRIVAS. Nous attendîmes longtemps, ils ne vinrent jamais, par contre quelques profs que nous croisions en ville essayaient de faire amis amis avec nous, nous invitant même à aller en boîte.
Nous vécûmes alors cette fameuse période, ou la situation parût incontrôlable et incontrôlée, tout pouvait arriver mais paradoxalement rien ne se passait, c’était « Milou en Mai ». Nous organisions des meetings, des manifs, tout cela paraissait bon enfant. J’avais le sentiment que nous passions à coté des événements, ignorant alors qu’il en était de même pour tous.
Il fallait trouver une solution à cette situation, et j’appliquai le principe du bossu, « Si les CRS ne viennent pas à Toi, Tu iras aux CRS ». Le dimanche 19 mai mes parents vinrent me chercher et je quittai définitivement le lycée, je n’y remis les pieds qu’au début de cette année, 40 ans plus tard, ou plutôt, sur son emplacement, l’établissement a été rasé et remplacé par une médiathèque. J’avais tiré un trait sur ma scolarité secondaire, et je n’envisageai même pas de me présenter au bac.
Je trouvai un petit boulot en attendant. C’était un remplacement au marché en gros d’AIX, je chargeai et déchargeai des cagots de légumes et de fruits. La patronne était une vielle dame très gentille qui me donnait chaque soir un panier de marchandise que je ramenai à la maison. Cela me laissait pas mal de temps, et avec les jeunesses communistes d’AIX nous essayons de ne pas laisser notre part de « Révolution » aux autres.
Point de barricade cependant, mais des bousculades et des affrontements avec les CRS, et des rapports plutôt tendus avec le Service d’Actions Civiques de tristes mémoires. Nous nous attendions à les voir venir mettre à sac le siège de la section aixoise du Parti Communiste et nous avions organisé une garde permanente des locaux situés au fond de l’étroite impasse Granet. C’est ainsi que sans aucune préparation « paramilitaire » je me retrouvai un fusil (chargé à la chevrotine) dans les mains, guettant la nuit l’arrivée des nervis gaullistes avec pour consigne de tirer dans le tas si nécessaire.
Ces messieurs vinrent effectivement nous rendre visite, heureusement, la mise en route d’un projecteur à partir du siège, leur fit comprendre qu’ils étaient attendus, et ils préférèrent battre en retraite. Que serais-je devenu si j’avais tiré ? J’en frémis encore. Les autres n’avaient aucune chance à cause de l’étroitesse de la ruelle, les murs se seraient chargés de canaliser la chevrotine.
Les élections législatives anticipées eurent lieu en juin, nous étions certains que les urnes allaient parachever la victoire. Nous aurions pourtant du nous méfier, la grande contre manifestation gaulliste sur les Champs Élysée avait rassemblé plus d’un million de personnes, le peuple protestait mais la France profonde avait la trouille. Le soir du premier tour nous étions réunis au siège du Parti Communiste à AIX, les premiers résultats n’étaient pas bons, mais nous avions l’habitude de l’intox de la « Télévision d’État » à cette époque, nous attendions la suite avec confiance, et la suite arriva : des députés de droite, battus en 1967, étaient élus dès le premier tour, la liste s’allongeait de façon impressionnante.
Un groupe de camarades arriva en chantant du PUY Saint RÉPARADE, « On a gagné, on a gagné » le candidat communiste arrivait largement en tête. Mais devant nos mines ils ne comprenaient plus, ils crûrent à une blague lorsque nous leur avons dit que c’était un désastre au plan national. Les Nouvelles de la radio confirmèrent nos dires. Dès le premier tour la victoire écrasante de la droite ne faisait plus de doute.
Pour eux, le second tour ne fut qu’une formalité, jamais les gaullistes n’avaient été aussi nombreux à l’assemblée nationale.
Ce fut la fin de Mai 1968.

