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13/11/2015

Mémoires de récréation à Saint Flour

Il faudra bien qu’un jour j’en termine pour passer à autre chose mais, malheureusement pour vous vous allez devoir supporter encore une fois le récit de mes souvenirs d’internat. Ne vous êtes aucune illusion j’en ai encore en réserve.

La cour de récréation.


Saint Flour-35 (1) exp 2.jpgLes jeux idiots et dangereux dans les cours de récré ne datent pas d’hier, chaque fois que je lis dans le journal le récit d’un accident survenant dans un collège, je me remémore nos « temps libres » au lycée de Saint Flour en 1961. Ils se limitaient à la cour de récréation des garçons, située à l’arrière de l’établissement, cet espace n’était pas très large, impossible d’imaginer y jouer au foot, les billes et la pelote étaient nos seuls jeux. Bien sûr il n’y avait pas de télévision ni même d’activité culturelle.
Quel que soit le temps, nous devions rester à l’extérieur pendant les heures de récré, le préau était à peine assez grand pour nous accueillir les jours de pluie. Les seules exceptions à cette règle étaient accordées pendant les tempêtes de neige, mais dès que le dernier flocon était tombé, nous sortions patauger dans dix, vingt, voir quarante centimètres de bonne poudreuse. Le thermomètre à moins dix n’était pas une excuse valable pour rester en salle d’étude y compris les jours ou le blizzard glacé et pénétrant venait s’ajouter aux rigueurs du climat.
Nous avions nos jeux qui devaient nous permettre de nous réchauffer, le « Moulon » était le plus simple d’entre eux, quelqu’un se coinçait dans l’angle du préau et criait « Moulon ! ! ! ! », Aussitôt les autres venaient se coller contre lui comme un essaim d’abeilles, il fallait faire en sorte de ne pas rester à l’extérieur afin d’être protégé du froid, pour les petits dont j’étais, il fallait veiller à se trouver entouré de garçons de la même taille que soi, afin de ne pas être étouffé par les plus grands.
Il y avait aussi la « chenille », nous nous divisions en deux équipes, le chef de la première se mettait contre un mur, son second s’inclinait devant lui, comme à saute mouton en mettant sa tête contre le ventre du premier et en le tenant solidement par la taille. Le troisième venait placer sa tête entre les jambes du second, et ainsi de suite tant qu’il y a des équipiers. Une fois la chenille en place, les membres de l’équipe opposée sautaient les uns après les autres sur le dos de la chenille en prenant appui sur le dernier élément, tout en cherchant à s’approcher le plus près possible de l’autre extrémité. En retombant, les joueurs essayaient d’écraser leurs adversaires de tout leur poids. Lorsque tous les équipiers de retrouvaient à cheval sur le dos de la première équipe, ils s’agitaient dans tous les sens pour faire écrouler l’ensemble. Il n’était pas rare, qu’un grand en passant devant une chenille ne s’invite à la fête et nous écrasât de tout son poids. Comment se fait-il qu’aucun d’entre nous n’a eu la colonne brisée ? Sûrement un miracle !
La « glissade » était réservée aux jours de neige, nous prenions notre élan et nous glissions sur quelques mètres dans la poudreuse qui se transformait rapidement en glace. Nous allions ainsi de plus en plus vite et de plus en plus loin, la piste s’agrandissant rapidement.
Tous ces jeux étaient bien entendu rigoureusement interdits, mais comme le bizutage, ils faisaient partie des « traditions » que les élèves respectaient scrupuleusement. Les pions fermaient les yeux et n’hésitaient pas parfois à participer aux « glissades ». Le censeur craignait particulièrement cette dernière activité qui engageait sa responsabilité, il nous fallait toujours prévoir un « guetteur » à la porte de la cour afin de faire le « teusse » (il toussait bruyamment à l’arrivée du censeur).
Nos patinoires ne duraient pas très longtemps, la main perfide du concierge, guidée par le bras rageur du censeur, répandait du gros sel sur nos plus belles pistes et nous devions attendre la prochaine chute de neige pour recommencer

26/06/2015

La vie en internat dans les année 60 (1ere partie)

