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01/10/2015

Quarante cinq ans déjà

 Je me souviendrai toujours de ce Jeudi 1er Octobre 1970, il y quarante cinq ans, mon père m’avait conduit à la gare Saint Charles à MARSEILLE, et le ton fut donné dès cet instant là. Des camions militaires attendaient à la sortie de la gare les nouvelles recrues incorporées à MARSEILLE et des « comités d’accueil » interceptaient les jeunes qui présentaient leur feuille de route aux contrôles des billets.

Je prenais l’air de celui qui était là par hasard, mais j’avais reçu moi aussi ma feuille de route 15 jours auparavant au retour d’un bref séjour en Italie: destination Nice.

Il suffisait de voir l’ambiance dans le train pour comprendre que ça ne servait à rien de faire semblant, nous étions des dizaines de jeunes, en civil, l’air emprunté, n’osant pas nous parler. Des militaires permissionnaires circulaient dans les couloirs en nous qualifiant de « bleus bite », se moquant de la « bleusaille » avant de nous annoncer le nombre de jours les séparant de la « quille ». Pour certains, elle était déjà arrivée, et ils chantaient à tue tête « zéro, zéro, zéro… ».

Les quelques « vrais » civils qui se trouvaient dans les wagons étaient des habitués, et ils nous souriaient plus ou moins gentiment, plus ou moins ironiquement.

Ce qui caractérisait la ligne MARSEILLE NICE, à cette époque, c’est qu’elle était jalonnée de villes de garnison. A chaque gare nous voyions descendre quelques uns de nos compagnons de route. Des wagons nous pouvions voir les camions militaires et les comités d’accueil venus les attendre. TOULON, VIDAUBAN, DRAGUIGNAN, FREJUS, à chaque arrêt sa fournée de conscrits allant au service militaire comme on va à l’abattoir.

Vers les neuf heures du matin nous sommes arrivés à NICE. Nous n’étions plus que quelque uns à rester dans le train, nous avons enfin osé discuter entre nous, et finir par découvrir que nous allions tous au même endroit, avenue des Diables Bleus, dans les chasseurs alpins.

Il y en eut parmi nous qui envisagèrent de descendre à ANTIBES et de se rendre en taxi à la caserne. Je ne vis pas l’intérêt d’entamer la petite cagnotte que j’avais constituée, préférant à la limite tenter de passer par le buffet de la gare de NICE pour éviter d’être « embarqué », mais une fois sur le quai, je constatai que je disposai de moins d’une heure pour traverser la ville à pied. Je passai quand même par le buffet pour éviter de me faire « cueillir comme un bleu », c’était le cas de le dire, mais une fois dehors je gagnais de moi-même les camions et montais à bord sans demander rien à personne.

 presqu-iles-france-1266198681-1134659.jpg En fin d’après midi, le circuit d’incorporation terminé nous nous sommes retrouvés dans la cour principale de la caserne, une nouvelle fois devant des camions, et c’est à ce moment là que nous avons appris que la compagnie d’instruction dont nous faisions partie, était dans une annexe, « à la DRETTE ».

Aucun d’entre nous n’en avait entendu parler, nous voilà donc embarqués sur une route grimpante au-dessus de NICE. A la sortie d’un virage je découvris sur notre droite la baie de VILLEFRANCHE et sur la gauche la station d’essence où je m’étais arrêté quinze jours plus tôt en revenant de mes vacances en Italie, pour faire le plein, juste au dessus du village d’ÈZE, et j’en avais profité pour admirer la vue magnifique sur la mer. Au moment de payer j’avais regardé derrière moi, il y avait un fort perdu dans la montagne avec un drapeau tricolore flottant au dessus. Je m’en étais étonné auprès du pompiste qui me confirma qu’il était toujours occupé et j’avais plaint  les pauvres gars qui devaient effectuer leur service militaire si loin de tout.

A peine le temps de reconnaître les lieux que nous avons emprunté un chemin derrière la station, c’est alors que j’ai réalisé que notre destination n’était autre que ce fort perdu.

 

 

 

26/06/2015

A la Recherche du "Moi" perdu ( republication)

Vous vous êtes déjà perdu ? Oui bien sûr, Vous êtes vous aussi cherché ? Evidemment, ça va soit, nous nous sommes tous cherchés. Mais, vous êtes vous cherché sans pour autant vous êtes perdu ?  Non, non je n’ai pas fumé la moquette, et l’historiette que je vais vous conter est authentique et a eu lieu il y a un plus d’une vingtaine d’années.

