Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

30/01/2015

Le voyage en Petit train de Janou Grain de Sel

Mon Papounet, déjà qu’il était en peu fêlé, depuis qu’il est tombé sur sa caboche, il a un peu perdu la tête, il en oublie même de tenir son blog, heureusement que je suis en vacances et que je peux le remplacer au pied levé (ou plutôt au pied cabossé en ce qui le concerne depuis sa chute). DSCN0183.jpg

Moi, je ne suis pas une pantouflarde, je ne suis pas du genre à rester toute la journée devant la télé, alors, j’ai pris l’initiative de me faire une petite virée en train avec mon cousin Mathys.

 

DSCN0128.jpg

Nous sommes partis d’Anduze avec le petit train à vapeur des Cévennes, nous avons admiré les paysages,  (bon d’accord, là c’était un tunnel)

DSCN0126.JPG

Donc, je reprends, nous avons admiré les paysages,

DSCN0173.JPG

J’ai dit à Mathys de ne pas sortir la tête sous les tunnels, à cause de la fumée qui nous noircit le visage,  

DSCN0175.JPG

 

Je m’étais faite avoir l’an passé. Cette fois ci, je suis revenue propre comme un sou neuf !!!!!!

DSCN0186.JPG
 

Janou Grain de Sel.

 

 

 http://www.deezer.com/listen-4747460

25/01/2015

Quand passent les Cigognes (Redifusion)

Mais qui a osé dire que les cigognes avaient peur des loups ?  C’est vite oublié qu’à Noël, j’avais fait copain copain avec elles dans la Tour de Boucoiran. Non, la raison de leur retard dans le ciel d’Uzès était due au Mistral qui les empêchait de remonter vers le Nord. Du coup, prise de fatigue elles se sont laissées dérivées sur Nîmes, attirées par la pelouse du Stade des Costières. Et là, bing !!!!, pile poil au moment où elles allaient se poser entre les buts, une rafale les a déportées sur la Clinique Grand Sud. Précisément à l’instant où j’étais en train d’y faire scanner ma putain d’épaule ! (comme dirait Aude ) . Pendant que l’on me mettait en conserve dans leur cylindre découpeur de rondelles, ma petite Louvette, deux étages au dessus, était en train de « poussez Madame, poussez, respirez, on reprend, poussez, faites le petit chien ». Enfin vers 17.30 on est sorti, en même temps, Olivia, le fruit de ses entrailles, du ventre de sa mère et moi du scanner. Heureusement qu’ils n’ont pas eu à me tenir suspendu par les pieds !!! Quoique les deux petites claques sur les fesses, si c’était la jolie petite manipulatrice qui me les avaient données  …… je n’aurai peut-être pas dit non.

DSCN1836.JPG

Maman sam et ses filles Janou et Olivia (50 cm et 3.390kg)

oiseaux-cigognes-00003.gif

09:15 Publié dans Famille | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : naissance

23/01/2015

Le Cimetière des fous de Saint Alban et le cimetière des oubliés de Cadillac

  1. Le cimetière des fous …..ce fut le thème l’an passé d’une de mes notes, depuis, j’ai reçu plusieurs E-mail de personnes qui étaient intéressées par ces lieux, dernière étape d’une relégation de ceux qui furent de leur vivant des parias exclus d’une société qui, pour se protéger, les cachaient derrière des haut murs sensés aussi les préserver contre eux-mêmes. Je savais que celui de Saint Alban n’était pas le seul en France, par contre j’ai découvert au cours de ces correspondances, que certaines de ces nécropoles, Cadillac (gironde) en particulier, ont accueilli d’autre parias : Les « gueules cassées » de la « Grande Guerre », rejetés eux aussi par leurs propres familles et par une France pleine d’ingratitude à leurs égards.

Des pestiférés du vingtième siècle,  sain d’esprit mais aux corps et aux visages  détruits par l’enfer des tranchées.

Dernièrement j’ai reçu un E-mail, concernant la tombe d’un homme, Henri, qui est la synthèse de ces deux mondes, la folie qui justifia son internement à vie et la guerre qui fut la cause de sa maladie.  

Cette nouvelle note reprend la première à la laquelle j’ai ajouté l’un des message que j’avais reçu à l’époque et celui concernant « Henri ».