J’ai débuté ma scolarité secondaire en Picardie, à cette époque, j’étais « en pension » chez mes grands parents paternels. Mon père et ma mère traversaient « une mauvaise passe », ils avaient voulu se rapprocher du pays de Nice, qu’ils avaient quittés alors que j’avais à peine quatre mois. De déménagement en déménagement ils avaient échoués à Saint Alban sur Limagnole, près de Saint CHELY d’APCHER en plein Gévaudan, nous étions bien loin de mon cher Mercantour et de la vallée du Var, mais pour eux, c’était déjà le midi.
Quand à moi, je faisais les frais de tous ces changements et je me retrouvais bien loin de mes parents, à une époque où voyager n’était pas aussi simple d’aujourd’hui. J’étais resté déjà un an sans les voir, et je m’apprêtais à « rempiler ». Nous étions en 1960 et je venais d’être admis en « sixième ».
Quinze jours après la rentrée, ma grand-mère tombait dans le coma, elle devait décéder le 12 Novembre.
Mon grand père ne pouvant faire face à la situation, je fut interne dès les premiers jours de la maladie de ma grand-mère.
A la fin du trimestre, ma tante vint me chercher au lycée pour me conduire à PARIS.
Il faisait nuit, je jetais un long coup d’œil à la façade du lycée, me disant que c’était la dernière fois que je la voyais, en passant je remplissais de la même façon ma mémoire d’images de la maison de mes grands parents désormais définitivement vide.
Le lendemain je pris, seul, le train pour Saint CHELY d’APCHER. J’étais désormais inscrit, comme interne au lycée d’état de Saint FLOUR (dans le Cantal) qui était un tout petit établissement, comme d’ailleurs la plupart des écoles et collèges publics de la région. L’enseignement catholique, dite « école libre » écrasait de toute sa puissance le système éducatif.
Face au lycée se trouvait le « petit séminaire », le terme « petit » était mal approprié, uniquement destiné à le différencier du « grand » séminaire qui était le centre de formation des futurs prêtres. Il s’agissait en fait d’un lycée privé, catholique, bien entendu dont la capacité d’accueil était deux ou trois fois celle de notre établissement, parent pauvre de l’éducation nationale.
J’ai été frappé, c’est le cas de le dire, par la violence xénophobe des autres élèves. Moi le Niçois, j’étais devenu « le Parisien », peu importe que je ne connaisse pas du tout Paris, j’arrivais de « la haut » c’était une faute impardonnable qui exigeait une punition exemplaire. Ainsi, pendant les promenades que nous effectuions les mercredis et les W-End que nous passions au lycée, j’avais régulièrement droit à « la mise à l’air », petit jeu qui consistait, sous l’œil hilare des pions, à me saisir à plusieurs, (car ce qui distingue les imbéciles, c’est d’abord leur lâcheté), à me baisser pantalon et slip et à me traîner dans la neige. J’ai ainsi eu de nombreuses fois l’occasion de dévaler à moitié à poil les pentes du château d’eau de Saint FLOUR. Inutile de me plaindre à qui que ce soit, au mieux je risquais de me heurter à l’indifférence des surveillants d’internat, au pire, c’était le prétexte pour recommencer. Il était aussi de bon ton de me coincer dans la cour pour me taper dessus, dès que j’offrais une résistance, le tortionnaire de service bénéficiait d’un prompt renfort. Je passe bien entendu sur les répétitifs « Parisien, tête de chien, Parigot, tête de veau ». Dix fois par jour pendant trois ans, ça saoule.
Il me fallut un certain temps pour comprendre que la meilleure solution était de rendre les coups, de toute façon, ça ne pouvait pas être pire. On pourrait croire que c’est une lapalissade, mais les lâches ne sont pas courageux, l’important avec eux n’est pas le nombre de coups que tu reçois mais celui que tu peux leur donner, qu’importe qu’ils soient plus grand, plus fort, plus costaud, lorsqu’ils ont compris qu’ils risquent de prendre un « bon pain », ils réfléchissent à deux fois avant de t ‘agresser.
C’est une leçon de vie je découvris petit à petit que ce qui est valable dans une cour de récréation l’est aussi au boulot, avec tes voisins ou en politique. Il faut faire comprendre à celui qui t’agresse, même s’il est plus fort, que tu ne crains pas l’affrontement et qu’il y laissera aussi quelques plumes, s’il veut se frotter à toi.

J'y ai aussi compris ce qu'était le racisme, cette ignominie qui permet à des individus, sous prétexte que l’autre est différent et minoritaire d’user de violences envers lui. La Bête du GÉVAUDAN n’est pas morte, elle vit encore dans l’âme de certains.

