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27/11/2015

Le Conté de Nice

Les loups, c’est connu, ont réinvesti notre belle terre d’accueil qu’est la France sans l’aide de quiconque, le massif du Mercantour leur ayant servi de base de départ pour reconquérir ces montagnes d’où ils avaient été chassés au 19ème siècle, ils ont déjà franchis le Rhône, et il y aura bientôt dans le Gévaudan plus de bêtes en liberté que dans la réserve. Rassurez vous, nous sommes craintifs, et très discrets, et bien que les lozériens soient généralement des personnes bien nourries et bien appétissantes, nous n’avons pas encore prévu d’en mettre quelques uns au menu du jour. Tout cela pour vous rappeler que j’ai évoqué à plusieurs reprises ma naissance dans un petit village au pied du Mercantour, ce qui fait de moi un loup de bonne lignée tout à fait apte à défendre mes congénères. Je ne priverai pas de l’occasion d’en profiter pour dire quelques vérités sur de « prétendus » bergers des Alpes plus soucieux des primes européennes que de la sécurité et de la qualité de leurs troupeaux qu’ils laissent, jours et nuits, errer dans la montagne sans aucune surveillance, ce qui n‘est pas le cas, je dois le dire de nos bergers cévenols. Lors de la transhumance, j’ai été heureux d’entendre l’un des leurs évoquer le fait que notre présence en Cévennes ne représentait pas un danger ni pour eux ni pour le bétail.
Mais comme d’habitude, je m’égare une fois de plus de mon sujet que je ne vous ai d’ailleurs pas encore dévoilé.
Mon village est situé bien loin de la riviera, à la frontière avec la Provence, sur le Var, qui nous séparait jadis du royaume de France. Je suis cependant « Niçois », l’appellation ne concernant pas seulement ceux qui ont vu le jour sur la promenade des anglais mais par extension elle s’applique aussi à tous les natifs du Comté de Nice.Sous la révolution de 1789, la France fut divisée en départements qui remplacèrent les provinces en tant qu’entité administratives, Comme la campagne d’Italie avait apporté le conté de Nice à la nation il fut crée le premier département des Alpes Maritimes comprenant le conté et une partie du Piémont italien, le Var servant à l’ouest, de limite naturelle avec le département du même nom. Mon village devint sous préfecture (probablement la plus petite de France), et le premier sous préfet eut la joie d’ y voir naître son fils Auguste Blanqui, l’une des grandes figures du mouvement révolutionnaire au 19ème siècle, qui donna bien du soucis à Napoléon III, Louis Philippe, Adolphe Thiers et bien d’autres.
La défaite de Waterloo sonna la fin de notre rattachement à la France pour plusieurs décennies, mais ce qu’un Napoléon perdit, un autre le reconquit. En 1860, coucou !!!, nous voici de retour dans le giron de notre mère Patrie, et pour fêter cela, il fut décidé de créer un nouveau département qui reprendrait le nom des anciennes « Alpes Maritimes » de la France révolutionnaire.Seul petit problème, sans le Piémont il était tout « Riquiqui » à coté de son trop grand voisin le « Var ». On pris donc la partie orientale de ce dernier (la rive droite du fleuve) pour la rattacher au nouveau venu, ce qui en soit était presque parfait. Presque, parce que depuis le « Var » est le seul département de France qui porte le nom d’un fleuve qui ne l’arrose pas. Et c’est là où je voulais en venir

20/11/2015

L'enterrement de mon grand-père

♫ A l’enterrement de mon Grand père ♪

♫ J’étais devant, j’étais derrière ♫

♪ J’étais derrière, j’étais devant ♪

♫ J’étais tout seul à l’enterrement ♫

♪ Tiens, tiens  voilà ……

 

STOP !!!! Ça suffit, l’enterrement de mon grand père, c’est une chose sérieuse, et puis j’étais pas tout seul, Il faut que je vous dise, le « Popeye » comme nous l’appelions familièrement avait lui-même organiser ses obsèques, et cela, à la manière des anciens rallyes de Monte-Carlo, vous vous souvenez ? Les voitures partaient de toutes les capitales européennes afin de se retrouver à Monaco pour le parcours commun.

