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27/06/2014

La Maison mystérieuse

Nous avions rarement l’occasion de pénétrer dans la chambre de mes grands-parents, et lorsque cela se produisait c’était toujours pour assister à quelques choses d’extraordinaires, (pour nous), comme par exemple la pose de ventouses sur le dos de « Popeye " surnom que ses fils avaient donné à mon grand-père.
Ce soir là, l’objet de notre venue et de notre curiosité était un « jouet », du moins c’est ce que je crus d’abord, il s’agissait de la maquette en contre plaqué d’une petite maison presque cubique avec un hangar sur le coté droit et une « véranda » sur la face arrière. Cela ressemblait fort à nos petites fermes en bois qui nous permettaient de jouer aux paysans, avec nos troupeaux de moutons en plastique, nos veaux, vaches, cochons, couvées en même métal, comme dirait mon père.
Je me demandais bien pourquoi nous devions tous nous extasier devant cette maisonnette, et j’attendais le moment où nous pourrions en prendre possession pour nous amuser.
Je fus très désabusé lorsque mon grand-père replaça très religieusement la maquette dans l’armoire normande de sa chambre. Pour nous consoler, il nous montra les emprunts russes, qui avaient l’air d’amuser tout le monde. Je ne pouvais pas savoir que cela représentait toutes les économies que mon arrière-grand-mère avait placées avant la guerre de 1914. Mon grand-père les remis à leur place en disant « On ne sait jamais, les soviétiques finiront bien par respecter les règles internationales ». Je ne comprenais rien à tout cela, pourtant Popeye finira par avoir raison, quinze ans après sa mort, les Russes acceptèrent, en 1998, de rembourser en francs, ce qui avaient été payé en « francs or » près d’un siècle avant. Sans les intérêts, bien sur ! ! !
J’oubliais rapidement les emprunts russes et la maisonnette en carton, retournant à ma vielle ferme qui avait finalement son charme.
Un nom commençait cependant à « traîner » dans les conversations, celui de VILLIERS, qui constituait avec PAULNAY et SAULNAY les « Trois pays du triangle des sorciers » d’après un dicton du BERRY et où reposait « l’Oncle Auguste ». Il était de son vivant sabotier et garde chasse. Deux métiers de fainéant disaient les paysans, ce qui manquait d’indulgence, sinon d’objectivité. On lui reprochait d’être un grand coureur de jupons devant l’éternel ce qui était très exagéré, car sa réputation était telle que ce sont les filles qui lui courraient après. L’oncle Auguste était un homme superbe, de haute taille, et qu’il avait été cuirassier pendant le service militaire. Il faisait aussi fonction de prévôt d’armes, c’est à dire entraîneur d’escrime. Avec ses jolies bacchantes et sa belle prestance, pas étonnant qu’il ait fait des ravages parmi ses contemporaines. Et je n’oublie pas de rappeler qu’en outre il exerçait comme il se doit la sorcellerie, désenvoûteur d’après ses amis, et jeteur de sort pour les mauvaises langues.
Un beau jour de printemps, je devais avoir six ou sept ans, la famille se mit en ordre de marche, comme je vous l’ai déjà décrit par ailleurs : mes grands-parents dans la 4 Cv, nous derrière, Luc entre Jean-Claude et moi dans sa caisse d’Omo, en guise de berceau, une partie des valises solidement fixées sur la galerie du toit, le reste dans la « cinquième roue », sorte de remorque équipée d’une seule roue au centre et attelée de manière rigide au pare-chocs de la voiture. Quant à mes parents, ils suivaient comme d’habitude sur la Vespa.
A la sortie d’une petite agglomération, en direction de MEZIERES en BRENNE, nous stoppâmes devant une maisonnette cachée par des plantes grimpantes. Après quelques minutes je réalisais que je me retrouvais devant la même maison que celle de la maquette, mais en vrai. Elle ne paraissait pas aussi fraîche que son modèle réduit, mais la ressemblance était frappante. Nous étions à VILLIERS.
C’était un petit paradis pour des enfants, dans les grandes herbes qui envahissaient le jardin, Jean-Claude et moi, trouvâmes deux petites huttes, en chaumes. C’était d’anciens poulaillers, une véritable aubaine pour nous de « posséder » ainsi des cabanes toutes faites, et qui nous appartenaient, car, nous avions déjà compris une chose importante, nous étions « chez nous ».
Le hangar qui jouxtait la maison était fait de planches, plus tard, conformément à la maquette, Popeye le remontera en « dur », quant à la véranda, c’était en réalité l’atelier de sabotier de l’oncle, Auguste GEORGET, avec ses outils et des sabots en cours de fabrication, comme si le maître artisan, s’était absenté pour quelques minutes et allait reprendre son ouvrage, après nous avoir accueillis.
J’étais trop jeune à l’époque pour partager l’émotion que devaient ressentir les adultes à cet instant, où tout était figé à la minute où le vieil homme avait fait le malaise qui allait l’emporter, alors qu’il confectionnait sa dernière paire de sabots.740ded60bf184cfdd1815365eb3905e2.jpg
Popeye à sa fenêtre.
Pour la petite histoire, ce minuscule Village fut mêlé à l’Affaire MIS et THIENOT qui défraya la chronique en 1950. Le crime de MÉZIÈRE en BRÊNNE s’est déroulé à moins de huit kilomètres de la maisonnette de la Tante Berthe. Le très douteux et très contreversé principal témoin à charge, logeait à cette époque chez sa mère à VILLIERS, c’était un simple d’esprit que le Patron du Garde Chasse assassiné fit transférer dans ces propriétés du Nord de la France après le procès pour qu’il ne puisse pas être « manipulé » par le comité de soutien.
C’est dans cette maison que mon grand-père se retira lors de sa retraite qui coïncida avec la mort de ma grand-mère. La jolie maquette en bois était leur projet commun, il se retrouva seul pour le réaliser.

