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24/01/2014

Tombe la neige

Ah la neige !!! Ça y est le pays est paralysé, les cars scolaires sont immobilisés et les internats renvoient les élèves dans leur foyer !!! Quelle douce époque ! Ah, si seulement cela avait été comme ça en 1960, si à chaque fois qu’un peu de neige avait blanchi la cour de récré du lycée, on nous avait renvoyé à la maison, nous qui ne sortions que tous les quinze jours, quand nous n’étions pas collés bien sûr !!!

Allez, je vais me fendre d’une rediffusion (partielle) Comment ça, Je pourrais écrire un nouvel article ? EH, il neige !!!!!!!! Je veux retourner sous ma couette moi !!!!

 

« Les jeux idiots et dangereux dans les cours de récré ne datent pas d’hier, chaque fois que je lis dans le journal le récit d’un accident survenant dans un collège, je me remémore nos « temps libres » au lycée de Saint Flour en 1961. Ils se limitaient à la cour de récréation des garçons, située à l’arrière de l’établissement, cet espace n’était pas très large, impossible d’imaginer y jouer au foot, les billes et la pelote étaient nos seuls jeux. Bien sûr il n’y avait pas de télévision ni même d’activité culturelle.
Quel que soit le temps, nous devions rester à l’extérieur pendant les heures de récré, le préau était à peine assez grand pour nous accueillir les jours de pluie. Les seules exceptions à cette règle étaient accordées pendant les tempêtes de neige, mais dès que le dernier flocon était tombé, nous sortions patauger dans dix, vingt, voir quarante centimètres de bonne poudreuse. Le thermomètre à moins dix n’était pas une excuse valable pour rester en salle d’étude y compris les jours ou le blizzard glacé et pénétrant venait s’ajouter aux rigueurs du climat.
Nous avions nos jeux qui devaient nous permettre de nous réchauffer, le « Moulon » était le plus simple d’entre eux, quelqu’un se coinçait dans l’angle du préau et criait « Moulon ! ! ! ! », Aussitôt les autres venaient se coller contre lui comme un essaim d’abeilles, il fallait faire en sorte de ne pas rester à l’extérieur afin d’être protégé du froid, pour les petits dont j’étais, il fallait veiller à se trouver entouré de garçons de la même taille que soi, afin de ne pas être étouffé par les plus grands.
Il y avait aussi la « chenille », nous nous divisions en deux équipes, le chef de la première se mettait contre un mur, son second s’inclinait devant lui, comme à saute mouton en mettant sa tête contre le ventre du premier et en le tenant solidement par la taille. Le troisième venait placer sa tête entre les jambes du second, et ainsi de suite tant qu’il y a des équipiers. Une fois la chenille en place, les membres de l’équipe opposée sautaient les uns après les autres sur le dos de la chenille en prenant appui sur le dernier élément, tout en cherchant à s’approcher le plus près possible de l’autre extrémité. En retombant, les joueurs essayaient d’écraser leurs adversaires de tout leur poids. Lorsque tous les équipiers de retrouvaient à cheval sur le dos de la première équipe, ils s’agitaient dans tous les sens pour faire écrouler l’ensemble. Il n’était pas rare, qu’un grand en passant devant une chenille ne s’invite à la fête et nous écrasât de tout son poids. Comment se fait-il qu’aucun d’entre nous n’a eu la colonne brisée ? Sûrement un miracle !
La « glissade » était réservée aux jours de neige, nous prenions notre élan et nous glissions sur quelques mètres dans la poudreuse qui se transformait rapidement en glace. Nous allions ainsi de plus en plus vite et de plus en plus loin, la piste s’agrandissant rapidement.

 

 
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Lycée de Saint Flour 1961.

 


Tous ces jeux étaient bien entendu rigoureusement interdits, mais comme le bizutage, ils faisaient partie des « traditions » que les élèves respectaient scrupuleusement. Les pions fermaient les yeux et n’hésitaient pas parfois à participer aux « glissades ». Le censeur craignait particulièrement cette dernière activité qui engageait sa responsabilité, il nous fallait toujours prévoir un « guetteur » à la porte de la cour afin de faire le « teusse » (il toussait bruyamment à l’arrivée du censeur).
Nos patinoires ne duraient pas très longtemps, la main perfide du concierge, guidée par le bras rageur du censeur, répandait du gros sel sur nos plus belles pistes et nous devions attendre la prochaine chute de neige pour recommencer »

 

17/01/2014

Le "P'tit" Loup, le gâteau et le Général

 

 

Il faut que je te raconte cette histoire dont je suis (très modestement) l'un des héros avec deux grands personnages.