Donc…mais je crois qu’il vaut mieux que je reprenne du tout début: Mon Grand Père, en 1960, s’était retrouvé à un mois d’intervalle veuf et retraité. A la suite de quoi, il était venu se perdre dans les marais de la Brenne où il avait hérité d’une maisonnette, celle du « Jeteur de sorts », les innombrables habitués de mon blog le savent déjà. D’ailleurs je les vois qui trépignent derrière leur écran. Levez le bras les habitués que je vous compte !!!!! Heu…..Y’a que toi ? T’es tout seul ? Comment ? T’es là par erreur ?  Tu resteras bien un petit moment ? Je t’offre le café, Ah !!!! C’est sympa, Assieds-toi, que je continue mon histoire.

Félix, lui, c’était le frère de Popeye, il était veuf lui aussi et avait perdu sa belle sœur le jour où mon grand père avait perdu la sienne et réciproquement. Comment ça ce n’est pas clair ? Ah oui, j’avais oublié de te dire : les deux frères avaient épousé les deux sœurs. Ce qui fait que ma grand-mère était la belle sœur de Félix, mais aussi la belle sœur de son mari (Popeye) puisque celui-ci était marié au frère du mari de sa sœur. Elle était ausi la belle soeur de sa propre soeur en vertu du fait que ......Mais non je ne cherche pas à t’embrouiller.

Revenons en à Félix, lui c’était le pistachier de la famille, coureur, flambeur, joli cœur, à un tel point, qu’il a fait depuis l’admiration de tous ses neveux, petits neveux et arrière petits neveux après avoir été la honte de la famille. Comme il partageait avec mon grand-père l’amour de la bonne bouffe, il lui avait proposé un jour de parcourir la France à la recherche de bonnes petites auberges où l’on mangerait bien pour pas cher. Régulièrement les deux frangins partaient donc en expédition visiter la France profonde, prenant le temps d’éplucher en connaisseur les menus d’un grand nombre de restaurants.

Mais les bonnes choses ont une fin, un jour, le médecin de Félix eu la pénible tache de l’informer qu’il devait mettre un sérieux bémol à ses balades gastronomiques,

« A ce point Docteur ? »

« A ce point, si vous vous ménagez vous pouvez espérer vivre encore quelques belles années, sans ça vous ne tiendrez pas six mois, mon bon Félix »

« Bien, je vais prendre mes dispositions, je vais téléphoner à mon frère, pour qu’il mette au point ma tournée d’adieu, il y a quelques petits restos que j’aimerai revoir avant de mourir »

Et il en fut ainsi, le final fut triomphal et Félix s’en alla rejoindre les ombres du passé, lui qui préféra vivre six mois que vivoter dix ans.

Image Scannée037.jpgPeu de temps après, Popeye fit un sérieux malaise cardiaque, son toubib lui déconseilla de rester seul dans sa maisonnette berrichonne et lui proposa de séjourner dans une maison de retraite. Mon grand père se rendit à la raison du médecin, vendit sa petite demeure et vint s’installer dans une résidence pour personnes âgées près d’Aubenas, dans l’Ardèche, là où résidait mon oncle Pierre. Il rédigeât ses  dernières volontés, en premier lieu il souhaitât  qu’après sa mort,  on le ramène dans le Berry pour reposer au cimetière du village au coté de ma grand-mère, ensuite qu’après les obsèques toute la famille se retrouvât dans un restaurant qu’il appréciait particulièrement où nous aurions « mission de bien boire, bien manger, bien chanter, bien s’engueuler en sa mémoire et en souvenir des repas de famille d’antan » Pour cela, il fallait arriver à regrouper les uns et autres dispersés aux quatre coins de la France. C’est ainsi, que pour chacun d’entre nous, il traça un itinéraire bien précis avec arrêts obligatoires dans des établissements qu’il avait fréquenté avec Félix. Tout était prévu et budgété, y compris le retour, mon oncle Pierre ayant la lourde tache de régler les factures de restaurant et d’hôtel, ainsi que de veiller au respect des desideratas du défunt. Bien sûr, il y eu quelques petits couacs, certaines auberges avaient changé de propriétaires et n’étaient plus à la hauteur de la réputation que leur avaient faite Popeye, mais dans l’ensemble ce fut parfait.

