Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

20/11/2015

L'enterrement de mon grand-père

♫ A l’enterrement de mon Grand père ♪

♫ J’étais devant, j’étais derrière ♫

♪ J’étais derrière, j’étais devant ♪

♫ J’étais tout seul à l’enterrement ♫

♪ Tiens, tiens  voilà ……

 

STOP !!!! Ça suffit, l’enterrement de mon grand père, c’est une chose sérieuse, et puis j’étais pas tout seul, Il faut que je vous dise, le « Popeye » comme nous l’appelions familièrement avait lui-même organiser ses obsèques, et cela, à la manière des anciens rallyes de Monte-Carlo, vous vous souvenez ? Les voitures partaient de toutes les capitales européennes afin de se retrouver à Monaco pour le parcours commun.

Donc…mais je crois qu’il vaut mieux que je reprenne du tout début: Mon Grand Père, en 1960, s’était retrouvé à un mois d’intervalle veuf et retraité. A la suite de quoi, il était venu se perdre dans les marais de la Brenne où il avait hérité d’une maisonnette, celle du « Jeteur de sorts », les innombrables habitués de mon blog le savent déjà. D’ailleurs je les vois qui trépignent derrière leur écran. Levez le bras les habitués que je vous compte !!!!! Heu…..Y’a que toi ? T’es tout seul ? Comment ? T’es là par erreur ?  Tu resteras bien un petit moment ? Je t’offre le café, Ah !!!! C’est sympa, Assieds-toi, que je continue mon histoire.

Félix, lui, c’était le frère de Popeye, il était veuf lui aussi et avait perdu sa belle sœur le jour où mon grand père avait perdu la sienne et réciproquement. Comment ça ce n’est pas clair ? Ah oui, j’avais oublié de te dire : les deux frères avaient épousé les deux sœurs. Ce qui fait que ma grand-mère était la belle sœur de Félix, mais aussi la belle sœur de son mari (Popeye) puisque celui-ci était marié au frère du mari de sa sœur. Elle était ausi la belle soeur de sa propre soeur en vertu du fait que ......Mais non je ne cherche pas à t’embrouiller.

Revenons en à Félix, lui c’était le pistachier de la famille, coureur, flambeur, joli cœur, à un tel point, qu’il a fait depuis l’admiration de tous ses neveux, petits neveux et arrière petits neveux après avoir été la honte de la famille. Comme il partageait avec mon grand-père l’amour de la bonne bouffe, il lui avait proposé un jour de parcourir la France à la recherche de bonnes petites auberges où l’on mangerait bien pour pas cher. Régulièrement les deux frangins partaient donc en expédition visiter la France profonde, prenant le temps d’éplucher en connaisseur les menus d’un grand nombre de restaurants.

Mais les bonnes choses ont une fin, un jour, le médecin de Félix eu la pénible tache de l’informer qu’il devait mettre un sérieux bémol à ses balades gastronomiques,

« A ce point Docteur ? »

« A ce point, si vous vous ménagez vous pouvez espérer vivre encore quelques belles années, sans ça vous ne tiendrez pas six mois, mon bon Félix »

« Bien, je vais prendre mes dispositions, je vais téléphoner à mon frère, pour qu’il mette au point ma tournée d’adieu, il y a quelques petits restos que j’aimerai revoir avant de mourir »

Et il en fut ainsi, le final fut triomphal et Félix s’en alla rejoindre les ombres du passé, lui qui préféra vivre six mois que vivoter dix ans.

