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08/09/2014

Carnet de Route de Jean RENOUX 8 Septembre 1914

Mardi 8. Vers 1 heure du matin le froid me réveille, j’ai la fièvre et j’ai bien soif, je me demande ce que je vais faire aujourd’hui. Je réunis mes forces et prenant deux branches de cerisier tombées par terre, je m’en sers comme béquilles pour aller jusqu’au prochain pays si je peux. Avec bien du mal j’arrive à Ville sur Cousances[1], j’aperçois une fontaine et m’abreuve un bon coup. Je tombe par l’effort commis et une femme vient me relever et me conduit à la mairie. On me donne un bol de lait que j’avale d’un trait. La mairie est pleine de blessés et une grange en face en contient une dizaine. Je me repose un peu sur de la paille. Vers 5 heures deux voitures emmènent une trentaine de blessés, mon tour sera pour ce soir probablement.

Dans la mairie il y a un capitaine blessé, il est avec nous et donne des ordres à l’instituteur pour nous faire évacuer le plus vite possible. Un camarade est mort cette nuit et est resté dans la salle. L’après midi un civil vient laver nos plaies et mettre un linge dessus. L’instituteur annonce que nous partirons le soir même. Nous sommes tous très content à l’idée d’être mieux soignés. Les obus tombent pas très loin du pays et les habitants se sauvent dans leurs caves nous laissant seuls. La nuit arrive et nous allons rester encore là. Je souffre de l’aine pendant la nuit et ne sais comment me placer pour être bien. Je ne dors pas et attends impatiemment le jour.

 



[1] A une vingtaine de kilomètres au Sud Ouest de VERDUN

11:54 Publié dans Famille, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guerre 14 18

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