Le repas de famille fut mémorable, les neveux se firent un plaisir de choquer leurs vieilles tantes, mon père d’enquiquiner sa sœur, laquelle cru se venger en nous faisant la morale. A un client du restaurant qui me demanda si c’était une noce, je répondis très digne, « Mais non monsieur, ceci est un enterrement !! »

Et on chanta, chanta, chanta…. Ce fut véritablement une réussite. Sacré Popeye !!!!

 

♫ A l’enterrement de mon Grand père ♪

♫ J’étais devant, j’étais derrière ♫

♪ J’étais derrière, j’étais devant ♪

♫ J’étais tout seul à l’enterrement ♫

♪ Tiens, tiens  voilà ……  Et ho, réveille-toi, c’est fini, tu peux rentrer chez toi !!!

 

(Je précise pour les âmes sensibles qui pouraient être choquées par ce récit qu'il est absolument authentique)

13/11/2015

Mémoires de récréation à Saint Flour

Il faudra bien qu’un jour j’en termine pour passer à autre chose mais, malheureusement pour vous vous allez devoir supporter encore une fois le récit de mes souvenirs d’internat. Ne vous êtes aucune illusion j’en ai encore en réserve.

La cour de récréation.


Saint Flour-35 (1) exp 2.jpgLes jeux idiots et dangereux dans les cours de récré ne datent pas d’hier, chaque fois que je lis dans le journal le récit d’un accident survenant dans un collège, je me remémore nos « temps libres » au lycée de Saint Flour en 1961. Ils se limitaient à la cour de récréation des garçons, située à l’arrière de l’établissement, cet espace n’était pas très large, impossible d’imaginer y jouer au foot, les billes et la pelote étaient nos seuls jeux. Bien sûr il n’y avait pas de télévision ni même d’activité culturelle.
Quel que soit le temps, nous devions rester à l’extérieur pendant les heures de récré, le préau était à peine assez grand pour nous accueillir les jours de pluie. Les seules exceptions à cette règle étaient accordées pendant les tempêtes de neige, mais dès que le dernier flocon était tombé, nous sortions patauger dans dix, vingt, voir quarante centimètres de bonne poudreuse. Le thermomètre à moins dix n’était pas une excuse valable pour rester en salle d’étude y compris les jours ou le blizzard glacé et pénétrant venait s’ajouter aux rigueurs du climat.
Nous avions nos jeux qui devaient nous permettre de nous réchauffer, le « Moulon » était le plus simple d’entre eux, quelqu’un se coinçait dans l’angle du préau et criait « Moulon ! ! ! ! », Aussitôt les autres venaient se coller contre lui comme un essaim d’abeilles, il fallait faire en sorte de ne pas rester à l’extérieur afin d’être protégé du froid, pour les petits dont j’étais, il fallait veiller à se trouver entouré de garçons de la même taille que soi, afin de ne pas être étouffé par les plus grands.
Il y avait aussi la « chenille », nous nous divisions en deux équipes, le chef de la première se mettait contre un mur, son second s’inclinait devant lui, comme à saute mouton en mettant sa tête contre le ventre du premier et en le tenant solidement par la taille. Le troisième venait placer sa tête entre les jambes du second, et ainsi de suite tant qu’il y a des équipiers. Une fois la chenille en place, les membres de l’équipe opposée sautaient les uns après les autres sur le dos de la chenille en prenant appui sur le dernier élément, tout en cherchant à s’approcher le plus près possible de l’autre extrémité. En retombant, les joueurs essayaient d’écraser leurs adversaires de tout leur poids. Lorsque tous les équipiers de retrouvaient à cheval sur le dos de la première équipe, ils s’agitaient dans tous les sens pour faire écrouler l’ensemble. Il n’était pas rare, qu’un grand en passant devant une chenille ne s’invite à la fête et nous écrasât de tout son poids. Comment se fait-il qu’aucun d’entre nous n’a eu la colonne brisée ? Sûrement un miracle !
La « glissade » était réservée aux jours de neige, nous prenions notre élan et nous glissions sur quelques mètres dans la poudreuse qui se transformait rapidement en glace. Nous allions ainsi de plus en plus vite et de plus en plus loin, la piste s’agrandissant rapidement.
Tous ces jeux étaient bien entendu rigoureusement interdits, mais comme le bizutage, ils faisaient partie des « traditions » que les élèves respectaient scrupuleusement. Les pions fermaient les yeux et n’hésitaient pas parfois à participer aux « glissades ». Le censeur craignait particulièrement cette dernière activité qui engageait sa responsabilité, il nous fallait toujours prévoir un « guetteur » à la porte de la cour afin de faire le « teusse » (il toussait bruyamment à l’arrivée du censeur).
Nos patinoires ne duraient pas très longtemps, la main perfide du concierge, guidée par le bras rageur du censeur, répandait du gros sel sur nos plus belles pistes et nous devions attendre la prochaine chute de neige pour recommencer