Le Cimetière des fous

Longer par une nuit d’hiver un cimetière isolé, sur le chemin qui relie le village au hameau où l’on réside, là précisément où errait la bête du Gévaudan deux siècles auparavant ce n’est pas très rassurant, même pour deux jeunes loups en pleine adolescence sensés être téméraires et inconscients. Jean-Claude et moi n’avions guère le choix, les distractions étaient rares, l’unique poste de télévision se trouvait au foyer de l’hôpital psychiatrique de Saint Alban, perché sur la colline, le seul endroit en ce pays d’où il était possible, grâce à une antenne fixée sur un très long mat de capter les signaux hertziens en ce début de l’année 1963.
Comme beaucoup, nous nous mêlions de temps en temps aux patients autorisés certains soirs à regarder le programme de la RTF, sous l’œil vigilant des infirmiers qui les accompagnaient. Parfois, dans cette même salle nous assistions à la projection d’un film, le seul cinéma du village était celui du « curé » et nous nous faisions un devoir de ne pas lui offrir notre clientèle.
Bien sûr nous aurions pu rester au chaud chez nous, afin de profiter de la présence de nos parents que nous ne voyions que toutes les deux semaines lorsque nous avions la chance de ne pas être collés. Ils nous auraient certainement parlé de ……leur boulot, leur boulot et encore de leur boulot. Car je dois vous dire que Jean Claude n’était pas la seule personne avec qui je partageais les joies des repas en famille les dimanches de sortie. Mes parents, estimant probablement que quelques heures tous les quinze jours suffisaient largement pour s’occuper de nous, faisaient du zèle, ne différenciant plus leur vie professionnelle de la vie familiale, ils invitaient régulièrement des patients de l’hôpital psychiatrique à la table familiale, pas n’importe lesquels cependant. A cette époque Saint ALBAN n’accueillait pas que des personnes du cru, Il en venait de toute la France, en particulier issu d’un certain milieu social. Beaucoup de fils de…. Entre autre celui d’un prix NOBEL, La Lozère était Terre d’exil pour les grands psychotiques bannis de leur famille fortunée. Certains patients avaient même fait des études assez poussées, médecine ou fac de droit. Et pendant que « nous » parlions de leurs multiples problèmes et de leur incertain avenir, nos parents évitaient soigneusement de s’intéresser aux nôtres.
Sur le chemin du retour, en longeant le mur de « l’asile » nous nous racontions nos faux exploits, nos rêves illusoires, le pantalon de « Johnny » que voulait Jean-Claude, la mobylette que nous n’aurions pas, et puis il y avait les filles, vous savez ces êtres bizarres qui nous fascinaient déjà mais dont nous ne savions rien d’autre que ce que nos collègues de lycées croyaient en connaître et dont nous parlions secrétement dans un coin de la cour de récré. Et puis........,passé les derniers bâtiments, loin des dernières maisons habitées il y avait le cimetière, celui que chanta le poète ELUARD, « Le Cimetière des FOUS ».
Cimetiere_des_fous_hiver_.jpg
Je dois dire que la première fois que je l’ai vu, je n’y avais pas prêté attention, je croyais qu’il s’agissait de celui du village, ce n’est que plus tard que je fus intrigué par le fait que toutes les tombes étaient semblables, simples croix de bois sur lesquelles ne figurait aucun nom, juste un nombre, un matricule. Il y avait quelques exceptions: généralement accolées au mur d’enceinte des croix portaient une plaque émaillée. C’était les sépultures des religieuses qui géraient le service des femmes.
Parias parmi les parias, les « fous » étaient rejetés du monde des humains jusque dans la mort, la honte qu’ils jetaient sur leur famille méritait cet indigne anonymat. Le sort de leurs dépouilles était comparable à celui des condamnés à mort qui reposent dans le carré des suppliciés des cimetières de nos préfectures. Maigre consolation pour les "fous", eux avaient quand même droit à une croix. Cette « cruauté » rendait le lieu encore plus beau par la simplicité des deux ou trois cents tombes alignées sous de grands cyprès. J’ai de suite été très mal à l’aise vis-à-vis de la présence des tombes des religieuses, je ne pouvais pas entendre le message que cela sous-tendait « Seigneur, nous avons fait vœux d’humilité, nous désirons reposer auprès des malheureux dont nous nous occupions ». J’y ai lu au contraire la manifestation du péché d’orgueil : « Seigneur voyez comme nous sommes humbles, nous nous sacrifions pour eux au delà de notre mort, nous méritons largement Seigneurs que vous nous ouvriez les portes du Paradis, nous l’avons bien mérité ». Vos tombes, Mesdames, auraient du être aussi anonymes que celles des patients pour je puisse croire à votre sincérité, car Dieu, s’il existe, n’a pas besoin de panneau indicateur émaillé pour trouver votre dernière demeure.
Par ces froides nuits d’hiver, lorsque nous nous arrêtions avec Jean-Claude, le long de la nécropole, nous regardions par-dessus de mur, dans le vain espoir d’y apercevoir un feu follet.
Il y a vingt ans, je suis retourné à saint ALBAN et je suis allé voir le cimetière, les cyprès avaient été abattu et il paraissait saccagé, abandonné, il avait perdu sa beauté « fantasmatique », il était devenu lugubrement sinistre. Quand est-il aujourd’hui ? Je ne sais, il ne me reste que le poème de Paul ELUARD, qui pendant la guerre trouva refuge au milieu des malades de l’hôpital pour échapper à la Gestapo.