 

 J’étais encore un tout petit louveteau d’à peine deux ans, un petit peu indiscipliné et pas craintif pour deux sous (de l’époque). Ah oui, parce qu’il faut que je dise que cette scène d’une incroyable intensité a eu lieu fin 1950 début 1951. Je n’avais qu’une idée en tête : me distinguer, et ce jour là, l’occasion fut trop bonne. Mais avant, il faut que je te parle de mon grand-père, je sais que je l’ai déjà fait, mais c’est mon blog, j’écris ce que je veux na !!! (N’oublie pas que je n’ai que deux ans)

 

 

Mon pépé Maurice, en 1914, partit pour Paris, il avait seize ans, et il avait quitté Clermont-Ferrand et ses parents pour aller rejoindre dans la capitale ses trois frères aînés, qui, comme lui n’étaient pas venu chercher spécialement fortune, juste la possibilité de subvenir à leurs besoins en attendant mieux. Il avait trouvé une place de commis chez un marchand de dentelle et il courait de maison de couture en maison de couture, placer sa marchandise.

Ses grands frères veillaient sur lui, mais, comme tu le sais, le 1er Août , ce fut la mobilisation générale, et le pauvre Maurice se retrouva bien seul quand ses aînés partirent se faire saigner sur le front. Comme tous les jeunes de l’époque, il avait été élevé dans le culte de la revanche, ainsi, à dis sept ans, il devança l’appel. Comme il avait du caractère il fit le peloton et des Flandres à la Somme, il trouva le moyen de se faire estropier comme les autres avant d’être démobilisé en 1919, couvert de cicatrices, de citations et des médailles qui vont avec.

Revenu à la vie civile, il suivit néanmoins des cours pour les sous officiers de réserve, et se trouva ainsi mobilisé en 1938, lors de la crise de Munich, responsable de l’aménagement d’un terrain d’aviation qui ne vit jamais aucun avion puisque l’ami Daladier avait déposé sa culotte au nom de la France devant le führer.

Une loi de dernière heure concernant les pères de famille nombreuse  le dispensa de participer (militairement) à la débâcle, bien qu’il fut aux premières loges, ayant été muté comme fonctionnaire à l’endroit précis où les allemands percèrent le front dans les Ardennes. Il n’abandonna son poste que lorsque les Panzers pointèrent leurs museaux au bout de sa rue. Son administration lui ordonna de se replier vers d’autres centres. Mais à peine arrivé dans une ville qu’il lui était demandé de repartir. Il en était de même pour ma grand-mère qui était receveuse des postes, seul problème, on les envoya dans des directions différentes, Ma mémée « Dédée » en Bretagne, et Maurice à Bordeaux en passant par Saint Lô, où il tenta vainement d’embarquer pour rejoindre De Gaulle à Londres. De retour chez eux, mon grand père alla rechercher dans les bois les équipements et les armes abandonnés par l’armée française avant que les allemands ne le fassent, Chef de groupe dans la résistance, il participa aux actions destinées à bloquer les troupes allemandes au moment du débarquement, puis rejoignant l’armée régulière avec le grade de Lieutenant (faisant office de capitaine) il se retrouva en première ligne (avec ses fils) quand les nazis lancèrent leur contre offensive dans les Ardennes. Il finira la guerre sur la poche de saint Nazaire, (dernière place forte des allemands sur le territoire français) qui ne capitula que ……..le 9 Mai (le lendemain du cessez le feu !!) .

Donc, tu l’auras compris, mon Maurice méritait bien la légion d’honneur, ce qui fut fait en décembre 1950. Une belle cérémonie fut organisée, et pour décorer notre héro il en fallait un autre, ce fut le général Ernest PETIT (1888-1971), célèbre en son temps, ancien chef d’état major du Général de Gaulle à Londres, initiateur de la prestigieuse escadrille Normandie- Niémen, (excusé du peu)  qui fut chargé de lui remettre sa décoration au cours d’une cérémonie avec tout le tralala et tout le tsoin-tsoin.. Général Petit.jpg

Le général PETIT à Moscou pendant la guerre.

