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04/08/2014

Carnet de Route de Jean RENOUX 4 Août 1914

Mardi. Réveil à 3h½. Aucune nouvelle de quoique ce soit.

07:00 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guerre de 14-18

03/08/2014

Carnet de Route de Jean RENOUX 3 Août 1914

Lundi 3 Août. Le fourrier me dit que je ne suis pas affecté au 165ème. J’attends mon ordre de départ pour Châlons, après avis du colonel, je dois rester à Verdun. J’attends une décision avec impatience.

 

Il arrive des territoriaux de l’artillerie et j’ai la chance de retrouver Mr Charlas avec qui je peux causer de Paris.

07:00 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guerre de 14-18

02/08/2014

Carnet de Route de Jean RENOUX 2 Août 1914

Dimanche 2 Août. Adieu à tous les parents et amis, Départ à 12H½, arrivée à Châlons 7 heures. (19 heures)

Départ pour Verdun 8 h 20, (20h30) pas moyen d’avoir de pain au buffet de Châlons. Voyage rapide de Châlons à Verdun, arrivée à la gare à 2 heures, au Fort Lachaume à 2h½ après avoir été arrêté par 4 ou 5 sentinelles.

 

Aussitôt arrivé, aussitôt couché. Réveil à 5 heures du matin. Je retrouve des anciens de ma classe et suis heureux de me retrouver en pays de connaissance.

07:00 Publié dans Famille, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guerre 14-18

28/03/2014

Ces fous qui dormaient....

Ces fous qui dormaient dans des lits cercueils …..

C’est le titre d’un article de Dominique RICHARD paru sur le blog de Sud Ouest le Dimanche 22 Novembre 2009. Il est consacré au « Cimetière des oubliés » de Cadillac que j’évoquais justement cette semaine en même temps que le « Cimetière des fous » de Saint Alban en Lozère qui fut chanté par Eluard.

 

Sud Ouest relaye ainsi la lutte que mène des associations comme CAMINAREM pour la sauvegarde de ce lieu si particulier, témoin de la souffrance de ces hommes, de ces femmes, de ces enfants exclus de notre monde , parce étiquetés « fous » sans autre forme de procès.

Un long chemin a été accomplit entre « L’asile d’aliénés » et les centres psychothérapiques, il reste cependant encore beaucoup à faire, pourtant d’aucuns rêvent du retour de ces institutions, véritables mouroirs, où l’on enfermait le « fou » à vie.  

Ce combat, pour moi, est un devoir de mémoire. Parce que j’ai connu ces lits cercueils, Parce que le système asilaire  n’est pas mort, parce qu’il sommeille au fond des peurs viscérales entretenues par la bêtise, parce que j’ai consacré trente six ans de mon existence à lutter contre lui. Parce que l’Enfer est pavé de bonnes intentions, et que nos actes et nos paroles peuvent aller à l’encontre du but recherché, parce que la surprotection du patient est une forme d’aliénation et une atteinte à sa citoyenneté. Parce que nous devons sans cesse nous remettre en cause, parce que nous devons nous garder de la routine, nous interroger constamment à chaque pas de nos projets afin de savoir « où l’Asile pourrait bien s’y dissimuler ».

Parce que…..ces « malades dits mentaux »que l’on enfermaient sont nos frères, je vous livre quelques extraits de cet article que vous pourrez suivre en cliquant sur le lien suivant « Ces fous qui dormaient… »

 

« Ces fous qui dormaient dans des lits cercueils

e8ea57b61d.jpg(photo corbis)

C'est un combat singulier contre l'oubli que mènent depuis plusieurs années à Cadillac, en Gironde, des associations, des soignants et des amoureux du patrimoine. Un moment menacé par la commune, qui envisageait de l'annexer pour donner un peu d'oxygène au cimetière des gens dits normaux, le carré des fous vit aujourd'hui dans la crainte de la puissante administration pénitentiaire. Dans les bureaux de la chancellerie, quelques esprits millimétrés ont déjà recouvert ces quelques arpents de terre d'une solide couche de bitume. Ils y dessinent le parking du futur hôpital prison qui accueillera bientôt les criminels jugés dangereux à l'issue de leur peine.