Nous n’en avions pourtant pas fini avec les CRS et les Services d’Actions Civiques dirigés par PASQUA. Mai 68 était mort, mais la lutte continuait compliquée par la rivalité entre communistes et « gauchistes », ceux-ci composaient une nébuleuse de divers mouvements qui de dissolution en autodissolution changeaient de noms, de dirigeants, s’excluant les uns les autres, créant des sous-groupes amis un jour, rivaux le lendemain. Il y avait bien sur Lutte Ouvrière et la Ligue Communiste Révolutionnaire mais aussi le parti communiste léniniste, la taupe prolétarienne, les guévaristes, les trotskistes, les maoïstes etc., et tout un tas d’autres mouvements aussi éphémères qu’oubliés aujourd’hui.
Les seuls que nous ne voyons plus, c’était ceux d’Occident (dirigé par MADELIN) et Ordre Nouveau, il est vrai que certains d’entre eux étaient passés d’extrême droite à l’extrême gauche. S’en était presque marrant si, pendant ce temps, les flics et le Sac ne se fendaient la gueule à nous voir nous taper dessus les uns sur les autres, au sens propre comme au sens figuré, les nuits d’affichage ou devant les entreprises pendant des distributions de tracts.
Au début de l’année 1970, nous avions entrepris une campagne d’affichage pour le « Mouvement de la Paix » destinée à protester contre la guerre du VIET NAM.
Ce soir là, nous étions six ou sept répartis en deux voitures, nous restions toujours en contact, mais chaque équipe affichait séparément. Nous étions trois dans ma Renault 4, (4L), et nous venions de terminer un panneau qui se trouvait dans l’impasse où se situait l’entrée d’un de mes anciens lycée (Vauvenargues).
Nous avions mis tout le matériel dans le coffre et nous repartions, marquant un temps d’arrêt avant de nous engager sur le boulevard périphérique du Vieil Aix quand je vis arriver une voiture au ralenti, feux éteints. Je la laissai passer car elle avait la priorité ; lorsqu’elle arriva à notre niveau, je m’aperçus qu’il s’agissait d’un break 404 de la police avec trois hommes à bord.
J’aurai très bien pu « tirer » tout droit et filer par les petites rues de la vieille ville, mais comme nous n’avions rien à nous reprocher, je tournai à droite pour prendre le boulevard, derrière la voiture de police. Or, celle-ci s’arrêta brusquement et les hommes qui étaient à bord, des CRS, en jaillirent, nous faisant signe de stopper.
J’obtempérai, sans trop d’inquiétude, mais tout dérapa rapidement, les policiers nous ordonnèrent de sortir de la 4L, contrôlèrent nos papiers tout en tenant des propos agressifs puis ils m’ordonnèrent d’ouvrir le coffre. Là, ça n’allait plus, je leur fis remarquer qu’ils n’avaient pas le pouvoir de fouiller le coffre, et je refusai d’obéir. Les coups commencèrent à pleuvoir, je reçus un coup de pied sur le tibia gauche, occasionnant une plaie qui se mit à saigner, je protestai et menaçai de porter plainte, mais l’un d’entre eux affirma qu’ils prétendraient que j’avais cherché à fuir et que je m’étais blessé en tombant sur le trottoir. Finalement, je du ouvrir le coffre dans lequel les CRS trouvèrent nos affiches. Ce fut une suite d’insultes et de menaces, l’un d’entre eux, (celui qui m’avait blessé) revendiquant sa sympathie pour l’OAS et sa détermination à bouffer « du rouge ».
Les policiers décidèrent alors de nous embarquer au commissariat, et nous forcèrent à monter dans le coffre de leur voiture avec les affiches et la colle, claquant la malle sans ménagement sur nos têtes.
A ce moment là, surgit notre deuxième équipe dans l’autre voiture, nos camarades s’arrêtèrent une vingtaine de mètres derrière nous. Le chef des CRS comprit aussitôt que nous étions ensemble, et il s’appétait à interpeller nos copains, quand ceux-ci, sans hésitation, démarrèrent et s’engouffrèrent dans les rues du Vieil AIX.
Au commissariat les CRS nous confièrent aux policiers de garde, qui, une fois les autres repartis s’excusèrent presque de comportement de leur trois collègues avant de nous relâcher.
La soirée n’était pas terminée pour autant, nous sommes repartis à pied vers le lycée Vauvenargues où nous avons retrouvé nos camarades qui nous attendaient dans l’impasse où nous avions affiché.
Nous avons discuté quelques minutes entre nous, évoquant ce qui c’était passé. Fâcheuse erreur car nos « amis » ressurgirent, vexés qu’avoir laissé échapper une partie de l’équipe. Heureusement, le chauffeur de la seconde voiture, effectua un nouveau démarrage, et disparut une nouvelle fois dans les petites rues, les CRS tentèrent de les poursuivre. La 404 ne faisait pas le poids face à la Dauphine GORDINI de notre copain, sur la place de l’ancienne poste, les flics firent un « tout droit » et faillirent dévaler les escaliers des toilettes publiques.
Pendant ce temps, nous n’avions pas demandé notre reste, nous avions filé vers le cours MIRABEAU, certains de retrouver en cet endroit ceux de la Dauphine, pensant aussi que les CRS ne pourraient pas se livrer à des brutalités devant les passants.
Effectivement, nous nous sommes tous regroupés au « Mondial » (Bar qui se trouve au bas du cours) qui était notre QG, et après avoir bu un pot, nous avons décidé de nous disperser. Je devais ramener Patrick I….. (Qui était avec moi au moment de notre interpellation) et sa sœur, qui demeuraient tous deux chez leurs parents, sur la « route des Alpes ».
Et là, qui nous attendaient ? ? ? ? Eux, nos trois CRS, embusqués, car dans leurs petites cervelles de fachos ils avaient compris que nous raccompagnerions nos amis, et ils espéraient mettre la main sur le conducteur de la Dauphine. Pas de chance, il n’était pas avec nous, mais que cela ne tienne, ils contrôlèrent les papiers de la sœur de Patrick, et firent le tour de la 4L. Les pneus étaient neufs, tous les feux fonctionnaient mais ils devaient trouver une faille. Comme j’étais arrêté dans une forte pente, un CRS me demanda de mettre le point mort et poussa de toutes ses forces espérant me verbaliser pour frein à main défectueux, peine perdue, la 4L ne broncha pas. Ils me firent cependant signer un papier comme quoi mes numéros d’immatriculation étaient « collés ».
En 1970, les plaques étaient noires avec les lettres et les chiffres peints en blanc, quelques véhicules possédaient des plaques « embouties » comme elles se font maintenant. Quelques semaines avant cette affaire, un décret interdisant l’usage des chiffres et lettres collées avait été publié, mais personne n’y portait cas.
Nos CRS avaient enfin trouvé un motif pour me verbaliser, quelques mois plus tard, alors que j’étais à l’armée je reçus effectivement une contravention à payer, pour « immatriculation non conforme ».
Cependant, le souvenir le plus cuisant que j’ai gardé de cette nuit, c’est la cicatrice de ma blessure au tibia, pendant des années, chaque fois que j’ai eu à faire avec des policiers ou des gendarmes, ce stigmate se réveillait, et je me grattais jusqu’à en saigner.
40 ans après Mai 68, je n’ai pas renoncé à mes idéaux, c’est avec les politiques que j’ai rompu.