 

 

 

ET J’Y ETAIS !!! , je ne m’en souviens plus, mais j’y étais !!! Même qu’au moment où le gégène décorait mon grand père, j’ai réussi à échapper à mes parents afin de rejoindre mon « Popeye » comme on l’appelait. Et je me suis jeté dans ses bras. Le général, bon enfant, demanda en me faisant des risettes, comment je m’appelais. Pour toute réponse, je lui « fourrais » dans la bouche le biscuit que j’étais entrain de mâchouiller. Le général l’avala et dit « Plus tard tu pourras dire que tu as partagé la gamelle du général Petit ».

« ♫ papapapam  ♫ pampam ♪ pam pam ♪♫…. qu’un sang impur….. ♫ …nos sillons ♫ …pampampam ♪ ♫ ». Fermez le ban !!!!!

 

13/01/2014

C’est arrivé un 13 janvier, un jeudi, je m’en souviens très bien, j’y étais !.

 

C’est arrivé un 13 janvier, un jeudi, je m’en souviens très bien, j’y étais !.

 

Le soleil avait bien du mal à descendre au fond de la profonde et étroite vallée du Var, là où se niche PUGET THÉNIERS, péniblement il parvenait, quelques heures par jour à lécher, les toits du petit village. Il aurait bien voulu se faufiler parmi les étroites ruelles, mais il lui fallait déjà se retirer, sans avoir pu pénétrer au cœur des vieilles maisons de galets. Autant dire, qu’en ce glacial début d’année 1949, si l’air était sec et sain, c’est parce que l’humidité s’était transformée en une solide couche de verglas et de givre. L’ancienne sous préfecture des Alpes Maritimes, (l’une des plus petite de France), grelottait.

L’Action Enchaînée, le bronze de Maillol, objet de scandale, qui trône, dénudée, sur la placette en l’honneur d’Auguste Blanqui, l’enfant du pays, ne devait pas avoir chaud aux fesses.

L’évènement eu lieu vers 14 heures dix, j’ai ouvert un œil, puis le deuxième, et j’ai aperçu en face de moi Léontine, ma grand-mère, affectueusement surnommée « Mémé Puget ». Elle m’a souri, l’air soulagé, et a dit ces deux mots qui m’intriguèrent tant pendant des années : « Vé Lou ! ». J’eus beau « espincher » de tous les cotés, je ne vis aucune bestiole autour de moi, surtout pas de loup, à l’époque ils n’étaient pas encore revenus dans le massif du Mercantour. A part moi, bien entendu, ce qui me permis de penser qu’elle s’adressait à ma petite personne.

Je constatais seulement que j’étais dans la salle à manger de ma grand-mère, et que ça tombait bien, car j’avais une petite faim. J’ai poussé un grand cri, qui voulait dire « A table », mais « ils » n’ont pas compris, « Ils » étaient cependant ravis, c’est donc que tout allait bien, j’avais tout ce qui fallait pour réussir dans la vie, dix doigts harmonieusement répartis sur les deux mains, des yeux (une paire), des orteils, et même de quoi aller, plus tard, faire pipi debout.
Dehors le crieur public ne jugea pas utile de prendre froid pour annoncer ma naissance, Dommage, qui sait ? Une semaine après l’épiphanie les rois mages auraient peut-être eu le temps de venir me voir, l’encens et la myrte, à la rigueur je les aurais acceptés pour leur faire plaisir, par contre quelques pièces d’or n’auraient pas été de refus, c’était la galère à cette époque, et mon père a du ramer un sacré bout de temps avant d’atteindre le rivage.
Comment ? Vous voulez la photo ? Mais Madame, nous n’avions pas les moyens, heureusement que mon père savait dessiner

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10/01/2014

Le Trou du Taureau (suite)

Ah te voilà, je commençais à croire que tu m’avais posé un lapin. Comment ça ?, mais non, ça ne me dérange pas que ton beau-frère vienne écouter la suite , à condition bien sûr qu’il paye les consos, hé hé !! Pour une fois qu’on peu faire casquer un parisien, comment ? Il est lyonnais ? , pas grave c’est pareil.  En tout cas, s’il veut suivre mon récit, il va devoir revenir en arrière et lire la première partie de l’histoire du « Trou du Taureau ».

A propos de taureau, il faut que je lui explique quelques petits trucs sur les abrivados à ton beauf, parce que ça a une certaine importance dans ce qui va suivre, je ne veux pas être passéiste, mais il est quand même nécessaire que je te rappelle, qu’avant, nous ne disposions pas de « barrières beaucairoises »barrière.jpg sensées préserver les spectateurs pendant les manifestations taurines, je dis sensées, parce que ma Dame Zette s’est retrouvée à l’hôpital alors qu’elle croyait être sagement à l’abri derrière l’une d’elle, mais c’est une autre histoire que je te raconterai une autre fois.

