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30/07/2014

Le récit de mon Grand père sur le début de la guerre de 14-18

« Un certain Jeudi, le 30 Juillet 1914, alors que nous nous rendions au magasin vers 9H, mon frère Jean acheta son journal en passant près d’un kiosque. Tout en marchant, sur le trottoir, à coté de moi, il ouvrit son journal. Brusquement, il s’arrêta pile: Un titre “Mobilisation générale en RUSSIE”, lui fit comprendre que les événements dont on parlait très peu depuis l’assassinat de l’Archiduc d’AUTRICHE prenaient une tournure dramatique pour nous. Nous n’étions pas préparés du tout à ce qui allait suivre.
Quand je dis “nous”, je veux dire la plupart des gens, car on ne croyait pas du tout à la guerre ; Pourtant, depuis le début du siècle quelques alertes sérieuses auraient pu nous inciter à nous méfier. Il est bien certain que dans les sphères gouvernementales les dirigeants étaient très attentifs.
Nous étions alliés avec la RUSSIE et “l’entente cordiale” régnait entre l’ANGLETERRE et nous (les livres d’histoire relatent cela très bien).
Arrivés au magasin la conversation roule sur cet événement et chacun interpellait son collègue pour lui demander quand il partait. Nous nous attendions à apprendre que la FRANCE, à son tour, prendrait des précautions et mobiliserait son armée. Je savais que mon frère Jean devait partir “immédiatement et sans délai” dès que le jour de la mobilisation serait connu. Nous allions voir notre frère Émile, le soir même, et nous entrâmes rue RAMEAU, attendant la suite des événements.
Ce n’est que le 1er Août à 11H environ, alors que nous étions tous les deux en train de boire notre café dans un petit bar, qu’un client arriva au comptoir et dit au patron “Ce coup-ci ça y est ! Les affiches sont posées au Ministère de la Guerre”. La mobilisation générale étant ainsi fixée au Dimanche 2 Août à 0hoo ; Mon frère devait rejoindre le 165ème Régiment à VERDUN. Comme il était prescrit, sur son fascicule de mobilisation, qu’il devait se procurer une paire de brodequins militaires, qui lui serait remboursée, il s’empressa d’aller au plus près (chez MANDFIELD) et nous allâmes dire “au revoir” à notre frère Émile qui ne partait que quelques jours après à CHALONS SUR MARNE, rejoindre son régiment au 5ème chasseurs à cheval. De son coté mon frère Félix rejoignait le 113ème Régiment à BLOIS. Le Dimanche je partis avec Jean à la gare de l’Est et je fus témoin de l’enthousiasme des réservistes... Quelques jours plus tard, j’en fis autant pour mon frère Émile. J’allais le chercher chez lui, Avenue Victor HUGO. Il était en tenue militaire de l’époque : tunique bleu ciel, pantalon garance, Képi rouge et bleu. Quand il sortit de l’immeuble les passants crièrent “VIVE L’ARMÉE” et mon frère répondit “VIVE LA FRANCE” ! Ces deux cris reflétaient bien le sentiment général du moment, mon frère avait cru devoir faire passer la FRANCE avant 1’ARMEE.
Il avait été bien convenu avec mes frères que je devais retourner chez nos parents mais il me fallait attendre que les trains puissent amener les civils après la mobilisation. Je crois me souvenir que je partis le 19 Août et le voyage PARIS- CLERMONT FERRAND dura une nuit et une partie de la journée.
Enfin, je me retrouvais en famille dans l’angoisse générale de ce qui allait se passer. »

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