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16/01/2015

La Distribution des prix au lycée de saint Flour

Ça fait quelques semaines que je ne vous ai pas cassé les oreilles avec mes histoires de Lycée, il est donc grand temps que je vous fasse une piqûre de rappel, car sans cela vous allez vous désensibiliser et vous risquerez un bel œdème de Quick lorsque je vous narrerai de nouveau mes souvenirs des années 1960. Vous noterez au passage que je m’acharne sur ce malheureux lycée d’état de Saint Flour aujourd’hui disparu.

Je ne sais pas si vous avez tous vécu cela, mais en ce temps là, il existait une « coutume » fortement haïe des cancres de mon genre mais adulée par les forts en thème (c’est le cas de le dire) et leur parents. Afin d’y assister je vous invite à vous projeter près de cinquante ans en arrière en 1961, à la cérémonie de la Distribution des prix.
Elle s’est tenue le dernier de l’année scolaire et devait « sanctionner » notre glorieux et brillant travail de lycéens fiers de nos colonies et près à se sacrifier pour sauver l’Algérie qui restera, c’est une certitude, partie intégrante de la mère patrie.
Heu, enfin, en ce qui me concerne, vu que j’étais issu d’une famille d’opposants à la guerre et que même mon tonton Pierre, ben, il avait été en prison pour avoir bloqué des trains de réservistes, j’espérais qu’il en serait autrement et que l’avenir nous donnerait raison. En tout cas, question avenir nul besoin de boule de cristal pour savoir que le mien ne croulerait pas sous le poids des récompenses. , mais pour une fois j’avais une bonne excuse/ J’étais arrivé à Saint Flour après les vacances de Noël, je ne pouvais pas espérer un premier ou second prix qui récompensaient les classements sur l’ensemble de l’année, par contre j’obtins un accessit d’honneur.

La cérémonie eu lieu au théâtre municipal de Saint Flour, juste derrière le lycée. Tous les parents étaient là, les professeurs trônaient sur l’estrade, revêtus de leur robe noire, comme les avocats. Monsieur CHEVALEYRE, le principal, fit un grand discours, puis classe après classe, ce fut la remise des récompenses, d’abord les prix d’excellence, puis, matière par matière, les premiers, et les seconds prix, ensuite les accessits dans le même ordre. Ça pris un certain temps ! ! ! !, Je reçus une brochure sur les merveilles naturelles aux États Unis. Après cela, les familles invitèrent au café le prof principal de leur petit génie, et commencèrent à tirer des plans sur la comète avec eux, c’est formidable à quels brillants avenir nous étions tous promis ! ! !. Même le censeur ne tarissait pas d’éloge sur ma petite personne, j’en conclus que s’il me collait aussi souvent, c’était vraisemblablement parce qu’il ne pouvait se passer de moi le Week-End.
Une fois rentré à la maison je croyais naïvement être en vacances et en avoir fini avec les cours, Erreur, grosse Erreur, mes parents avaient eu l’idée, de peur que je m’ennuis, de m’inscrire à l’école primaire de Saint ALBAN qui fermait quinze jours après le lycée, je me retrouvais donc en Cours Supérieur dans la classe de Monsieur Théo ROBERT avec mon frère Jean Claude.
A la fin de la cinquième un modeste accessit me valut une revue de quelques pages et en quatrième, je fus épargné de l’effort de monter sur l’estrade me contentant de la simple satisfaction d’être arrivé à obtenir de justesse mon passage en troisième, à condition que je passe en section moderne et que j’abandonne définitivement l’illusion de devenir un grand latiniste.
Je revendis avec un immense plaisir mon GAFFIOT, dictionnaire de latin fort encombrant mais très utile pour traduire la guerre des Gaules.

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