19/06/2014

Et hop, un petit zeste d'érotisme

Je crois que je vous ai déjà raconté pourquoi j’avais choisi d’écrire sous le nom d’AKELA. Comment ça NON ? , mais si !!! mais si !!! Cela date de quelques semaines, enfin, comme je suis brave et pour ceux qui auraient oublié ou qui n’ont pas suivi, je vais recommencer, Mon nom de famille vient d'un ancien nom de baptême d'origine germanique, formé de deux mots signifiant conseil et loup.(ou Clan des loups),celui qui appartient au clan, au conseil des loups.
Cette parenté est accentuée par le fait que je suis né dans un village au pied du Mercantour, là où les loups ont choisi de revenir sans l’aide ni l’autorisation de l’homme. Un loup bien éduqué se doit d’avoir un nom, WOLF faisant trop germanique, je me suis octroyé le patronyme du chef de la meute qui recueillit Mowgli dans la livre de la Jungle .Cela peut paraître un peu prétentieux mais en tant que détenteur de la mémoire familiale, gardien du livre des souvenirs reconnu par l’ensemble du Clan des loups, il ne m’a pas parut incorrect de prendre le nom d’AKELA. Car, faut-il vous le préciser, j’ai reçu des mains de mes anciens, les mémoires du Grand-père, ainsi que le carnet de route et les lettres de l’oncle tué pendant la guerre de 1914-1918.
Cela dit, lorsque j’ai choisi d’écrire sous ce nom, j’avais complètement oublié que la chef des cheftaines, quand j’allais aux louveteaux, avait, elle aussi pris le nom d’AKELA, cela m’est revenu plus tard en écrivant les premiers récits sur cette partie de ma vie. Eh oui, quand j’étais un jeune loup, j’allais aux louveteaux, quoi de plus naturel en somme , je dois d’ailleurs à ce passage d’avoir très rapidement eu une crise de « foi » , suivie d’un accès d’anticléricalisme , qui n’a cessé qu’avec le temps, et d’innombrables « injonctions » d’appel intérieur à la tolérance. De temps en temps, par ci par là, quelques propos indigestes d’un pape ou d’un de ses sous papes provoquent une rechute temporaire mais heureusement éphémère.
A Clermont, dans le département de l’Oise, le quartier général des louveteaux se partageait en deux lieux, le premier, l’officiel était le presbytère situé près de l’église, face à une aire de jeu en terre battue, dont on disait qu’elle était autrefois le cimetière, ce qui est probable, et qui doit être aujourd’hui, goudronnée et transformée en parking. Le second, était le magasin « La Hutte » rue de la République, tenu par les parents des cheftaines AKELA et RAKSHA qui nous encadraient, c’est chez eux que nous devions nous fournir en insignes foulards etc.
Mais là, comme d’habitude, je m’éloigne du sujet, et ce serai dommage de vous priver d’un grand moment d’érotisme que, même Clara MORGANE n’a pas su me faire oublier.
AKELA était donc le nom de ma cheftaine, ce n’est d’ailleurs pas du tout original, elles s’appellent toutes ou presque AKELA, c’est même devenu un nom commun, quand des responsables de louveteaux cherchent une animatrice, ils disent « une AKELA » .
C’est tout le paradoxe, de mouvement scout, très impliqué religieusement dans les années 50 , que de donner un nom de « loup mâle » à une jeune femme. Mais ce n’est absolument pas neutre, car AKELA, chez les louveteaux, représente le pouvoir, et la jeune fille qui l’assiste, et qui lui doit donc obéissance, porte le nom de la femelle « RAKSHA ».
Mais où est donc l’érotisme dans tout cela ? Prenez patience, j’y viens.
Une année, notre « meute » organisa un camps d’été en Normandie, où exactement ? Je ne m’en souviens plus, mais nous avions eu l’occasion d’admirer les ruines du « Château Gaillard » juché sur une île de la Seine et de nous rendre dans une piscine pour nous baigner.
2005_Garde_suisse_au_service_du_PapeM.jpgCe jour là, j’ai eu une révélation en regardant notre cheftaine AKELA, parfaitement moulée dans un maillot de bain jaune, je découvrais à sept ou huit ans qu’un corps de femme pouvait être beau, pour la première fois je réalisais qu’il y avait quelque chose de différent entre la gente féminine et nous. Grâce aux louveteaux, je naissais à l’érotisme bien que ce n’était pas l’objectif initial de cette organisation catholique de m’amener à ressentir ce premier émoi charnel. Je ne devais pas être le seul à être sensible aux charmes de « la demoiselle de La Hutte » car peu de temps après elle se mariait en grandes pompes à Paris. Nous fûmes invités ….à la messe. J’en garde cependant un très grand souvenir car pour la première et dernière fois de ma vie je vis des Gardes Suisses en grands uniformes et Hallebardes.
Ils me firent beaucoup moins d’effet que ma cheftaine..