10/11/2015

Armistice 1918-A la découverte de l'oncle Jean

J’ai longtemps crû que mon grand-père n’avait eu que deux frères, d’abord Félix qui avait la particularité d’être deux fois mon Grand-oncle puisqu’il était aussi le mari de Marcelle la sœur de ma Grand-mère, lui je le connaissais bien car il demeurait à une dizaine de kilomètres de la maison de mes Grands-parents où nous vivions tous ensemble. Je connaissais moins bien Emile, qui demeurait à CHATEAU-THIERRY avec son épouse Paulette, il faut dire que celle-ci n’avait pas toujours été en très bons termes avec ma Grand-mère qui lui reprochait d’avoir couvert quelques frasques de Félix à l’insu de sa sœur Marcelle.
A la fin des années cinquante, mon Grand-père m’a amené avec lui à CHATEAU-THIERRY pour y visiter son frère Emile, j’ai depuis décidé unilatéralement que ce jour fut le 30 juin 1958.
Après le repas, au lieu de retourner directement chez nous, nous nous sommes rendus près d’un petit village au bord de la Marne. C’était la campagne, au milieu des champs se trouvait un enclos qui a évoqué en moi le muret d’un jardin comme celui de mon Grand-père maternel à PUGET-THENIERS, nous y avons pénétré par une petite porte métallique. L’oncle Jean nous y attendait dans la première allée sur la droite. Quarante ans plus tôt, le 30 juin 1918, un obus allemand lui avait ôté la vie quelques jours avant le début de la seconde bataille de la Marne et de la contre- offensive victorieuse des armées alliées.
Il est difficile d’imaginer ce qui peut se passer dans la tête d’un enfant de neuf ans en découvrant l’univers d’un cimetière militaire, mais ce que j’y ai compris ce jour-là est resté à jamais gravé dans ma mémoire. Pour la première fois, je prenais conscience des horreurs de la guerre, ce n’était plus un jeu de cour de récréation, les morts étaient là à mes pieds, ils ne le lèveraient pas au coup de sifflet du maître pour retourner en classe.
Je me souviens d’avoir questionné mon Grand-père sur cet oncle dont je découvrais à la fois l’existence et la disparition, je ne sais plus comment cela vint dans la conversation, mais il me dit qu’à la fin de la guerre il était venu reconnaître son frère. Cela me frappa, pour moi, on reconnaissait quelqu’un dans la rue et on le saluait, mais un mort, comment reconnaît-on un mort ? « A sa façon de lasser ses souliers et à son cuir » me répondit mon grand-père. Son cuir ? Jean avait donc un blouson de cuir sur lui lorsqu’il a été tué ? Pendant des années cette phrase tournicotât dans ma tête avant que j’en comprenne de sens.
Pendant un long moment nous avons parcouru les allées de ce cimetière, j’allais d’interrogation en interrogation, pourquoi toutes ces tombes de soldats « inconnus » et puis ces tumulus où reposaient collectivement tant d’hommes dont on ne pouvait lire que les noms de certains d’entre eux, mais pas de tous.
Mon Grand-père m’expliqua alors le sinistre « décompte » des corps sur les champs de bataille, ceux qui étaient entiers, identifiés ou non, et qui avaient droit à une tombe individuelle et puis tous ces débris humains, ces ossements dispersés par les obus, laissés des mois et des mois sans sépulture, que l’on collecte une fois les combats finis. En triant les mains droites d’un coté, les mains gauches de l’autre, et ensuite les pieds, les crânes, les bras, avant de faire le macabre total de tous ces morceaux, si le chiffre le plus élevé est celui des pieds, on considérera que l’on a retrouvé un nombre équivalent d’hommes tués dans le secteur où on a collecté ces restes humains. Mais alors pourquoi y a-t-il quelques noms sur les tumulus ? Parce que parfois, me précisa mon Grand-père, une gourmette sur une main, un portefeuille dans la poche d’un torse, permettait de dire que le corps de tel soldat porté disparu se trouve parmi ces restes.
Longtemps j’ai essayé d’imaginer cet oncle, lorsqu’on est enfant, on ne peut se référer qu’à ce que l’on connaît, si Jean était le frère de mon Grand-père, il ne pouvait que lui ressembler, ou bien à Félix ou Emile, c'est-à-dire que je le voyais comme un vieux monsieur, dans son uniforme et sa veste de « cuir ».. Le temps passa, j’oubliais presque Jean, lorsque très récemment, c'est-à-dire dans les années 90, je découvris sa photo, ce fut un choc, oui, il ressemblait à mon grand-père, mais avec un demi siècle de moins, je réalisais qu’il était plus jeune que moi, figé dans une éternelle jeunesse que la guerre lui avait volé.
J’ai appris petit à petit à le connaître, aujourd’hui, je le découvre au travers de ses écrits, qui était-il ? D’où venait-il ?
La suite sur le blog « Lettres de guerre »
Ou sur le Site AKELA rubrique "L'oncle Jean"