Que reste-il de cette période pour moi aujourd’hui ?
Certainement pas de la nostalgie, pas de regret non plus, même si j’ai le sentiment de ne pas l’avoir vécu aussi pleinement que je l’aurai souhaité. Comme beaucoup j’ai un goût d’inachevé, la défaite de la gauche aux législatives n’a pas permis de concrétiser tous les espoirs, peut-être était-ce trop tôt ?
Le désenchantement est venu ensuite, Mai 68 n’est pas en cause. A cette époque le mot communiste avait un sens, la majeure partie des militants était issue de la lutte anticoloniale, de l’opposition à la guerre d’Algérie, les mots solidarité entre les peuples, solidarité prolétarienne avaient une résonance. Certains comme dans ma famille venaient de la résistance communiste et des FTPF.
Être communiste était en vrai engagement pour les autres, on ne militait pas pour avoir le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière. L’Union soviétique nous faisait rêver, comment avons-nous pu, à cette époque être déjà aveugle ?
Il y avait bien eu la Hongrie, quand nous interrogions les « anciens » sur ces évènements, ils nous répondaient qu’il s’agissait d’émeutes « fascistes », que le parti avait eu raison d’avoir tort, aujourd’hui grâce aux russes la Hongrie était demeurée une démocratie populaire.
La fissure vint avec Prague, comment soutenir une répression alors même que nous sortions d’une période de contestation dans la rue du pouvoir en place ?
Petit à petit nous n’avons plus cru aux mensonges. Petit à petit nous avons compris que la presse non communiste n’était pas forcément aux services de l’impérialisme américains, qu’au Cambodge il y avait un vrai génocide que voulait nous cacher L’Huma et Georges Marchais, que celui-ci mentait sur son passé en Allemagne. L’attitude ambiguë des dirigeants du PCF vis-à-vis des ayatollahs en Iran, et le grand Carnaval d’entre les deux tours des présidentielles de 1981 ont fini de briser le carcan idéologique dans lequel nombre d’entre nous s’étaient enfermés.
Il me fut insupportable d’entendre MARCHAIS traiter de menteurs, ceux qui prétendaient que le parti communiste avaient tenu des réunions ou l’on y expliquait comment appeler à voter Mitterrand tout en faisant comprendre aux électeurs que sa victoire n’était pas souhaitable.
Je considère que Georges MARCHAIS m’a insulté comme il a insulté tous les militants de son propre parti qui comme moi furent témoins d’une de ces réunions et en firent état. Aujourd’hui, j’attends au minimum du PCF qu’il s’excuse. Cela risque d’être un vœu pieux, Robert Hue et Marie Georges BUFFET sont sortis du même moule. D’attendre d’une dirigeante politique qui refuse de reconnaître que CUBA est une dictature ?