 

alzheimer,le moi et l'aurtre moi

A cette époque dans le cadre de mon boulot je m’occupais d’un monsieur qui souffrait d’une maladie cousine du syndrome d’Alzheimer. Son « disque dur » s’effaçait au fur et à mesure, sa mémoire remontait à cinq six minutes en arrière pas plus, aucune mémoire ancienne, mais bizarrement il avait conservé des automatismes, par exemple il pouvait conduire sa voiture à condition d’être guidé. Il respectait les feux rouges, démarrait au feu vert, mettait son clignotant sans que le co-pilote n’ait besoin d’intervenir.

Mon boulot consistait d’une part à mesurer l’évolution de la dégradation de son état, mais aussi à soulager son épouse quelques heures par semaine, car, tel un enfant, il ne lui laissait pas un instant de répit.

Donc, un beau jour, je me rends avec lui à Villeneuve les Avignon, pour « boire » un pot et voir s’il se repérait encore dans cette ville qu’il connaissait bien. Arrivé sur la place principale, il est pris d’un besoin présent, mais par chance, il y avait une vespasienne à proximité. Je le laisse à cette délicate opération et je l’attends à l’extérieur.

Dès qu’il est ressorti, j’ai compris que quelque chose clochait, il regarde, l’air inquiet, à droite, à gauche, m’aperçoit, toujours inquiet et me demande ;

Où est il ?

Qui ça ?

Lui

Mais qui lui ?

Et bien lui !

Je crois, monsieur Perdreau (nous l’appellerons Mr Perdreau, car si lui est décédé depuis, sa famille mérite un peu de discrétion), je crois que lui c’est moi.

Non, ce n’est pas toi, c’est lui

Mais lui c’est moi, c’est avec moi que vous êtes venu.

Non, je suis venu avec lui ; je ne sais pas où il est passé, peux-tu m’aider à le chercher. ?

Bien, d’accord, nous allons « le » chercher ensemble.

J’étais assez mal, je ne savais pas top comment récupérer le coup, quand, l’envie lui pris d’entrer dans un bar pour voir si par hasard, « lui », enfin moi, n’était pas dedans.

Et d’un coup, je me suis rappelé ce gag de dessin animé quand un personnage perd la mémoire à la suite d’un choc, et à qui on redonne un second coup sur la tête pour la lui rendre.

Euréka !!! J’ai trouvé, comme le professeur Nimbus, une ampoule électrique a aussitôt surgit sur mon crâne en clignotant.

J’ai laissé entrer mon patient dans le bistrot et je suis resté dehors, lorsqu’il est ressorti, je l’ai immédiatement apostrophé,

« Monsieur Perdreau, je vous cherche partout !!!

Ah te voilà, moi aussi je te cherchais !

Ouf ! Un instant j’ai eu peur qu’il ne me demande de retrouver « l’autre moi », mais heureusement, celui-ci ne devait présenter aucun intérêt pour lui.

A mon humble avis il a eu tort, moi, je trouve que « l’autre moi » s’est montré plus malin que « moi », puisqu’il a réussit à me retrouver alors que je n’étais pas perdu. Je ne me suis pas montré beau joueur puisque je n’ai même pas pensé à me remercier pour son aide.

24/06/2015

Escapade à L'Espigoule

C’est le printemps, presque l’été, qu’elle a dit la madame Météo, moi, je veux bien la croire, mais faut-il encore le prouver !!! Je sais, je suis de mauvaise foi : comme d’habitude, parole de loup ne vaut guère pour les tenants du lobby des marchand de moutons,  et autres bergers, mais dans ce cas, ce n’est pas la mienne que je conteste (manquerait plus que cela !), mais celle de la dame qui se tortille dans tous les sens sur mon écran télé (« ils » devraient penser à lui faire faire pipi avant) . J’dis ça c’est pas à la légère mon bon monsieur, mais cette année, la « madame » elle nous a gâté,

« Fera beau ce Week-end !!! » et bang, il c’est mis à déluger au moment même où je commençais à peindre les barrière ;

« Restez chez vous, il va faire un temps pourri » et moi qui la crois et qui annule mon voyage à Rome pour voir le pape (non, je déconne !) , mais bon, j’ai semé mon engrais pour rien, pas une goutte d’eau, il a fallu que j’arrose pour le faire pénétrer.