Image Scannée037.jpgPeu de temps après, Popeye fit un sérieux malaise cardiaque, son toubib lui déconseilla de rester seul dans sa maisonnette berrichonne et lui proposa de séjourner dans une maison de retraite. Mon grand père se rendit à la raison du médecin, vendit sa petite demeure et vint s’installer dans une résidence pour personnes âgées près d’Aubenas, dans l’Ardèche, là où résidait mon oncle Pierre. Il rédigeât ses  dernières volontés, en premier lieu il souhaitât  qu’après sa mort,  on le ramène dans le Berry pour reposer au cimetière du village au coté de ma grand-mère, ensuite qu’après les obsèques toute la famille se retrouvât dans un restaurant qu’il appréciait particulièrement où nous aurions « mission de bien boire, bien manger, bien chanter, bien s’engueuler en sa mémoire et en souvenir des repas de famille d’antan » Pour cela, il fallait arriver à regrouper les uns et autres dispersés aux quatre coins de la France. C’est ainsi, que pour chacun d’entre nous, il traça un itinéraire bien précis avec arrêts obligatoires dans des établissements qu’il avait fréquenté avec Félix. Tout était prévu et budgété, y compris le retour, mon oncle Pierre ayant la lourde tache de régler les factures de restaurant et d’hôtel, ainsi que de veiller au respect des desideratas du défunt. Bien sûr, il y eu quelques petits couacs, certaines auberges avaient changé de propriétaires et n’étaient plus à la hauteur de la réputation que leur avaient faite Popeye, mais dans l’ensemble ce fut parfait.

Le repas de famille fut mémorable, les neveux se firent un plaisir de choquer leurs vieilles tantes, mon père d’enquiquiner sa sœur, laquelle cru se venger en nous faisant la morale. A un client du restaurant qui me demanda si c’était une noce, je répondis très digne, « Mais non monsieur, ceci est un enterrement !! »

Et on chanta, chanta, chanta…. Ce fut véritablement une réussite. Sacré Popeye !!!!

 

♫ A l’enterrement de mon Grand père ♪

♫ J’étais devant, j’étais derrière ♫

♪ J’étais derrière, j’étais devant ♪

♫ J’étais tout seul à l’enterrement ♫

♪ Tiens, tiens  voilà ……  Et ho, réveille-toi, c’est fini, tu peux rentrer chez toi !!!

 

(Je précise pour les âmes sensibles qui pouraient être choquées par ce récit qu'il est absolument authentique)

10/11/2015

Armistice 1918-A la découverte de l'oncle Jean

J’ai longtemps crû que mon grand-père n’avait eu que deux frères, d’abord Félix qui avait la particularité d’être deux fois mon Grand-oncle puisqu’il était aussi le mari de Marcelle la sœur de ma Grand-mère, lui je le connaissais bien car il demeurait à une dizaine de kilomètres de la maison de mes Grands-parents où nous vivions tous ensemble. Je connaissais moins bien Emile, qui demeurait à CHATEAU-THIERRY avec son épouse Paulette, il faut dire que celle-ci n’avait pas toujours été en très bons termes avec ma Grand-mère qui lui reprochait d’avoir couvert quelques frasques de Félix à l’insu de sa sœur Marcelle.
A la fin des années cinquante, mon Grand-père m’a amené avec lui à CHATEAU-THIERRY pour y visiter son frère Emile, j’ai depuis décidé unilatéralement que ce jour fut le 30 juin 1958.
Après le repas, au lieu de retourner directement chez nous, nous nous sommes rendus près d’un petit village au bord de la Marne. C’était la campagne, au milieu des champs se trouvait un enclos qui a évoqué en moi le muret d’un jardin comme celui de mon Grand-père maternel à PUGET-THENIERS, nous y avons pénétré par une petite porte métallique. L’oncle Jean nous y attendait dans la première allée sur la droite. Quarante ans plus tôt, le 30 juin 1918, un obus allemand lui avait ôté la vie quelques jours avant le début de la seconde bataille de la Marne et de la contre- offensive victorieuse des armées alliées.
Il est difficile d’imaginer ce qui peut se passer dans la tête d’un enfant de neuf ans en découvrant l’univers d’un cimetière militaire, mais ce que j’y ai compris ce jour-là est resté à jamais gravé dans ma mémoire. Pour la première fois, je prenais conscience des horreurs de la guerre, ce n’était plus un jeu de cour de récréation, les morts étaient là à mes pieds, ils ne le lèveraient pas au coup de sifflet du maître pour retourner en classe.
Je me souviens d’avoir questionné mon Grand-père sur cet oncle dont je découvrais à la fois l’existence et la disparition, je ne sais plus comment cela vint dans la conversation, mais il me dit qu’à la fin de la guerre il était venu reconnaître son frère. Cela me frappa, pour moi, on reconnaissait quelqu’un dans la rue et on le saluait, mais un mort, comment reconnaît-on un mort ? « A sa façon de lasser ses souliers et à son cuir » me répondit mon grand-père. Son cuir ? Jean avait donc un blouson de cuir sur lui lorsqu’il a été tué ? Pendant des années cette phrase tournicotât dans ma tête avant que j’en comprenne de sens.
Pendant un long moment nous avons parcouru les allées de ce cimetière, j’allais d’interrogation en interrogation, pourquoi toutes ces tombes de soldats « inconnus » et puis ces tumulus où reposaient collectivement tant d’hommes dont on ne pouvait lire que les noms de certains d’entre eux, mais pas de tous.
Mon Grand-père m’expliqua alors le sinistre « décompte » des corps sur les champs de bataille, ceux qui étaient entiers, identifiés ou non, et qui avaient droit à une tombe individuelle et puis tous ces débris humains, ces ossements dispersés par les obus, laissés des mois et des mois sans sépulture, que l’on collecte une fois les combats finis. En triant les mains droites d’un coté, les mains gauches de l’autre, et ensuite les pieds, les crânes, les bras, avant de faire le macabre total de tous ces morceaux, si le chiffre le plus élevé est celui des pieds, on considérera que l’on a retrouvé un nombre équivalent d’hommes tués dans le secteur où on a collecté ces restes humains. Mais alors pourquoi y a-t-il quelques noms sur les tumulus ? Parce que parfois, me précisa mon Grand-père, une gourmette sur une main, un portefeuille dans la poche d’un torse, permettait de dire que le corps de tel soldat porté disparu se trouve parmi ces restes.
Longtemps j’ai essayé d’imaginer cet oncle, lorsqu’on est enfant, on ne peut se référer qu’à ce que l’on connaît, si Jean était le frère de mon Grand-père, il ne pouvait que lui ressembler, ou bien à Félix ou Emile, c'est-à-dire que je le voyais comme un vieux monsieur, dans son uniforme et sa veste de « cuir ».. Le temps passa, j’oubliais presque Jean, lorsque très récemment, c'est-à-dire dans les années 90, je découvris sa photo, ce fut un choc, oui, il ressemblait à mon grand-père, mais avec un demi siècle de moins, je réalisais qu’il était plus jeune que moi, figé dans une éternelle jeunesse que la guerre lui avait volé.
J’ai appris petit à petit à le connaître, aujourd’hui, je le découvre au travers de ses écrits, qui était-il ? D’où venait-il ?
La suite sur le blog « Lettres de guerre »
Ou sur le Site AKELA rubrique "L'oncle Jean"