« Le cimetière des fous »


Ce cimetière enfanté par la lune
Entre deux vagues de ciel noir
Ce cimetière archipel de mémoire
Vit de vents fous et d'esprit en ruine

Trois cents tombeaux réglés de terre nue
Pour trois cents morts masqués de terre
Des croix sans nom corps du mystère
La terre éteinte et l'homme disparu

Les inconnus sont sortis de prison
Coiffés d'absence et déchaussés

N'ayant plus rien à espérer
Les inconnus sont morts dans la prison
Leur cimetière est un lieu sans raison

Paul Eluard (Asile de Saint-Alban, 1943-La Lit la table, 1944)
196426674[1].jpg
J'ai ajouté par la suite :

J'ai recherché sur Google Earth l'emplacement du cimetère des fous que j'évoque dans la note précédente, j'ai découvert que la nécropole avait disparue remplacer par un jardin des souvenirs.
Les croix de bois ont disparues remplacées par une stèle , seules des croix de pierre demeurent , celles de religieuses, une de ces croix à sa plaque émaillée, les fous ont été chassés de leur propre cimetière!!!!
Peut-être dois-je m'estimer privilégié de l'avoir vu tel que Paul ELUARD l'a chanté.

Voici le texte joint et les précisions apportées par Yves BALDRANSouvenirs de la maison des fous 1, Eluard 1943-9.jpg (Novembre 2008)

"Pour clore sur ce cimetière : Ci-joint le poème "le cimetière des fous" et le dessin qui l'illustre signé par Vuillamy (illustrateur et gendre de Eluard) tels qu'ils figurent dans l’édition originale "souvenir de la maison de fou" en 1945.
Pour la petite histoire, est enterré dans ce cimetière, un résistant décédé de ses blessures dans les combats des maquis d'Auvergne (au Mont Mouchet). il était soigné clandestinement à l'hôpital en 1944. Il n'y a pas de plaque pour identifier sa tombe. Je ne connais pas son nom !
Il y a aussi dans ce cimetière la tombe des parents et de la tante de François Tosquelles, médecin historique de l'hôpital.
Comme vous dites des religieuses qui travaillaient à l'hôpital (plusieurs décès en 1936 à la suite d'une épidémie de Tytphoïde.) Entre 2000 et 3000 malades mentaux sont enterrés dans ce petit espace. Ce cimetière à été crée vers 1880 pour que les malades décédés "soient enterrés dignement" contrairement à ce qu'était la situation dans le cimetière de la commune.
Il n'est plus utilisé depuis les années 1980"
Yves Baldran

La croix.jpgJe remercie Yves BALDRAN qui m'a fait parvenir ces précisions avec ce dessin et cette photo du "cimetière des fous" datant de 1943, comme Paul ELUARD l'a chanté et tel que je l'ai connu.

 

Sur le même sujet, j'ajoute ces deux liens qui m'ont été envoyés par l'association CAMINAREM, en les remerciant

Le Cimetière des gueules cassées de Cadillac 

Philippe Poisson-De L'Hôpital des fous au cimetières des oubliés

 

 

 

 

Courrier adressé par l'association Carminarem au début de ce mois de Novembre.(2009)à propos du cimetière des oubliés de Cadillac.

 

Bonjour !