Au début, quand j’étais jeune, je croyais qu’ils se trompaient, mais c’est faux, « ils »mentent, tiens, regarde Drevet : pendant des années il est venu faire le beau chez nous, à Nîmes pour la féria, fallait pas qu’il loupe une seule corrida, et bien, tu vas pas me croire, mais maintenant qu’il est candidat écolo (tendance vert jaune apolitique de droite) et bien, il milite afin qu’on les interdisent. L’année prochaine, l’élection passée, il retrouvera sans vergogne sa place sur les gradins, bien en vue, pour que les photographes ne le ratent pas.

Mais je m’égare, donc, cette ci, je me suis dit, puisque "la Laborde", elle dit qu’il va faire beau, et  bien tu vas la prendre au mot et aller faire un tour dans les alpes du sud, avec ta tanière à roulettes spécialement agréée pour les loups de bonnes compagnie dont je suis. Si elle se trompe, si elle t’a menti, tu seras couillon comme d’habitude.

Et nous voilà partis, ma dame Zette et moi, direction « L’Espigoule », ne cherchez pas sur la carte, vous ne trouverez pas, l’Espigoule, c’est un pays imaginaire, situé dans le Haut Var, où les habitants ont tenu leur propres rôles dans un téléfilm intitulé « les quatre saisons d’Espigoule, » une sorte de pastiche de la série de Canal +. Ça ne se prend pas la tête et on rit un bon coup. Bon, si vous êtes un peu curieux (et curieuse) cherchez sur Google, vous trouverez. (Tiens, je lance un jeu, que tous ceux qui auront trouvé me laissent un com, on verra ceux qui suivent, le premier prix sera )

L'Éspégoule-90522 (17).JPG

En attendant, voici le café du cours, tenu, par Jean-Marc, l’un des héros du film. Et je signale que pour le dixième anniversaire du tournage, une grande fête « villageoise » aura lieu à L’Espigoule le 5 Juillet.

Puisque nous étions tout à coté, nous avons pris la direction de « Moustiers Sainte Marie, vous savez ce village avec une étoile suspendue par une chaîne entre les deux falaises qui le dominent. L'Éspégoule-90522 (30).JPGL’occasion de faire concurrence à Ulysse et à LaCalmette, en donnant de l’éternité à l’éphémère, je veux dire par là , que moi aussi j’ai photographié  un champ de coquelicots, avec celui là, je prends la tête du concours…… du moins pour le nombre, je laisse à Saadou la prime à la poésie pur la présentation des siens.

L'Éspégoule-90522 (37).JPGEnsuite ce fut les Gorges du Verdon, et une eau magnifique au fin fond de l’abîme…..du haut de la route des crêtes.

Le lendemain nous avons admiré quelques téméraires faisant du saut à l’élastique au pont de l’Artuby avant d’essayer à mon tour le grand plongeon. !!!!!

L'Éspégoule-90522 (50).JPGNon, je plaisante, ce n’est pas moi, c’est Dame Zette, on dû la bâillonner avant de la pousser dans le vide.

 

 

 

 

Vous connaissiez Aiguines au dessus du Lac de saint Croix ? Moi pas, pourtant, j’ai pas mal sillonné le coin, du temps où je faisais de la spéléo sur le plateau de Canjuers.

L'Éspégoule-90522 (56).JPGL'Éspégoule-90522 (51).JPGComme vous pouvez le voir, Dame Zette a survécu au saut à l’élastique,

Dans l’après midi, un coup de folie nous a pris, ne voulant pas repasser par la vallée de la Durance pour gagner les Baronnies, nous avons confié notre sort à Katy GÉPÉHESSE ,  c’est elle qui a tracé notre route de col en col et de vallée en vallée , c’est comme ça que nous nous sommes retrouvé à la fête du vent à Puimoisson , sur le plateau de Valensole, Nous ne pouvions pas la louper, de très loin nous avons aperçu des cerfs-volants dans le ciel, et même un poisson clown. 

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La Katy GPS nous a fait passer par des petites routes, où il était quasiment impossible de se croiser, heureusement, à par les vaches,nous n’avons rencontré personne...............

 

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 Celle-là s'appelle Quichottine !

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 ...... jusqu’au village des Mées (Les Mées Lacalmette !, pas les Mémée !!!)  où nous fumes accueillis par ses « fameux pénitents »

 

 

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Il ne nous restait plus qu’à remonter la Vallée du Jabron, au pied de la Montagne de Lure, encore couronnée de Neige avant de faire étape dans les Baronnies,. Et de regagner le lendemain notre cher Languedoc.
 
