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07/09/2014

Carnet de Route de Jean RENOUX 7 Septembre 1914

Lundi 7. Je suis au bord de la route derrière un gros cerisier qui m’abrite bien des balles sifflantes à mes oreilles. Il faut que j’attende le soir pour avoir l’espoir de voir les brancardiers. Des gradés passent vers 17h m’assurant qu’ils vont chercher les ambulances. Je pleure, ma blessure me pique dans le ventre. La balle est restée et je ne sais pas ce qu’elle a fait dedans. Je pense bien à mes parents et à ma petite Margot[1], les reverrais-je, je l’espère si je suis enlevé tout de suite et que je suis opéré sans retard. Je ne suis pas le seul malheureux bien d’autres souffrent aussi. Quelle triste chose que la guerre, chose stupide à mon idéal. J’ai soif, je n’ai rien pris depuis 24 heures, quelles souffrances que la soif, jamais je n’ai souffert autant, j’ai bien du mal à me rhabiller comme il faut enfin, j’y arrive non sans peine. La nuit arrive et je ne vois pas venir les ambulances, Je m’endors dans du foin apporté par un camarade.

 



[1] Il y a dans les photos de Jean RENOUX celle d’une jeune fille prénommée Marguerite. Dans son carnet d’adresse on trouve une Mlle Marguerite DESPRES, chez Madame RAVOIR à Champraudon par Guérigny dans la Nièvre.

07:00 Publié dans Famille, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guerre 14 18

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