04/11/2015

La Juva (quatre) du DIABLE

Nos séjours à PUGET étaient l’occasion de participer ou plutôt d’assister, à de nombreuses fêtes votives. L’une des préférées de mon père était celle de LA CROIX, un village perché au-dessus de la vallée de la ROUDOULE, comme on en trouve dans le MERCANTOUR. La route, étroite et vertigineuse, grimpe à flan de ravin pour nous conduire dans un petit ensemble de maison suspendu entre l’abîme et le ciel. Le soir de la fête un feu d’artifice illuminait les falaises et la vallée.
DSCN4444 2.jpgUne année, nous sommes montés avec la famille d’Alain, lequel commençait tout juste à fréquenter ma cousine Roselyne. Nous avions, les enfants, choisi de monter avec son père, Émile COMPAGNON, (plombier de son état), parce qu’il avait une JUVA Quatre RENAULT, dont la conception, je crois, était d’avant guerre. C’était l’ancêtre des fourgonnettes 4L, des express et autres C15. Nous étions entassés dans le coffre à l’arrière et nous effectuâmes les deux trajets, aller et retour ainsi.
Le soir, en se couchant, ce brave homme se redressa dans son lit et dit à sa femme, « J’ai passé une bonne journée » et il s’écroula, mort. Autant dire que dans une famille d’hystériques, niçoise de surcroît, on délira fort le lendemain, imaginant ces pauvres enfants partant dans le fin fond de l’abîme avec la JUVA Quatre et son conducteur mort au volant.
Aujourd’hui encore, un demi siècle après, on m’en parle encore, « Ah, c’est vrai que tu y étais dans la Juva le jour de la mort d’Emile !! »
Ce fut mon premier vrai enterrement, nous étions là pour la sortie du corps. J’avais assez peur, j’imaginais le cercueil, sinistre, entièrement noir, comme ils me paraissaient être dans nos films en Noir et Blanc, je fus surpris et même rassuré de voir ce coffre en chêne clair, bien verni, je ne pus m’empêcher de penser que finalement c’était « un beau meuble ».