 

19/06/2015

Mon Dieu quelle Histoire !!!!!

Il circule actuellement sur Facebook cette image, si vous fixez les trois points centraux pendant au moins quinze secondes, puis, qu’aussitôt vous concentrez votre regard au plafond sur un point imaginaire, il apparaît au bout de quelques instant, sur le dit plafond, une image.

Je connaissais déjà ce phénomène d’optique, et à son propos, je vais vous compter une petite histoire, dont je devrai pas trop me vanter, mais, comme cela s’est passé il y a une quinzaine d’année, on peut raisonnablement pensé qu’il y a prescription.

En ce temps là, j’étais responsable d’un centre Médico-Psychologique dans les Cévennes, où nous accueillions des personnes en souffrance.

Nous nous accordions une heure de pause à midi pour déjeuner et « blaguer » entre nous de ci et de ça. Ce jour là j’avais amené cette image et je  la soumettais à mes collègues quand un patient, a franchi la porte, sans se préoccuper des heures d’ouverture du Centre. Et comme cela lui arrivait souvent, il s’est un petit peu imposé, demandant ce que nous faisions.

Ce qui n’aurait pas dû arriver arriva, l’un d’entre nous lui proposa de faire le petit test en question, le problème, car il y avait un, c’est que cette personne présentait une schizophrénie avec un délire mystique.

Dès que l’image rétinienne se format sur le plafond, il tomba à genou en criant « Mon Dieu, mon dieu » . Ce qui en soit n’était pas grave, puisque nous pouvions reprendre cela avec lui en lui expliquant la raison de ce phénomène, (mais c’est là que ça a commencé à se gâter), ce fut le moment où le médecin psychiatre du service arriva à l’improviste.

 

Christ.jpg

 

Voyant notre patient à genou, les mains jointes et le regard fixé en pleine contemplation sur le plafond, il lui demanda ce qui lui arrivait. Et l’autre de répondre, « Docteur, docteur, c’est le Christ, là-haut, au plafond, ils nous regardent, vous le voyez docteur ? C’est bien le Christ ? »

Si vous aviez vu la tête du toubib, !!!!

« Oulalala, Oulalala , mon petit serge, il faut qu’on se voit, il va peut-être falloir revoir ton traitement. »

Vous imaginez la suite, pendant que mes collègues s’occupaient de notre bonhomme, j’ai du expliquer le fin mot de l’histoire au psychiatre qui se demandait si on ne se foutait pas de sa gueule, bien entendu, on a essayé de lui faire faire le test, mais avec lui, ça ne marchait pas, il n’arrivait pas à se concentrer sur les trois points, au bout d’un moment, il a fini par y parvenir, mais goûta plus que moyennement à la plaisanterie.

 

"Grande mécréante devant l'éternel ça a failli ne pas fonctionner avec moi ;-DDD
D'abord je trouvais pas les trois points à fixer sur l'image (quelle mauvaise volonté) puis au plafond je ne voyais que les toiles d'araignées. C'est quand j'ai fermé les yeux pour ne plus les voir que je l'AI VU !
Vous avez raison Akela c'est une histoire de fou !"

PAT de "Au Pied de la Tour"

21:24 Publié dans Historiette | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christ

08/05/2015

Le jour où les chiens ont perdu la parole.

Eh oui, il fut un temps, bien lointain, où les chiens parlaient, vous autres humains, vous ne vous en souvenez peut-être plus, normal, vous avez la mémoire courte, mais nous autres loups nous en gardons encore le souvenir, d’autant plus, qu’hélas, nous fûmes les victimes indirectes de la mésaventure survenue aux chiens, mais je vous expliquerai tout cela après.