29/04/2016

La petite sorcière

Mon papounet étant en train de faire la sieste, j'en profite pour lui "piquer" son blog quelques instants.
L'éspérou la neige-90224 02 (32).jpgC'est vrai quoi, toujours il raconte des histoires de loups , de manif, de jambe plus courte (ou plus longue) que l'autre, de père Noêl pas content , de juva machin et j'en passe. Mais il nous oublie, nous les sorcières, Saadou ne va pas être contente. Moi, je suis sorcière de mère en fille, parait que ça remonte à mon arrière-arrière grand mère. C'est pour ça que nous avons une sorcière de collée sur la capucine de la tanière à roulette.
Vous ne me croyez pas,? eh bien vous allez voir !!!!
Je vais vous jeter un sort !!!!
D'abord je fais la danse du grimoire satanique!!!

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Ensuite je concentre mes pouvoirs magiques !!!

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Enfin je jette le sort !!!

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Et hop , voilà le résultat, regardez vous dans la glace !!!!

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Je vous ai bien eu !!! N'est-ce pas ? allez je vous fais la bise, pour vous transformer en prince charmant.

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15/04/2016

Histoire d'Os

Et si pour se remonter le moral, nous parlions un peu ….cimetière ????? Vous voyez ce que c’est au moins ? Il y en a dans tous les villages, et chez nous, nous en avons deux. Et oui, nous, nous avons les moyens. Non, je plaisante, ce n’est pas une question de gros sous (quoique !!) mais Uzès, comme de nombreuses collectivités gardoises, est partagée entre catholiques et protestants, souvenirs lointains des guerres de religion qui ont leurs origines ici même, puisque l’évêque de la cité ducale fut le premier en France à rallier la Réforme, et c’est aussi ici  que s’achevèrent en 1710 des décennies de combats, de pillages, de tueries avec la mort d’Abraham Mazel le dernier chef camisard, sur les toits d’un des mas de notre campagne.

Notre bon roi Louis XIII et ses successeurs firent payer au prix fort cette rébellion à notre ville, qui, pour le coup, hélas, semble avoir totalement perdu cet esprit rebelle envers les autorités.

La conséquence de tout ça, est que nous avons un cimetière protestant et un autre « dit » catholique. Vous voyez la nuance ? Non ? Et bien si le qualificatif du premier se justifie, parce qu’il s’agit d’une nécropole appartenant à une communauté cultuelle, le second, n’a pas une tête plus catholique qu’un certain ex premier ministre. C’est en fait le cimetière communal, républicain et laïc, où tout le monde peut se faire enterrer, que l’on soit catho, athée, juif, musulman et même protestant, mais c’est ainsi, par commodités et pour le différencier de l’autre, on l’appelle cimetière catholique.  