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(Barrières beaucairoises)

 

Pour sécuriser les parcours, on bloquait les rues adjacentes avec des camions de la mairie, des remorques, des barricades faites de palettes, et il n’y avait aucun abri aménagé. Quand les taureaux étaient lâchés, il fallait grimper aux arbres, aux fenêtres ou sur les voitures, si quelque malheureux avait oublié d’enlever la sienne.

 

(Le Boulevard Gambetta)

DSCN5830.JPGQuand aux « attrapaïres », tous les coups leur étaient permis , y compris de faire entrer le taureau qu’ils avaient capturé dans les bistrots ou dans les couloirs des maisons d’habitations. Bon, quand c’était dans le café qui abritait le siège du club taurin, ça pouvait être rigolo, maintenant, pour ceux qui logeaient au rez de chaussé et qui retrouvaient un « biou » dans leur salle à manger, ça l’était déjà moins, Mais le comble de la connerie (si ça peut exister) pour certain énergumènes c’était de faire sortir le taureau du circuit de l’abrivado et de le lâcher en pleine ville , là où passants et touristes se promenaient tranquillement, à mille lieux d’imaginer qu’ils allaient se retrouver face à un taureau de Camargue en totale liberté.

 

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(Entrée du passage marchand coté Bd Gambetta)

Attend, j’ai soif, demande à ton beauf de remettre une tournée, je commence à avoir le gosier comme du parchemin. Où j’en étais déjà ? Ah oui, ça y est le décor est planté, donc, cette année là, pour la fête votive, il avait une abrivado d’organisée sur le boulevard, ici même devant nous, et ce soir là, quelques abrutis bien empastisés, ne trouvèrent rien de mieux que d’ouvrir la barricade en palette qui fermait le passage marchand qui se trouve juste en face et d’y relâcher le taureau qu’ils venaient d’attraper.

A l’autre extrémité de la ruelle venait de s’engager une jeune femme, que je nommerai Camille (où Dominique, c’est au choix). Elle flânait sereinement quand soudain elle vit débouler la bête face à elle. Prise de panique, elle se mit à courir, elle aperçu les rambardes de protection de la terrasse en sous sol  du Bar Glacier, sans hésiter elle sauta par-dessus, suivi par le taureau avec qui elle se retrouva trois mètres plus bas.

 

(Le passage avec, marqué en rouge, l’emplacement du trou du taureau)

DSCN5832 03.jpgDans leur chute ont-ils arraché les câbles de l’éclairage provisoire du passage ? Toujours utile qu’à cet instant même la ruelle fut plongée dans l’obscurité la plus complète.

Tu imagines la panique !!, seule certitude, Camille était toujours en vie, Elle hurlait de toutes ses forces,  elle hurlait de douleur,  elle hurlait de terreur, le « biou »  à quelques centimètres d’elle, Les premiers témoins ne disposant pas de lampes électriques essayèrent d’éclairer la scène à la lueur des briquets, en vain. Enfin quelqu’un amena une torche, au fond du trou Camille gisait dans une marre de sang, incapable de se déplacer, les deux bras et les deux jambes brisés, quand au taureau il était couché à coté d’elle, inerte. Un sauveteur réussi à descendre, et première bonne nouvelle, le taureau n’était plus un problème, il était mort le cou brisé par sa chute et vidé de son sang par une hémorragie.

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(Sortie du passage coté Place aux Herbes)

Les pompiers durent se faire ouvrir l’établissement en chantier pour pouvoir évacuer Camille, pendant plusieurs semaines elle fut totalement immobilisée sur un lit d’hôpital, complètement dépendante, incapable d’effectuer le moindre geste de la vie quotidienne et de se suffire à elle-même, Il lui fallut plusieurs mois de convalescence et de rééducation avant de reprendre son travail.

DSCN5834.JPGPendant ce temps là, les uzétiens qui empruntaient le passage marchand ne pouvaient s’empêcher de jeter un œil dans ce qui était devenu « Le trou du Taureau » au fond duquel une tache de sang brunâtre subsistât fort longtemps. La Direction du bar glacier renonçât à son idée de terrasse en sous sol et de grands baies vitrées opaques remplacèrent la rambarde.