15/05/2015

Les petits plaisirs de l'Internat avant 68

Les loups ça aiment les tanières, surtout quand ils peuvent établir la leur à l’abri d’une grotte. C’est sûrement pour cette raison que je me pris d’une passion irraisonnée pour la spéléologie à l’époque de mes dix-sept ans, irraisonnée et irraisonnable, plus rien d’autre ne comptait et surtout pas le lycée. Certes, je ne séchais pas les cours, mais dès que la sonnerie retentissait, je me ruais sur mon Solex afin de me rendre à la MJC d’Aix préparer le matériel pour la sortie du Week-end au lieu de consacrer ne serait-ce qu’un minimum de temps à réviser mes leçons et à faire mes devoirs.
Le conseil de classe, en fin d’année, estima qu’il était temps que notre collaboration infructueuse prenne fin, et me pria d’aller chercher fortune ailleurs. Je repris donc, à la rentrée, le chemin de l’internat après une seule malheureuse année de liberté. C’est ainsi que j’intégrais le lycée d’AUBENAS où mon oncle Pierre était prof de Gym. Je ne sortais pour aller chez eux, qu’un dimanche sur deux pour la journée, mais j’étais autoriser à sortir seul les après midi des autres dimanches, ainsi que les mercredis, à condition d’avoir un « bon motif ». Nous avions des cartes de sorties que nous devions faire signer par notre correspondant ou la personne chez qui nous nous rendions.
La première année, en 1967, j’étais censé aller ainsi régulièrement chez le dentiste, le coiffeur ou à l’auto-école. Un jour le Surveillant Général remarqua que mon autorisation de sortie était toujours signée par un certain Georges POMPIDOU. Il me demanda de faire en sorte que la signature figurant sur ma carte ressemblât un minimum à celle se trouvant dans mon dossier. « Ce n’est pas un problème, lui répondis-je, celle du dossier, c’est la mienne ». A partir de ce jour je fus dispensé de faire parapher le document, ce qui ne bouleversa pas le monde.
Je profitais de mon passage à AUBENAS pour battre mon record d’heures de colle, j’étais devenu insensible aux privations de sortie le dimanche dans la mesure où je ne sortais pratiquement pas, du moins officiellement, et que je surtout, j’avais décidé de me dispenser définitivement de la moindre autorisation pour aller en ville, que ce soit de jour comme de nuit. J’avais réussi à me procurer un passe qui me permettait de me « barrer » même la nuit. Quant au dimanche matin, j’avais résolu depuis longtemps le problème, plutôt que de « m’emmerder » en permanence, j’allais à la messe.
Ne croyez pas que j’avais été l’objet d’une conversion mystique quelconque, que non, j’appliquais ce que j’avais déjà expérimenté à Saint FLOUR, en compagnie de mes copains nous entrions dans l’église par la grande porte centrale, et nous en ressortions par la petite de gauche, pendant que le pion de service s’en allait par celle de droite. Nous évitions d’aller dans les mêmes lieux, et tout se passait bien.

Une nuit, pourtant, tout faillit basculer, deux autres internes et moi, avions fait le mur avec l’intention d’aller dans une soirée dansante à VALS les Bains, chemin faisant mes deux compagnons commencèrent à lorgner dans les voitures en stationnement, ils repérèrent une 2cv dont les portières n’étaient pas verrouillées, et qui disposait d’un simple interrupteur en guise de clef de contact, comme cela était courrant dans les années cinquante.
J’étais le seul à savoir conduire, ils me proposèrent de prendre le volant et d’utiliser la « deuche » pour nous rendre à VALS. J’ai eu un instant d’hésitation, de tentation, puis la peur m’a pris et j’ai refusé, préférant les quitter et retourner seul au lycée, je pressais le pas, mais à mi-chemin je croisais une voiture de gendarmerie avec le gyrophare allumé. Je me suis mis à courir, dès qu’elle fut passée, pour regagner mon lit au « bahut ». Le lendemain, mes deux collègues de virée faisaient leur retour dans l’établissement, menottes aux poings. Ils s’étaient fait prendre en train de fouiller dans un véhicule en stationnement. Heureusement pour eux, la voiture n’était pas fermée à clef, et ils n’avaient encore rien volé. Ils furent cependant aussitôt exclus du Lycée. A l’époque, un vol de voiture, ça ne pardonnait pas, condamnation, peine de prison, casier judiciaire, service militaire dans un régiment disciplinaire et impossibilité, à vie, d’entrer dans la fonction publique.
Mon cinquième et dernier Lycée, n’est plus, il a été rasé et remplacé par une médiathèque, un chef d’œuvre d’inesthétisme, les fantômes de quelques profs doivent pourtant encore y attendre mon retour dans l’espoir de me virer, je ne leur en avais pas laissé l’occasion en Mai 68, quand je suis parti après avoir cadenassé toutes les portes

16/01/2015

La Distribution des prix au lycée de saint Flour

Ça fait quelques semaines que je ne vous ai pas cassé les oreilles avec mes histoires de Lycée, il est donc grand temps que je vous fasse une piqûre de rappel, car sans cela vous allez vous désensibiliser et vous risquerez un bel œdème de Quick lorsque je vous narrerai de nouveau mes souvenirs des années 1960. Vous noterez au passage que je m’acharne sur ce malheureux lycée d’état de Saint Flour aujourd’hui disparu.