02/10/2015

En avant vers le passé

Moi, je ne suis pas fait comme tout le monde, quand je sors ma boule de cristal, ce n’est point afin d’explorer l’avenir, mais, tout au contraire, pour me plonger dans le passé. En fait, à bien y réfléchir, c’est plus intéressant : mon futur, il est quelque peu limité et il se rétrécit de jour en jour, tandis que mon passé, lui s’accroît sans cesse, (enfin pour le moment), il ne me réserve pas de mauvaise surprise, (je ne suis pas mort !!)  ni de bonne, (je ne gagnerai pas au loto ni hier ni avant-hier !!!). Il y a bien quelques chipotaïres qui inverseront ma dernière phrase, mais je m’en fous, c’est mon blog et j’écris ce que je veux, non mais !!!!

J’ai donc plongé mon regard dans ma boule de cristal, (pas celle qui, en la secouant, me permet de prédire s’il va neiger sur la tour Eiffel ou sur notre Dame de la Garde), mais une autre, qui a la forme d’un phare de voiture type années Cinquante. Quand nos bagnoles s’appelaient Aronde, Versailles, Vedette, Dyna, Frégate, Caravelle, Floride, Dauphine, Chambord, Ariane, elles sortaient de chez Simca, Panhard, ou Auto Union, Quand vous achetiez une « deux chevaux », elle arrivait du Quai de Javel sans passer par la case Portugal. Nous ne connaissions pas les voitures japonaises, seulement le nom des motos, et ça nous faisait rire, « Yamamoto » «  Suzuki »,  on n’a pas idée de sortir des appellations pareilles, prêtant à des jeux de mots plus ou moins vaseux.

Quand ton secrétaire syndical (tu sais, celui qui roulait en Lada) te disait « achetez français », ça avait du sens. Pas comme maintenant où ta Clio vient de Tchéquie, la VW de ta sœur du Brésil et la Toyota du voisin de Lille. Bon bref, tout cela pour en revenir à cette époque où l’industrie de l’automobile ne connaissait pas la crise, il fallait attendre des mois, voir une année ou deux avant de recevoir la voiture neuve que vous aviez commandée. Mon Grand père avait signé le bon de commande de sa « dedeuche » en 57, il fut livré en 1959 !!!! Les garagistes ne te demandaient pas de verser des arrhes, si tu ne voulais plus de la bagnole, un autre la prenait aussitôt, si bien que le prix d’une « occasion » récente était supérieur au prix du neuf. Certains petits malins qui avaient un peu d’argent d’avance avaient bien compris le système, ils avaient toujours une ou deux voitures en commande, dès qu’une d’entre elles arrivait, ils revendaient la précédente en faisant un petit bénéfice.

Mon père, n’avait, quant à lui, pas du tout le sens des affaires, si tu avais besoin d’un pigeon, t’avais qu’à sonner chez nous, il répondait toujours présent. Il avait lui aussi commandé une « deuche » en  1958, avec l’espoir insensé qu’elle serait livrée avant l’été 59 afin que nous puissions partir tous ensemble en vacances, sans être tributaire des trains, des correspondances et des retards de toutes sortes qui transformaient nos voyages en épopées héroïques.

PanhardDynaZ.jpg

Bien entendu, il avait passé son permis chez un garagiste qui faisait aussi auto école, car en ces temps immémoriaux, il n’était pas obligatoire de passer par une officine « pompe à fric » et nul certificat d’aptitude n’était demandé pour former les néo conducteurs. Les vendeurs se chargeaint de cette tache sans problème, ce qui leur permettait de fidéliser les futurs acheteurs. En l’occurrence, notre homme était spécialisé « toutes marques » !!! Avec une petite préférence pour les « Simca »  et en second pour les « Panhard ». Mon père effectuait régulièrement quelques menus travaux de peinture « en lettre » au black pour ce mécano, et il avait ainsi un bon contact avec lui. Il ne fut donc pas particulièrement surpris quand notre garagiste vint lui proposer « une bonne affaire » et quelle affaire !!! : Une voiture neuve d’ici quinze jours, c'est-à-dire juste avant les congés d’été.