 

Quand à Camille, ce fut l’assurance du comité des fêtes qui régla l’addition, elle toucha des indemnités de dommages et intérêts qui lui permirent d’acheter un petit appartement à Uzès.

Sûr qu’elle aurait préféré gagner au Loto.

 

 

03/01/2014

Le Trou du Taureau (1ère Partie)

Si vous demandez à un uzétien de vous parler du trou du taureau, adressez vous au minimum à un bon quinquagénaire, parce que l’histoire que je vais vous relater remonte au début des années 80, peut-être même à la fin des seventies. Seuls les plus de cinquante ans pourront l’évoquer avec vous, mais personne ne pourra vous le montrer, le bâtiment qui l’abritait a été ré agencé, et le trou du taureau est redevenu une cave, ce qui était sa vocation  première. 

Maintenant, vous me connaissez, vous vous doutez bien que je vais prendre quelques chemins de traverse pour aborder les évènement que je vais vous conter, mais cette fois, je n’ai pas d’autre choix, car pour bien comprendre le récit qui va suivre, il va me falloir planter le décor et le resituer dans son contexte.

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(A la demande Générale de Colapat, je glisse une photo de la place de la république, dite place aux herbes ou place du marché, vous pouvez admirer au centre la magnifique colonne à déchets qui orne de si belle et élégante façon ce haut lieu touristique, vous avez de la chance,  vous n'avez pas les odeurs qui vont avec et aujourd'hui, elle ne débordait pas)

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Nous allons prendre tout notre temps, tiens, (tu permets que je te tutoie ?), nous allons nous installer confortablement à la terrasse du café de la bourse, juste en face du passage qui relie le boulevard Gambetta à la place aux herbes, ça tombe bien (si j’ose dire, mais tu comprendras plus tard) .Et maintenant, fais un effort d’imagination, rappelles toi Uzès, cette ville en ruine, qui grâce à la loi Malraux, va devenir un bijou au cœur de la Garrigue Gardoise. Souviens toi de sa place aux herbes dévastée, des maisons effondrées avec leurs occupants ensevelis sous les gravats, de ces hôtels particuliers que l’on pouvait acheter pour une bouchée de pain, remémore-toi, ce centre ville populaire, pleins de petits commences, des joueurs de boules sur la place du marché, oui, souviens toi d’Uzès avant que le fric n’en chasse ses habitants.

En 1977 j’ai été élu conseiller municipal par le plus grand des hasards (un candidat venait de se désister au moment du dépôt des listes, j’étais là, quelqu’un m’a dit « vas-y, tant pis si t’es battu, mais il faut qu’on soit au complet» , je n’ai pas eu le temps de réaliser, personne ne me connaissait, j’étais uzétien depuis moins d’un an, c’est peut-être pour ça que je n’ai pas été rayé , et que le soir du dépouillement je signais , sans le savoir, pour trois mandats électoraux consécutifs),

Comment ? Quel rapport avec le trou du taureau ? Mais laisse-moi terminer, bois ton sirop et écoute-moi.

Juste en face de nous, il y avait un bureau de tabac, et derrière lui, un îlot de maisons en ruine, c’était totalement insalubre, les égouts étaient à ciel ouvert , noyant les caves et les sous sol dans un cloaque absolument dégoûtant. Ce fut là que les tous nouveaux conseillers furent conduits par les anciens pour qu’ils comprennent l’importante de la restauration de la ville, c’est aussi là que, perchés sur des murs lépreux, on nous expliqua le projet du percement d’un passage qui relierait la place aux herbes au Boulevard Gambetta. Passage que tu as aujourd’hui sous tes yeux, et qui, à son débouché sur la place, devait accueillir un bar glacier, avec, comme originalité une terrasse en sous sol, d’où les consom-mateurs, en levant les yeux pourraient mater heu, pardon, pourraient admirer les jambes gracieuses et magnifiquement galbées des jolies touristes qui emprunteraient le passage.

Au moment où se situe notre histoire, le gros œuvre était terminé, le passage était ouvert au public, mais le bar glacier, n’était pas encore aménagé, des rambardes protégeaient la fameuse terrasse en sous sol dont l’accès se faisait de l’intérieur de l’établissement.

Mais excuse-moi, c’est l’heure d’aller chercher Janou Grain de Sel à l’école, nous reprendrons cette conversation plus tard, dans deux ou trois jours, même lieu, même heure.

Allez salut à bientôt.