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06/06/2014

Merci Marie !!!!!!! (suite et fin)

Avec la découverte de l'acte de décès de Marie, ma recherche  a pris une dimension plus affective, pour la première fois j‘avais été touchée en prenant connaissance de la vie et de la mort d’une de mes ancêtres. Je me devais donc de valider mon lien de parenté avec elle, et pour cela, je devais mettre des noms sur les grands parents de mon grand père Maurice.

Cette fois ci, ce fut le registre des mariages qui me permis d’avancer, car souviens-toi, j’avais trouvé en 1860 la naissance de deux « Jean » dont les pères respectifs se prénommaient comme de bien entendu tous les deux Jean.

Le premier, né en Juillet avait pour mère Suzanne, et le second natif du mois d’Août, était l’heureux bambin de Françoise.

Mon hypothèse était que l’un des deux papas fut le fils de Marie et le grand père de Maurice. Mais lequel ?

Je n’ai trouvé la trace que d’un seul mariage, celui de Suzanne et de Jean lui-même « fils de ……..Jean, (pour ne pas changer),  et de Marguerite » mais cela n’avait pas d’importance parce que je pouvais en déduire que le fils de Marie était celui qui avait épousé Françoise, et que c’était eux mes ancêtres que je recherchais désespérément, du moins je l’espérais. Il ne resterait plus qu’à faire le lien.

Je décidais de relire une dernière fois le registre des décès de 1885, puisque d’après Maurice, ils seraient morts les 6 et 9 février de cette là, pour la énième fois je consultais la table récapitulative des actes, quand : Miracle !!! Miracle !!!! Dieu soit loué  (pas trop cher, c’est la crise) Merci Saint Bill Gate, gloire à toi aux plus hauts des cieux !!! ILS SONT LÀ !!! Jean, « fils naturel de Marie »  parti le premier, le 6 février, et Françoise son épouse qui l’a suivi le 9 du même mois. TOUT est LÀ !!! L’identité des grands parents de mon grand père et la preuve que Marie, ma petite Marie est bien la maman du grand papé de mon papé.