Mais, en fait, ce n’est pas des boulevards des trépassés (comme les nomme mon père) d’Uzès dont je voulais vous entretenir mais de celui de Salavas dans l’Ardèche, là où repose ma mère. Comme chez nous, ils ont un cimetière communal, qui, par définition est commun à tous,  mais le clivage entre les catholiques et les protestants était si important que l’enclos est doté de deux portes du même coté mais distantes d’une dizaine de mètres.

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Il y a l’entrée des papistes et celles des huguenots, à chacune d’entre elles, de part et d’autre du portail étaient enterrés les curés de la paroisse pour les uns , les pasteurs pour les autres. Ainsi, même le jour de leur mort les ouailles défilaient devant  leurs directeurs de conscience.

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J’en vois qui, derrière l’écran de leur ordinateur, se disent que tout cela c’est du passé, mais non !!!!! Aujourd’hui encore, à chaque enterrement, en arrivant au cimetière de Salavas le cortège se scinde en deux, le défunt et les protestants s’il est protestant passe par l’entrée des protestants, et les catholiques entrent par l’entrée des catholiques, et inversement. Ensuite tout ce beau monde se retrouve devant la sépulture. Bien entendu, tacitement les uns sont inhumés d’un coté du cimetière et les autres en face. Quand aux défunts athées, juifs et musulmans, ils jouent les casques bleus en s’interposant entre les deux communautés religieuses.

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Et comme certains refusaient de cohabiter, il y a un petit cimetière familial protestant accolé au cimetière communal !!!!!! (Coté catholique d’ailleurs !!!)

Inhumez les tous, Dieu reconnaîtra les siens !!!!

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08/04/2016

De la difficulté de s'appeler CHIER (2ème partie)