Que peut peser la mémoire de ces 3 500 inconnus, malades de l'esprit, inhumés ici sans fleurs ni couronnes pendant des décennies ? Sous ces centaines de croix de fer décaties et de guingois, une armée d'ombres a été ensevelie par la dureté des temps et la cruauté des destins. Les poilus sortis les cerveaux en capilotade des tranchées de 14-18, les morts de faim de l'Occupation, les simplets et les épileptiques, les paysans du cru et les gens venus de l'autre bout de l'Europe ayant perdu la raison en chemin. Tous témoignent à leur façon d'un temps où l'on ne savait pas soigner la maladie mentale ……………………Mais, partout, le pouvoir repose sur les épaules du directeur et d'un médecin-chef tenu de visiter quotidiennement ses patients. On dit que celui de Cadillac, au début du XXe siècle, menait ses inspections à cheval, entouré d'une nuée de gardiens pour le protéger des gesticulations des patients…………………………………………… Ils dorment dans des lits en forme de cercueil sans couvercle. Les plus remuants sont attachés à des chaises percées, fixées à même le sol. …………………………La grande misère des asiles atteint son paroxysme pendant l'occupation allemande. Abandonnés à leur sort et laissés dans des conditions d'hygiène déplorables, 45 000 aliénés décéderont de faim, de froid et de maladie. À Cadillac, rien qu'en 1941, les menuisiers cloueront près de 600 cercueils »………………………

Dominique RICHARD

 

 

Pour information, la demande de protection de CAMINAREM du site au titre des monuments historiques doit être examinée en 2ème instance jeudi prochain par la commission ad hoc de la DRAC.

 Vous pouvez envoyer votre soutien aux :

Amis du Cimetière des Oubliés de CADILLAC sur GARONNE

Siège social 37, rue des Ecoles 33410 BEGUEY

 

Avec une e-adresse : cimtieredesoublies@gmail.com

08/02/2014

Le Métro Charonne-8 février 1962

Le 8 février 1962, Janine, ma tante, était allé manifester contre les crimes de l’OAS, ce soir là, l’impensable arriva. Fait unique dans l’histoire de notre pays, un gouvernement fit charger, par la police, des manifestants qui soutenaient son action contre des factieux.
Aucun incident ne pouvait justifier cette répression, c’est d’ailleurs au moment où la foule se dispersait que le criminel contre l’humanité, Maurice PAPON, préfet de police, ordonna, de réprimer, avec la plus grande sévérité la manifestation (les enregistrements des messages radio de la police ne laissent aucun doute à ce sujet). Face à ces femmes et à ces hommes qui allaient tranquillement regagner leur domicile PAPON envoya une unité spéciale de CRS, qui avait été rapatriée d’Algérie et connue pour être profondément infiltrée par des éléments pro OAS. Monsieur PAPON voulait du sang, Monsieur PAPON voulait des morts, Monsieur PAPON allait être servi. Vous noterez au passage que je ne traite pas PAPON de salaud ou d’ordure, ce qui pourrait me valoir un procès de la part de ses descendants, mais que je le qualifie de criminel contre l’humanité, puisque les tribunaux ont reconnus sa culpabilité en tant que complice des auteurs de l’holocauste. Pour en revenir à ce soir du 8 février 1962, les manifestants, en voyant la police charger, se dirigèrent vers la station de métro Charonne en espérant y trouver refuge, terrible erreur, elle était fermée, et ils se retrouvèrent coincés contre la grille. Les policiers « balancèrent » des personnes qu’ils avaient attrapées sur ceux qui se trouvaient en dessous, pour compléter leur crime, ils jetèrent des grilles d’égout en fonte pour mieux les écraser, Neuf personnes périrent, deux cent cinquante furent blessées.
561398-685362.jpgMa tante, comme tant d’autres, quand elles vit débouler les « sauvages » se dirigea vers la bouche de métro, en voyant des manifestants tenter d’en ressortir mais être repousser par les brutes paponesques elle réalisa le danger. Trop tard, un « barbare » l’avait saisie, il la souleva et voulut la précipiter par-dessus la rambarde sur ses camarades pris au piège. Dans un ultime sursaut de survie, elle s’accrocha à la grille et repoussa la brute qui chuta sur la chaussée avec elle. Elle se releva avant lui, elle tenta de fuir, elle avait perdu ses chaussures et l’ignoble était déjà à ses trousses. D’autres policiers lui barrèrent le chemin, c’était fini, pas d’issue possible si ce n’est cette porte qu’elle essaya en vain d’ouvrir. L’ancienne résistance se retourna et décida de faire face à l’espèce de salopard, elle le griffa, laboura son visage de ses ongles, encaissa ses coups de gourdin mais ses forces faiblissaient, quand soudain la porte s’ouvrit, deux bras l’agrippèrent, d’autres repoussèrent la brute et rabattirent le battant devant lui. Des mains refermèrent le verrou, elle était sauvée. Janine mit un certain temps pour réaliser qu’elle devait la vie sauve à des femmes, des femmes en « petite tenue », à moitié dénudées, bien trop fardées. Ce sont elles qui soignèrent ses blessures, la réconfortèrent, lui donnèrent des chaussures, et qui, bien plus tard, quand les charognards furent partis laissant la place aux secours, lui payèrent un taxi pour la raccompagner chez elle.
Janine, jusqu’à la fin de ses jours, n’accepta jamais que l’on puisse traiter une femme de putain, elle avait trop de reconnaissance et de gratitude envers ces femmes.