Mais comment cela est-il possible ? Dix, vingt fois, j’ai ouvert le registre à cette date et je n’ai rien trouvé !!!! Soudain, un petit détail me chiffonne : l’âge des défunts, ils ont tous les deux dix ans de trop !!!! et là : « FIAT LUX !! » « Que la LUMIÈRE SOIT ET LA LUMIÈRE FUT !!!! » j’étais en train de consulter les archives de 1895 !!! Une erreur miraculeuse qui venait corriger une autre plus ancienne, commise par moi-même vingt ans plus tôt. En comparant l’original manuscrit des mémoires de mon grand père, avec le texte dactylographié qui m’avait servi de référence, j’ai pu constater que j’avais commis une faute de frappe confondant 1885 avec 1895.

gauguin_paysannes_bretonne.jpgJe ne savais comment remercier la providence, quand soudain sur mon écran, (ou peut-être dans mon imaginaire) le visage d’une jeune femme m’est apparu.

Alors mon p’tiot ! à présent tu fais moins le malin !! Tu m’as traitée de gamine mais si j’avais pas été là pour te ramener dans le droit chemin, tu serais encore en train de chercher !!!! Ah ces jeunots, ils font les beaux, mais sont aussi bredins que nous à notre époque !!! allez, à bientôt, mais ne soit pas pressé de nous rejoindre, prends ton temps, mon p’tiot ». 

07:00 Publié dans Famille | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : généalogie

02/06/2014

Marie et les fantômes

Je vais finir par croire aux fantômes,

Mais, tu as vu ça ?: Il y a quinze jours je me moquais de mon ancêtre « Le Voyeux » dont je venais tout juste de faire la connaissance, quand d’un coup, ses descendants les plus proches ont surgi du passé pour venir me rappeler que j’étais l’héritier de 223 années de militantisme républicain ! Et qu’eux, au moins, ils avaient pris de vrais risques pour défendre la démocratie.

Et pan sur mon nez.

Ce n’est peut être pas fini, ai-je bien été prudent en parlant de mon ancêtre Marie en l’appelant « la gamine » ? N’aurais-je pas du être un peu plus respectueux envers elle ?  Il est vrai qu’après tout, elle a quand même 134 ans de plus que moi, mais je n’y peux rien, j’ai une tendresse particulière pour elle car….. Mais non, attend ! Je vais te raconter.

généalogieJe préfère reprendre tout par le début, bien que paradoxalement quand tu remontes le temps le début c’est maintenant et la fin, c’est bien avant. Non, je te jure, je ne cherche pas à t’embrouiller.

D’abord, il faut que je te dise que j’avais entendu parler d’elle, il y a bien longtemps, dans un temps où je ne savais pas encore qu’elle se nommait Marie, mon père, un soir, nous avait dit que nous avions eu de la chance, car, parait-il, nous aurions dû nous appeler Mesure.

Je ne rien contre les Mesures, mais finalement je suis bien content d’avoir évité certaines plaisanteries du genre, Monsieur et Madame Mesure ont un fils : Amédée Mesure. Je sais, ce n’est pas à mourir de rire, à chacun ses démesures, moi j’ai dépassé les miennes.

Et tout ça, à cause d’une tri aïeule qui aurait…. mais là je vais un peu trop vite, revenons plutôt à mon grand père Maurice, c’est lui qui m’a laissé un cahier d’écolier sur le quel il a écrit ses mémoires, c’est donc par lui que j’ai su que son père, un dénommé Antoine était originaire de Bourg-Lastic dans le Puy de Dôme, berceau de la famille, puisque les grands parents de Maurice, y reposaient au cimetière du village. Par contre pas le moindre indice sur les prénoms de ces ancêtres auvergnats.

J’ai bien interrogé mon père à ce sujet, mais hélas, sa mémoire vieille de 86 ans commençait à lui faire cruellement défaut et ce fut le cas ce jour là. J’avais de quoi rager, en quelques semaines, j’ai pu remonter la plus part des branches et branchiolles de la famille, généralement au moins jusqu’à la révolution, parfois souvent au-delà du 17ème siècle avec quelques petites pointes dans les années 1500, mais là, sur la branche la plus essentielle, celle du nom de famille, rien, nibe, que dalle, Dégun comme on dit ici, à part que l’Antoine était né vers 1858, je n’avais rien de rien.

Heureusement, comme tu le sais maintenant, sur une autre branche, perchait un « poulet », Joseph le « Voyeux », que je t’ai présenté, la semaine dernière, il fallait bien que je tienne quand même quelque chose de lui, en l’occurrence ce fut de son flair de policier.

Finalement c’est grâce à cela, qu’au détour d’une page d’un registre d’état civil, j’ai rencontré Marie.

 

A suivre……

08:00 Publié dans Famille | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : généalogie