 

Je vous propose de trouver ci-joint copie d'un message écrit soigneusement mis sous blister et accroché à une des croix de fer du cimetière. Visiblement pour qu'il en soit pris connaissance...

Peut-être s'agit-il là d'une réponse à l'avis de la mairie, comme quoi la concession est "expirée...".

Quoiqu'il en soit, ce message nous semble particulièrement touchant...

 

En vous souhaitant bonne réception.

 

 

"Henri,

 

Né le 11 octobre 1918, fils unique de Mercedes et Juan BENGOA tu étais avant la seconde guerre mondiale un passionné de musique classique, un être doué et intelligent.

 

Tu es parti en 1939 combattre pour la France, et la guerre t’a détruit mentalement et t’a amené à l’hôpital psychiatrique jusqu’à la fin de ta vie (une crise cardiaque t’a fauché pendant que tu vendangeais (version de l’hôpital ?))

 

Tu restes à jamais Henri dans nos souvenirs,  jusqu’au bout tu as été un être doux et bon mais cassé par la guerre. Tes parents Juan et Mercedes ont élevé ma mère et ma tante venues d’Espagne pendant la guerre civile et orphelines de mère. Ils les ont élevées comme si elles étaient leurs filles. Que de malheurs ! Mais aussi que d’amour et de tendresse ! Ton père et ta mère reposent en paix au cimetière St Paul de CENON. Leurs nièces fautes de moyens n’ont pu te réunir avec eux mais chaque année les ramène au cimetière de CADILLAC pour te rendre hommage.

 

 

Piedat, Dany, Maria-Luisa O….., tes nièces"

 

 

16/01/2015

La Distribution des prix au lycée de saint Flour

Ça fait quelques semaines que je ne vous ai pas cassé les oreilles avec mes histoires de Lycée, il est donc grand temps que je vous fasse une piqûre de rappel, car sans cela vous allez vous désensibiliser et vous risquerez un bel œdème de Quick lorsque je vous narrerai de nouveau mes souvenirs des années 1960. Vous noterez au passage que je m’acharne sur ce malheureux lycée d’état de Saint Flour aujourd’hui disparu.

Je ne sais pas si vous avez tous vécu cela, mais en ce temps là, il existait une « coutume » fortement haïe des cancres de mon genre mais adulée par les forts en thème (c’est le cas de le dire) et leur parents. Afin d’y assister je vous invite à vous projeter près de cinquante ans en arrière en 1961, à la cérémonie de la Distribution des prix.
Elle s’est tenue le dernier de l’année scolaire et devait « sanctionner » notre glorieux et brillant travail de lycéens fiers de nos colonies et près à se sacrifier pour sauver l’Algérie qui restera, c’est une certitude, partie intégrante de la mère patrie.
Heu, enfin, en ce qui me concerne, vu que j’étais issu d’une famille d’opposants à la guerre et que même mon tonton Pierre, ben, il avait été en prison pour avoir bloqué des trains de réservistes, j’espérais qu’il en serait autrement et que l’avenir nous donnerait raison. En tout cas, question avenir nul besoin de boule de cristal pour savoir que le mien ne croulerait pas sous le poids des récompenses. , mais pour une fois j’avais une bonne excuse/ J’étais arrivé à Saint Flour après les vacances de Noël, je ne pouvais pas espérer un premier ou second prix qui récompensaient les classements sur l’ensemble de l’année, par contre j’obtins un accessit d’honneur.

La cérémonie eu lieu au théâtre municipal de Saint Flour, juste derrière le lycée. Tous les parents étaient là, les professeurs trônaient sur l’estrade, revêtus de leur robe noire, comme les avocats. Monsieur CHEVALEYRE, le principal, fit un grand discours, puis classe après classe, ce fut la remise des récompenses, d’abord les prix d’excellence, puis, matière par matière, les premiers, et les seconds prix, ensuite les accessits dans le même ordre. Ça pris un certain temps ! ! ! !, Je reçus une brochure sur les merveilles naturelles aux États Unis. Après cela, les familles invitèrent au café le prof principal de leur petit génie, et commencèrent à tirer des plans sur la comète avec eux, c’est formidable à quels brillants avenir nous étions tous promis ! ! !. Même le censeur ne tarissait pas d’éloge sur ma petite personne, j’en conclus que s’il me collait aussi souvent, c’était vraisemblablement parce qu’il ne pouvait se passer de moi le Week-End.
Une fois rentré à la maison je croyais naïvement être en vacances et en avoir fini avec les cours, Erreur, grosse Erreur, mes parents avaient eu l’idée, de peur que je m’ennuis, de m’inscrire à l’école primaire de Saint ALBAN qui fermait quinze jours après le lycée, je me retrouvais donc en Cours Supérieur dans la classe de Monsieur Théo ROBERT avec mon frère Jean Claude.
A la fin de la cinquième un modeste accessit me valut une revue de quelques pages et en quatrième, je fus épargné de l’effort de monter sur l’estrade me contentant de la simple satisfaction d’être arrivé à obtenir de justesse mon passage en troisième, à condition que je passe en section moderne et que j’abandonne définitivement l’illusion de devenir un grand latiniste.
Je revendis avec un immense plaisir mon GAFFIOT, dictionnaire de latin fort encombrant mais très utile pour traduire la guerre des Gaules.