dessin-chien-assis.gifRevenons en donc, à cette époque bénie où ces braves toutous pouvaient papoter comme vous et moi de la pluie et du beau temps dans la langue de Molière. Ah oui! Je dois vous préciser qu’ils parlaient tous français, même les bergers allemands. Notre histoire s’est passée très précisément entre le  jour de l’inauguration de la grotte de Lascaux par Monseigneur Cro-Magnon  et la fin du moyen âge, (ou du premier empire, je ne me souviens pas bien). En ce temps là, les chiens étaient dotés de la parole, et le grand patron, créateur du Ciel et de la Terre, nous avait promis, à nous les loups, que nous pourrions nous aussi parler, si nos cabots de cousins, savaient se montrer digne de ce privilège. Je dois vous confesser qu’en fait, ce n’était pas vraiment un cadeau que notre Seigneur leur avait fait, souvenez vous, il fut un temps, où le téléphone portable, Internet, les fax etc. n’existaient pas, Si, si, demandez à votre grand père, en 14, dans les tranchées, il ne pouvait pas appeler Mémé entre deux coups de canon, je vous jure, c’est vrai. Et ça posait un sacré problème au bon Dieu, y’avait pas de téléphone rouge qui le reliait à Lucifer, en pleine guerre froide avec le maître des Enfers, c’était très risqué.petite-diablesse-avec-fourche.gif Ça pouvait vite dégénérer, il suffisait qu’un angelot se laisse séduire par une petite diablotine ou d’un jeune démon se convertisse à la vue du téton d’une madone pour que des querelles éclatent entre ces messieurs. Alors, avant de s’envoyer au travers de la figure des éclairs foudroyants, des marmites d’huile brûlante, des anathèmes et autres fatwas, (qui ne servaient d’ailleurs à rien puis qu’ils étaient tous les deux immortels,) on essayait de négocier. A défaut de télégramme et de lettre recommandée, les chiens étaient mis à contribution, Ah que c’était de beaux causeurs, surtout Cerbère, avec lui pas moyen de placer un mot, il y avait toujours une de ces trois têtes qui prenait le relais des deux autres pour vous expliquer par A plus B que Lucifer n’y était pour rien si ce « pauvre diable d’archange Gabriel » s’était laissé dépouillé de son auréole au poker, par le petit Méphisto.

Nos braves toutous allaient et venaient entre Ciel et Terre porteurs des messages d’apaisement de l’un ou l’autre des deux éternels rivaux.

Or, un beau matin, Dieu, se réveilla de forte méchante humeur. Les diables avaient fait la java toute la nuit, sans raison valable, car ni Noël ni le 14 Juillet n’avaient déjà été inventés.

Il était tellement en colère qu’il n’arriva même pas expliquer au clébard  de service ce qu’il devait dire à Satan. « Qu’à cela ne tienne, je vais lui écrire un mot » Ce qu’il fit sur le champs, il rédigea sa bafouille et la confia au chien, en lui demandant de la porter illico au locataire du trente sixième dessous. Or, je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais les chiens n’ont pas de poche, !!! C’est comme ça, on ne peut rien y faire, heureusement le Grand Patron a toujours de la ressource (sans ça il ne serait pas le chef), « Coince cette missive sous ta queue et porte la à Lucifer »

chien_chat.jpgCe qui fit notre épagneul (car c’était un épagneul, breton par son mère et espagnol  par un compagnon de meute de son père).

Chemin faisant il croisa quelques autres de ses congénères, des Braques, des Beaucerons, des Dogues etc. qui batifolaient dans les prés « Viens te joindre à nous » lui aboya un doberman.

Et voici notre messager qui oubliant sa mission pour quelques instants s’en va courir après quelques malheureux chats qui traînaient par là.

A la nuit tombante, notre chien se souvint du pli qu’il devait porter à messire le Diable, vite, il laissa ses copains à leurs jeux, courut de toutes ces forces jusqu’en Enfer, sonna à la porte, demanda Satan, et quand il fut en sa présence, il voulut lui remettre la missive. Hélas, hélas, trois fois hélas, point de lettre.

Tout penaud, il retourna au Paradis afin d’expliquer sa faute au bon Dieu, lequel d’ailleurs, ayant fait une petite sieste, avait complètement oublié l’incident, mais passons….un patron c’est un  patron, quand il vous confit une tache, faut l’exécuter, même si  ça ne sert à rien, et un fautif est un fautif, il doit être puni, un point c’est tout.  

« Le Chien, tu as manqué à tous tes devoirs, tu avais le privilège de pouvoir parler, je te le retire. Tu ne retrouveras la parole que lorsque tu auras retrouvé le message que je t’avais confié et que tu l’auras remis à Lucifer, va, retourne sur terre !!!! »

Et c’est depuis que lorsqu’un chien en croise un autre dans la rue, il va fourrer son museau sous la queue de l’autre toutou, dans l’espoir de mettre la patte sur ce satané message divin.

yeah-vacances-dete-L-1.jpgEt voilà, mon histoire est terminée,………Comment ? Vous ne demandez pourquoi, moi, un loup, je parle ? C’est à force de mettre mon nez dans les affaires des autres, pardi !!!!!

http://www.deezer.com/listen-4200478