Je ne sais pas si vous avez tous vécu cela, mais en ce temps là, il existait une « coutume » fortement haïe des cancres de mon genre mais adulée par les forts en thème (c’est le cas de le dire) et leur parents. Afin d’y assister je vous invite à vous projeter près de cinquante ans en arrière en 1961, à la cérémonie de la Distribution des prix.
Elle s’est tenue le dernier de l’année scolaire et devait « sanctionner » notre glorieux et brillant travail de lycéens fiers de nos colonies et près à se sacrifier pour sauver l’Algérie qui restera, c’est une certitude, partie intégrante de la mère patrie.
Heu, enfin, en ce qui me concerne, vu que j’étais issu d’une famille d’opposants à la guerre et que même mon tonton Pierre, ben, il avait été en prison pour avoir bloqué des trains de réservistes, j’espérais qu’il en serait autrement et que l’avenir nous donnerait raison. En tout cas, question avenir nul besoin de boule de cristal pour savoir que le mien ne croulerait pas sous le poids des récompenses. , mais pour une fois j’avais une bonne excuse/ J’étais arrivé à Saint Flour après les vacances de Noël, je ne pouvais pas espérer un premier ou second prix qui récompensaient les classements sur l’ensemble de l’année, par contre j’obtins un accessit d’honneur.

La cérémonie eu lieu au théâtre municipal de Saint Flour, juste derrière le lycée. Tous les parents étaient là, les professeurs trônaient sur l’estrade, revêtus de leur robe noire, comme les avocats. Monsieur CHEVALEYRE, le principal, fit un grand discours, puis classe après classe, ce fut la remise des récompenses, d’abord les prix d’excellence, puis, matière par matière, les premiers, et les seconds prix, ensuite les accessits dans le même ordre. Ça pris un certain temps ! ! ! !, Je reçus une brochure sur les merveilles naturelles aux États Unis. Après cela, les familles invitèrent au café le prof principal de leur petit génie, et commencèrent à tirer des plans sur la comète avec eux, c’est formidable à quels brillants avenir nous étions tous promis ! ! !. Même le censeur ne tarissait pas d’éloge sur ma petite personne, j’en conclus que s’il me collait aussi souvent, c’était vraisemblablement parce qu’il ne pouvait se passer de moi le Week-End.
Une fois rentré à la maison je croyais naïvement être en vacances et en avoir fini avec les cours, Erreur, grosse Erreur, mes parents avaient eu l’idée, de peur que je m’ennuis, de m’inscrire à l’école primaire de Saint ALBAN qui fermait quinze jours après le lycée, je me retrouvais donc en Cours Supérieur dans la classe de Monsieur Théo ROBERT avec mon frère Jean Claude.
A la fin de la cinquième un modeste accessit me valut une revue de quelques pages et en quatrième, je fus épargné de l’effort de monter sur l’estrade me contentant de la simple satisfaction d’être arrivé à obtenir de justesse mon passage en troisième, à condition que je passe en section moderne et que j’abandonne définitivement l’illusion de devenir un grand latiniste.
Je revendis avec un immense plaisir mon GAFFIOT, dictionnaire de latin fort encombrant mais très utile pour traduire la guerre des Gaules.

21/03/2014

Vive la course à pied !!!!

Tu as vu ? C’est le printemps, tout le monde se met au sport, pour les uns le tennis, pour les autres l’athlétisme, et dans six semaines nous aurons droit au tour de France. Tout cela me rappelle de bien beaux souvenirs, car si, nous les loups, ne sommes pas spécialement doués pour le sprint, nous sommes par contre très résistants, et tout à fait capable de parcourir de longues distances en une seule nuit. La meilleure preuve, en avril 1968, j’ai remporté le 3000 mètres sénior des championnats scolaires Drôme Ardèche par équipe. Ça t’en bouche un coin, pas vrai ?

