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21/03/2014

Vive la course à pied !!!!

Tu as vu ? C’est le printemps, tout le monde se met au sport, pour les uns le tennis, pour les autres l’athlétisme, et dans six semaines nous aurons droit au tour de France. Tout cela me rappelle de bien beaux souvenirs, car si, nous les loups, ne sommes pas spécialement doués pour le sprint, nous sommes par contre très résistants, et tout à fait capable de parcourir de longues distances en une seule nuit. La meilleure preuve, en avril 1968, j’ai remporté le 3000 mètres sénior des championnats scolaires Drôme Ardèche par équipe. Ça t’en bouche un coin, pas vrai ?

Dit comme cela, ça peut avoir de l’allure, mais, malheureusement, par soucis d’honnêteté, je me dois de rétablir la vérité.

En ce temps là mon oncle Pierre était prof de gym au lycée de garçons d’Aubenas, il entraînait le mercredi après midi une équipe d’athlétisme, ce qui lui avait valu l’honneur d’organiser le championnat scolaire Drôme Ardèche par équipe, Ce qui était le cadet de mes soucis. Bien qu’interne, je n’avais plus besoin de prétexter une activité sportive, ni de vagues soins dentaires pour obtenir l’autorisation d’aller en ville : J’avais un « correspondant » !!! Et cela suffisait.

J’avais dix neuf ans, l’insolence de l’âge, et une réputation de faussaire hors pair que je n’ai pas tout à fait perdue depuis. Le tout accompagné d’une forte dose de provocation purement gratuite. Par exemple, chaque fois que nous sortions, nous devions faire signer notre carte par notre correspondant, notre surveillant général y veillait comme à la prunelle de ses yeux, lesquels s’écarquillèrent au plus haut point le jour où il constata que la carte était signée « Pompidou » depuis plusieurs semaines.

Le brave homme essaya de le prendre avec humour,

« Ainsi, c’est notre premier ministre votre correspondant ? »

« Oui monsieur, si vous ne me croyez pas, téléphonez lui »

« A partir de ce jour, je veux voir sur ce carton, la signature qui figure dans nos dossiers »

« Pas de problème, Monsieur, c’est la mienne ».

 

Je fus dispensé dès la semaine suivante de mon petit carton de correspondance.

Tout cela pour te dire que je ne glandais rien, si ce n’est que je tournais, tous les mercredi, comme un loup affamé du coté du lycée de jeune fille, au grand désespoir de mon oncle qui avait la lourde tache d’avoir un œil sur moi.

 

course à pied

 

Ce jour là, je déambulais dans les rue d’Aubenas, tranquille comme Baptiste, quand le Tonton, vint à passer dans sa voiture. Dès qu’il me vit, il me fit des grands signes, pensant que je cherchais aventure, il me tint à peu près ce langage.

« Si t’as rien de mieux à faire, vas chercher tes affaires de sport, j’ai besoin d’un sénior pour courir le 3000 mètres cet après midi »

« Que nenni, mon oncle, j’avais justement prévu quelques conneries à perpétrer et … »

« Monte !!! »

Si tu le connaissais, tu saurais que même maintenant, à quatre vingt sept ans, il ne vaut mieux pas le contrarier. C’est comme ça, que je me suis retrouvé en short, sur la piste du stade de Pont d’Aubenas, au départ d’un 3000 mètres dont j’étais …..le seul concurrent  !!!  Les autres établissements n’avaient trouvé personne, ce qui faisait les affaires de mon oncle qui avait ainsi l’occasion de vaincre sans péril et de marquer quelques points de plus pour son lycée.

« Pour d’aider, je vais demander à mes petits cadets de se relayer à chacun des huit tours et demi que tu auras à faire, ils te serviront de lièvres »

Tu parles !!!! Les petits cons !!! Pas une once de considération pour leur aîné, le premier est parti comme un fou, , et moi de crier «  hé, c’est un trois mille, pas un quatre cent !! »

Rien à y faire , j’arrive tant bien que mal à finir mon premier tour dans son sillage, en espérant que….. Nib !!! le second part aussi vite que l’autre, je lui concède une trentaine de mètres, j’ose un instant croire qu’il va comprendre qu’il ne me sert plus à rien à cette distance, mais non, mon gaillard court plus vite qu’un DSK après une femme de chambre, et ainsi de suite, j’ai beau gueuler, ça n’a  pour seul effet que d’entendre mon oncle crier « garde ton souffle, tu vas en avoir besoin »

Bref, j’ai terminé à pied complètement vidé. (Tu me diras qu’en principe, ça aurait été surprenant que j’achève mon parcours en vélo).

Et j’entendrai toujours mon oncle dire, «  tu n’étais pas loin du record de France du …..5000 mètres !!!!

Mais c’est grâce à cela que j’ai eu mon nom dans le Dauphiné Libéré, comme vainqueur une épreuve sportive. Seul le « chrono » ne figurait pas sur le journal, à la demande du tonton qui ne voulait pas être la risée de ses collègues car nous portons les mêmes noms et prénom. Il avait peur de la confusion.

 

Ceci dit quelle idée de faire courir un loup après « un lièvre », ça aurait une « petite bergère, » je n’aurai pas dit……

 

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