09/11/2015

Mon 9 Novembre "à Moi"

A chacun son 9 Novembre, bien sûr je ne remets pas en cause celui de 1989, comme tout le monde j’ai été heureux de voir s’abattre le « mur »  mais de là à me laisser « gaver » par les cérémonies du 20ème  anniversaire, il n’en ai pas question !! Je ne me sens nullement concerné.

Si cette date me « parle » quand même un tout petit peu, ce n’est point parce qu’Yves Montand a eu la mauvaise idée (pour lui) de succomber ce jour là. Je reconnaissais le talent de l’artiste que ce soit en tant que chanteur qu’en tant de comédien, par contre je n’aimais pas beaucoup l’homme, grand donneur de leçon, je ne peux pas m’empêcher de penser que ce sois disant « grand courageux » est resté bien planqué pendant la guerre, et n’a pas poussé le patriotisme jusqu’à s’engager dans la résistance ni dans l’armée française comme le fit par exemple Jean GABIN. Et puis comme beaucoup de « petites gens » je n’ai pas oublié cette émission où ce monsieur a touché une très grosse somme d’argent pour nous expliquer, à nous, les « petits » qu’il fallait que nous nous serrions la ceinture et que nous contentions de ce que nous gagnions.

Non, mon 9 Novembre à « moi » fut celui de l’année 1970, je venais d’être incorporé afin d’effectuer mon service militaire et j’étais affecté en tant qu’infirmier diplômé à l’infirmerie de la garnison.

Ce jour là, vers les onze heures du matin, notre médecin colonel jaillit de son bureau en hurlant « Il est mort le grand con, il est mort le grand con », c’est de cette délicate manière, toute militaire, qu’il nous informa du décès du Général De GAULLE.

Quelques minutes plus tard, il envoya Francis V....., son secrétaire, chercher du champagne, au mess des officiers, qu’il partagea avec d’autres officiers « anciennement partisans de l’ALGÉRIE Française ». Nous fûmes invités à trinquer avec eux, discrètement je me suis éclipsé, j’avais combattu politiquement De GAULLE, mais je ne pouvais accepter de boire pour fêter la mort d’un homme. Je suis encore aujourd’hui choqué par ce manque de décence et de respect de la part d’un officier supérieur, ainsi que par cette manière de nous associer, nous, hommes de troupe, soldats du contingent à cette manifestation de mépris envers un ancien président de la république.

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