13/01/2015

Ma nouvelle naissance

Quand on est un enfant, certains évènements, certains gestes ou certaines paroles prennent des proportions dont les adultes n’ont pas conscience. Les petits loups ne sont pas épargnés par cela, et ce que je vais vous conter est parfaitement véridique. Lorsque j’en ai parlé à ma mère, bien des années plus tard, elle est fut très surprise, ne s’étant jamais doutée de rien. Peut-être parce qu’elle n’était pas assez à l’écoute de son petit louveteau, mais cela est une autre histoire, je n’en parlerai qu’en présence de mon Psy.
Venons en aux faits, voilà t’y pas qu’un beau jour, remontant aux confins de ma mémoire, j’appris par quelles indiscrétions que ma mère devait, enfin, se rendre à la maternité, j’écris «enfin » car j’étais tout à fait persuadé, qu ‘elle y allait pour moi afin de régulariser cette incroyable situation dont-on me rabattait les oreilles et qui faisait de moi un clandestin en séjour irrégulier depuis ma naissance. J’étais celui qui n’était pas né comme les autres et je le ressentais très mal.
Dans ma charmante petite tête de loup j’avais du mal à comprendre : Tout enfant qui naît doit passer par la maternité. Or près de cinq années s’étaient passées depuis ma naissance dans la salle à manger de ma Grand-mère, et mes parents n’avaient pas encore trouvé le temps de se mettre en règle avec « la norme ». Qu’avais-je donc fait pour mériter d’être ainsi délaissé ?
La nouvelle me réjouissait donc fort, et comme je n’y connaissais rien, je ne fis aucune relation avec le ventre de ma mère qui s’arrondissait à vue d’œil. Mon père m’expliqua un soir, que nous pourrions entendre battre le cœur de « la petite sœur » si nous posions notre tête près du nombril de ma mère. Franchement, je ne voyais pas où il voulait en venir.
Le 24 janvier 1954, mon père arriva tout joyeux, et nous dit que nous allions à la maternité. Il était temps, depuis qu’on me le promettait, cette journée s’annonçait fabuleuse, car imaginez-vous, qu’en plus, il avait neigé, « ma première vraie neige », la plus ancienne dont je me souvienne. Nous nous rendîmes à pied jusqu’à l’établissement hospitalier situé à moins de cinq minutes de la maison car les routes étaient impraticables et que de toute façon nous n’avions pas de voiture.
Et voici que dans ce bâtiment de briques rouges, j’ai cru que j’hallucinais, je découvris que j’avais un petit frère, ce qui, en soit, n’était pas si grave que ça, mais mes parents n’eurent même pas l’idée de profiter de sa naissance pour régulariser la mienne. Je découvris ce jour là que les adultes étaient encore plus immatures que nous.
souvenirs d'enfanceJe passe bien sûr, sur la tromperie sur la marchandise, on nous avait promis une petite sœur, et voilà que nous avions un troisième « larron ».
Ma mère fut très peinée d’avoir encore un garçon, et ne se consola que lorsque ma grand-mère Léontine (la sorcière) lui promis que plus tard elle aurait « une » petite fille.
Ce que mon aïeule avait prédit s’avéra exacte, il y eu « une » fille, qu’ « une » seule à la génération suivante au milieu d'une floppée de cousins. Elle est d’ailleurs très fière d’être celle par lui la prédiction de son arrière grand-mère s’est accomplie

(Mon portrait en 1954, dessiné par mon père)