« Enfin, monsieur, vous vous voyez traverser la France du Nord au Sud en « Deux chevaux » avec vos trois enfants ? Si on vous livre votre voiture d’ici là, ce qui n’est pas certain du tout ? Franchement vous seriez mieux dans une Dyna Panhard, plus de place, plus de confort, plus de performances, Écoutez, j’ai une combine, je peux vous avoir, avec certitude une Dyna neuve avant le 1er juillet, grâce à moi, vous passerez avant tout le monde, voyez, je vais même m’engager à vous prêter gratuitement, le temps qu’il faudra, un de mes véhicule, si par hasard, elle n’était pas livrée à temps. »

Mon Père était très tenté, et commença à mordre à l’hameçon tout en restant méfiant, il demanda s’il fallait qu’il verse un supplément pour être livré de suite.

« Mais enfin, qu’est-ce que vous croyez, c’est pour vous que je fais ça, vous l’aurez au prix usine, sans le moindre francs de plus, vous pourrez même choisir la couleur, ça ne posera pas de problème »

« Au 1er Juillet l’année modèle va changer et …… »

« Je peux vous certifier que la Dyna Panhard ne subira aucune modification notable dans les mois qui viennent »

800px-Panhard_PL17_005.jpgEt pour cause, 10 jours après que mon père ai pris possession de sa « Dyna », sa production s’arrêtait au profit  de la PL 17, de conception plus moderne, avec (enfin !) les portes avant qui s’ouvraient dans le bon sens, provoquant une chute du prix de l’occasion de la Dyna. Mon père venait de participer à l’écoulement du stock des anciens modèles.

10/07/2015

Une si charmante maison ........

 

Ah la Provence !!!!! Mes parents (Surtout ma mère, mais elle était la seule à avoir voix au chapitre) donc: La Provence mes parents en avaient rêvé. Quand, en 1963, nous avons quitté la Lozère où nous avions séjourné trois ans, pour Aix en Provence, ils trouvèrent à proximité de Septème les Vallons, un petit mas provençal perdu dans la garrigue et cerné de champs de melons et de lavandes, on se serait crû dans un livre de Pagnol. La Bastide de la gloire de mon père, ou les « romarins » de Jean de Florette en quelque sorte. Bien sûr il y avait bien quelques petits inconvénients, mais mes parents n’étaient pas regardants, ils vivaient leur rêve. Il fallut d’abord faire une croix sur la salle de bain, la grange située à coté de l’habitation principale faisait office de « cabinet », mais à cette époque , c’était encore courant, et puis, pourquoi se plaindre, un paysage pareil, et quel calme. Certes, il y avait l’autoroute qui passait à proximité, mais c’était un détail. Pour seul voisin nous avions le propriétaire du mas qui demeurait dans une maison de maître à 200 mètres juste en face de nous. Oui, un petit Paradis…….l’été, car dès que vint l’automne, et les premières pluies, nous découvrîmes que nous bénéficions, gratuitement  (en plus du seul robinet situé dans la cuisine), de l’eau courante……dans la salle à manger, grâce à une très belle source d’une onde pure, qui jaillissait au centre de la pièce.

Vieille maison, souvenir d'enfanceQuant au chemin qui menait au mas, c’était le Paris Dakar avant l’heure, pas celui qui se perd dans les dunes, non, nous, c’était la version initiale, celle qui se jouait dans les pistes boueuses de l’Espagne ou  du Camp des garrigues.

Un Samedi, en revenant du Lycée, Jean-Claude et moi découvrîmes un camion devant la maison, nous apprîmes ainsi que nous déménagions pour une résidence aixoise, avec baignoire sabot et wc indépendant. Le propriétaire nous donna un petit coup de main avec ….son tracteur, le temps de sortir le poids lourd des ornières dans lequel il s’était enlisé.

Aujourd’hui, on peut toujours admirer notre « beau mas », il se retrouve, avec la maison de maître, au centre du noeud autoroutier Aix Marseille Salon. Il ne reste des deux bâtisses que les murs, couverts de tags.

La maison qui illustre l’article n’est pas celle du récit. Mercredi 11 janvier 2011