Dit comme cela, ça peut avoir de l’allure, mais, malheureusement, par soucis d’honnêteté, je me dois de rétablir la vérité.

En ce temps là mon oncle Pierre était prof de gym au lycée de garçons d’Aubenas, il entraînait le mercredi après midi une équipe d’athlétisme, ce qui lui avait valu l’honneur d’organiser le championnat scolaire Drôme Ardèche par équipe, Ce qui était le cadet de mes soucis. Bien qu’interne, je n’avais plus besoin de prétexter une activité sportive, ni de vagues soins dentaires pour obtenir l’autorisation d’aller en ville : J’avais un « correspondant » !!! Et cela suffisait.

J’avais dix neuf ans, l’insolence de l’âge, et une réputation de faussaire hors pair que je n’ai pas tout à fait perdue depuis. Le tout accompagné d’une forte dose de provocation purement gratuite. Par exemple, chaque fois que nous sortions, nous devions faire signer notre carte par notre correspondant, notre surveillant général y veillait comme à la prunelle de ses yeux, lesquels s’écarquillèrent au plus haut point le jour où il constata que la carte était signée « Pompidou » depuis plusieurs semaines.

Le brave homme essaya de le prendre avec humour,

« Ainsi, c’est notre premier ministre votre correspondant ? »

« Oui monsieur, si vous ne me croyez pas, téléphonez lui »

« A partir de ce jour, je veux voir sur ce carton, la signature qui figure dans nos dossiers »

« Pas de problème, Monsieur, c’est la mienne ».

 

Je fus dispensé dès la semaine suivante de mon petit carton de correspondance.

Tout cela pour te dire que je ne glandais rien, si ce n’est que je tournais, tous les mercredi, comme un loup affamé du coté du lycée de jeune fille, au grand désespoir de mon oncle qui avait la lourde tache d’avoir un œil sur moi.

 

course à pied

 

Ce jour là, je déambulais dans les rue d’Aubenas, tranquille comme Baptiste, quand le Tonton, vint à passer dans sa voiture. Dès qu’il me vit, il me fit des grands signes, pensant que je cherchais aventure, il me tint à peu près ce langage.

« Si t’as rien de mieux à faire, vas chercher tes affaires de sport, j’ai besoin d’un sénior pour courir le 3000 mètres cet après midi »

« Que nenni, mon oncle, j’avais justement prévu quelques conneries à perpétrer et … »

« Monte !!! »

Si tu le connaissais, tu saurais que même maintenant, à quatre vingt sept ans, il ne vaut mieux pas le contrarier. C’est comme ça, que je me suis retrouvé en short, sur la piste du stade de Pont d’Aubenas, au départ d’un 3000 mètres dont j’étais …..le seul concurrent  !!!  Les autres établissements n’avaient trouvé personne, ce qui faisait les affaires de mon oncle qui avait ainsi l’occasion de vaincre sans péril et de marquer quelques points de plus pour son lycée.

« Pour d’aider, je vais demander à mes petits cadets de se relayer à chacun des huit tours et demi que tu auras à faire, ils te serviront de lièvres »

Tu parles !!!! Les petits cons !!! Pas une once de considération pour leur aîné, le premier est parti comme un fou, , et moi de crier «  hé, c’est un trois mille, pas un quatre cent !! »

Rien à y faire , j’arrive tant bien que mal à finir mon premier tour dans son sillage, en espérant que….. Nib !!! le second part aussi vite que l’autre, je lui concède une trentaine de mètres, j’ose un instant croire qu’il va comprendre qu’il ne me sert plus à rien à cette distance, mais non, mon gaillard court plus vite qu’un DSK après une femme de chambre, et ainsi de suite, j’ai beau gueuler, ça n’a  pour seul effet que d’entendre mon oncle crier « garde ton souffle, tu vas en avoir besoin »

Bref, j’ai terminé à pied complètement vidé. (Tu me diras qu’en principe, ça aurait été surprenant que j’achève mon parcours en vélo).

Et j’entendrai toujours mon oncle dire, «  tu n’étais pas loin du record de France du …..5000 mètres !!!!

Mais c’est grâce à cela que j’ai eu mon nom dans le Dauphiné Libéré, comme vainqueur une épreuve sportive. Seul le « chrono » ne figurait pas sur le journal, à la demande du tonton qui ne voulait pas être la risée de ses collègues car nous portons les mêmes noms et prénom. Il avait peur de la confusion.

 

Ceci dit quelle idée de faire courir un loup après « un lièvre », ça aurait une « petite bergère, » je n’aurai pas dit……

 

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