Ma mère avait beaucoup souffert de l’orthographe de son nom, je n’irai pas jusqu’à dire qu’elle s’est mariée pour ça, mais comme je l’ai écrit précédemment, son père avait déjà du se trimbaler toute sa carrière de cheminot avec ce surnom de « caga ». Lorsqu’elle est décédée en 2003, nous avons orthographié son nom de jeune fille, sur le faire-part du Midi Libre, sous sa forme phonétique « CHIÈRE », elle y tenait beaucoup, ne voulant pas que l’on rit et que l’on se moque de son patronyme le jour de sa mort.
En consultant un site permettant de situer les lieux de naissance des personnes portant le nom de CHIER depuis un siècle, j’ai constaté qu’il s’agissait essentiellement d’une localisation dans des Alpes Maritimes et départements limitrophes, avec quelques cas par ci par là sur le territoire national. En fait (et fort heureusement) le nom est très peu répandu.
Lorsque j’ai effectué des recherches sur mon oncle Jean RENOUX, tué en 1918 à la veille de la seconde bataille de la Marne, j’ai consulté le site de l’Armée « Mémoire des Hommes » concernant les soldats « Morts pour la France » pendant la première guerre mondiale. J’y ai trouvé 148 RENOUX, dont 11 avec mon prénom. Par curiosité j’y ai aussi recherché les CHIER, ils ne sont que quatre avoir péris entre 1914 et 1918, deux étaient niçois, les deux autres du Berry, l’un d’entre eux vivait dans un tout petit village de l’Indre, au fin fond des marais de la Brême, village dont le maire à la fin des années 60, n’était autre, curieuse coïncidence, que mon grand père « paternel », qui était venu se perdre là, presque par hasard après le décès de son épouse auprès de qui il repose désormais dans le cimetière communal.
Si s’appeler « CHIER » présente pas mal d’inconvénients, cela peut aussi avoir quelques avantages. Mon frère et moi, nous en avons fait l’expérience quand nous étions de jeunes militants « révolutionnaires » post 68. Une ou deux fois par mois, nous allions coller, la nuit, des affiches dans les rues d’Aix en Provence, et tout aussi régulièrement nous étions interpellé par la police. Cela se passait bien généralement, sauf une fois (voir la note « Mon Mai 68 »), les policiers se contentaient de relever notre identité. Nous n’attendions qu’une chose, le moment où ils nous demanderaient le nom de jeune fille de notre mère, et là, nous leur lancions un magnifique « CHIER », qui provoquait un sursaut colérique du fonctionnaire de police.
« Vous pouvez répéter ? », « CHIER » « Alors comme ça on vous fait chier ? », et là, car il ne fallait quand même pas trop insister, nous leur précisions qu’il s’agissait bien du nom de notre mère.
Hélas, cette plaisanterie avait ses limites, le commissariat d’Aix n’était pas très important et ses effectifs réduits, nous finissions par tomber toujours sur les mêmes policiers, qui, lorsqu’ils nous apercevaient nous lançaient, « Tiens voilà les chieurs ».
Eh oui, comme le disait souvent ma mère, ce nom, quoi qu’on fasse, on finit toujours par y mettre le nez dedans.
Ma mère avait beaucoup souffert de l’orthographe de son nom, je n’irai pas jusqu’à dire qu’elle s’est mariée pour ça, mais comme je l’ai écrit précédemment, son père avait déjà du se trimbaler toute sa carrière de cheminot avec ce surnom de « caga ». Lorsqu’elle est décédée en 2003, nous avons orthographié son nom de jeune fille, sur le faire-part du Midi Libre, sous sa forme phonétique « CHIÈRE », elle y tenait beaucoup, ne voulant pas que l’on rit et que l’on se moque de son patronyme le jour de sa mort.
En consultant un site permettant de situer les lieux de naissance des personnes portant le nom de CHIER depuis un siècle, j’ai constaté qu’il s’agissait essentiellement d’une localisation dans des Alpes Maritimes et départements limitrophes, avec quelques cas par ci par là sur le territoire national. En fait (et fort heureusement) le nom est très peu répandu.
Lorsque j’ai effectué des recherches sur mon oncle Jean RENOUX, tué en 1918 à la veille de la seconde bataille de la Marne, j’ai consulté le site de l’Armée « Mémoire des Hommes » concernant les soldats « Morts pour la France » pendant la première guerre mondiale. J’y ai trouvé 148 RENOUX, dont 11 avec mon prénom. Par curiosité j’y aussi recherché les CHIER, ils ne sont que quatre avoir péris entre 1914 et 1918, deux étaient niçois, les deux autres du Berry, l’un d’entre eux vivait dans un tout petit village de l’Indre, au fin fond des marais de la Brême, village dont le maire à la fin des années 60, n’était autre, curieuse coïncidence, que mon grand père « paternel », qui était venu se perdre là, presque par hasard après le décès de son épouse auprès de qui il repose désormais dans le cimetière communal.
Si s’appeler « CHIER » présente pas mal d’inconvénients, cela peut aussi avoir quelques avantages. Mon frère et moi, nous en avons fait l’expérience quand nous étions de jeunes militants « révolutionnaires » post 68. Une ou deux fois par mois, nous allions coller, la nuit, des affiches dans les rues d’Aix en Provence, et tout aussi régulièrement nous étions interpellé par la police. Cela se passait bien généralement, sauf une fois (voir la note « Mon Mai 68 »), les policiers se contentaient de relever notre identité. Nous n’attendions qu’une chose, le moment où ils nous demanderaient le nom de jeune fille de notre mère, et là, nous leur lancions un magnifique « CHIER », qui provoquait un sursaut colérique du fonctionnaire de police.
« Vous pouvez répéter ? », « CHIER » « Alors comme ça on vous fait chier ? », et là, car il ne fallait quand même pas trop insister, nous leur précisions qu’il s’agissait bien du nom de notre mère.
Hélas, cette plaisanterie avait ses limites, le commissariat d’Aix n’était pas très important et ses effectifs réduits, nous finissions par tomber toujours sur les mêmes policiers, qui, lorsqu’ils nous apercevaient nous lançaient, « Tiens voilà les chieurs ».
Eh oui, comme le disait souvent ma mère, ce nom, quoi qu’on fasse, on finit toujours par y mettre le nez dedans.