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25.10.2008
Fous de tous les pays unissez-vous !!!
J'ai recherché sur Google Earth l'emplacement du cimetère des fous que j'évoque dans la note précédente, j'ai découvert que la nécropole avait disparue remplacer par un jardin des souvenirs.
Les croix de bois ont disparues remplacées par une stèle , seules des croix de pierre demeurent , celles de religieuses, une de ces croix à sa plaque émaillée, les fous ont été chassés de leur propre cimetière!!!!
Peut-être dois-je m'estimer privilégié de l'avoir vu tel que Paul ELUARD l'a chanté.
23:00 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : cimetière des fous
22.10.2008
Le cimetière des fous
Longer par une nuit d’hiver un cimetière isolé, sur le chemin qui relie le village au hameau où l’on réside, là précisément où errait la bête du Gévaudan deux siècles auparavant ce n’est pas très rassurant, même pour deux jeunes loups en pleine adolescence sensés être téméraires et inconscients. Jean-Claude et moi n’avions guère le choix, les distractions étaient rares, l’unique poste de télévision se trouvait au foyer de l’hôpital psychiatrique de Saint Alban, perché sur la colline, le seul endroit en ce pays d’où il était possible, grâce à une antenne fixée sur un très long mat de capter les signaux hertziens en ce début de l’année 1963.
Comme beaucoup, nous nous mêlions de temps en temps aux patients autorisés certains soirs à regarder le programme de la RTF, sous l’œil vigilant des infirmiers qui les accompagnaient. Parfois, dans cette même salle nous assistions à la projection d’un film, le seul cinéma du village était celui du « curé » et nous nous faisions un devoir de ne pas lui offrir notre clientèle.
Bien sûr nous aurions pu rester au chaud chez nous, afin de profiter de la présence de nos parents que nous ne voyions que toutes les deux semaines lorsque nous avions la chance de ne pas être collés. Ils nous auraient certainement parlé de ……leur boulot, leur boulot et encore de leur boulot. Car je dois vous dire que Jean Claude n’était pas la seule personne avec qui je partageais les joies des repas en famille les dimanches de sortie. Mes parents, estimant probablement que quelques heures tous les quinze jours suffisaient largement pour s’occuper de nous, faisaient du zèle, ne différenciant plus leur vie professionnelle de la vie familiale, ils invitaient régulièrement des patients de l’hôpital psychiatrique à la table familiale, pas n’importe lesquels cependant. A cette époque Saint ALBAN n’accueillait pas que des personnes du cru, Il en venait de toute la France, en particulier issu d’un certain milieu social. Beaucoup de fils de…. Entre autre celui d’un prix NOBEL, La Lozère était Terre d’exil pour les grands psychotiques bannis de leur famille fortunée. Certains patients avaient même fait des études assez poussées, médecine ou fac de droit. Et pendant que « nous » parlions de leurs multiples problèmes et de leur incertain avenir, nos parents évitaient soigneusement de s’intéresser aux nôtres.
Sur le chemin du retour, en longeant le mur de « l’asile » nous nous racontions nos faux exploits, nos rêves illusoires, le pantalon de « Johnny » que voulait Jean-Claude, la mobylette que nous n’aurions pas, et puis il y avait les filles, vous savez ces êtres bizarres qui nous fascinaient déjà mais dont nous ne savions rien d’autre que ce que nos collègues de lycéens croyaient connaître et qu’ils nous relataient dans un coin de la cour de récré. Et puis passé les derniers bâtiments, loin des dernières maisons habitées il y avait le cimetière, celui que chanta le poète ELUARD, « Le Cimetière des FOUS ».

Je dois dire que la première fois que je l’ai vu, je n’y avais pas prêté attention, je croyais qu’il s’agissait de celui du village, ce n’est que plus tard que je fus intrigué par le fait que toutes les tombes étaient semblables, simples croix de bois sur lesquelles ne figurait aucun nom, juste un nombre, un matricule. Il y avait quelques exceptions, généralement accolées au mur d’enceinte des croix portaient une plaque émaillée. C’était les sépultures des religieuses qui géraient le service des femmes.
Parias parmi les parias, les « fous » étaient rejetés du monde des humains jusque dans la mort, la honte qu’ils jetaient sur leur famille méritait cet indigne anonymat. Le sort de leurs dépouilles était comparable à celui des condamnés à mort qui reposent dans le carré des suppliciés des cimetières de nos préfectures. Maigre consolation, eux avaient quand même droit à une croix. Cette « cruauté » rendait le lieu encore plus beau par la simplicité des deux ou trois cents tombes alignées sous de grands cyprès. J’ai de suite été très mal à l’aise vis-à-vis de la présence des tombes des religieuses, je ne pouvais pas entendre le message que cela sous-tendait « Seigneur, nous avons fait vœux d’humilité, nous désirons reposer auprès des malheureux dont nous nous occupions ». J’y ai lu au contraire la manifestation du péché d’orgueil : « Seigneur voyez comme nous sommes humbles, nous nous sacrifions jusqu’après notre mort, nous méritons largement Seigneurs que vous nous ouvriez les portes du Paradis, nous l’avons bien mérité ». Vos tombes, Mesdames, auraient du être aussi anonymes que celles des patients pour je puisse croire à votre sincérité, car Dieu, s’il existe n’a pas besoin de panneau indicateur émaillé pour trouver votre dernière demeure.
Par ces froides nuits d’hiver, lorsque nous nous arrêtions avec Jean-Claude, le long de la nécropole, nous regardions par-dessus de mur, dans le vain espoir d’y apercevoir un feu follet.
Il y a vingt ans, je suis retourné à saint ALBAN et je suis allé voir le cimetière, les cyprès avaient été abattu et il paraissait saccagé, abandonné, il avait perdu sa beauté « fantasmatique », il était devenu lugubrement sinistre. Quand est-il aujourd’hui ? Je ne sais, il ne me reste que le poème de Paul ELUARD, qui pendant la guerre trouva refuge au milieu des malades de l’hôpital pour échapper à la Gestapo.
« Le cimetière des fous »
Ce cimetière enfanté par la lune
Entre deux vagues de ciel noir
Ce cimetière archipel de mémoire
Vit de vents fous et d'esprit en ruine
Trois cents tombeaux réglés de terre nue
Pour trois cents morts masqués de terre
Des croix sans nom corps du mystère
La terre éteinte et l'homme disparu
Les inconnus sont sortis de prison
Coiffés d'absence et déchaussés
N'ayant plus rien à espérer
Les inconnus sont morts dans la prison
Leur cimetière est un lieu sans raison
Paul Eluard (Asile de Saint-Alban, 1943-La Lit la table, 1944)
J'ai recherché sur Google Earth l'emplacement du cimetère des fous que j'évoque dans la note précédente, j'ai découvert que la nécropole avait disparue remplacer par un jardin des souvenirs.
Les croix de bois ont disparues remplacées par une stèle , seules des croix de pierre demeurent , celles de religieuses, une de ces croix à sa plaque émaillée, les fous ont été chassés de leur propre cimetière!!!!
Peut-être dois-je m'estimer privilégié de l'avoir vu tel que Paul ELUARD l'a chanté.
12:15 Publié dans Souvenirs d'Enfance | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : folie, exclusion, asilaire
20.10.2008
Un Temps de Toussaint.
Putain de temps, un crachin glacé tombait sur NICE, et pourtant je devais quand même sortir, il y a des rituels qu’il faut respecter, ça fait partie de la vie.
Où vas-tu ? demanda ma compagne.
Tu le sais bien, je vais porter des fleurs à ma mère, comme chaque année au 1er Novembre.
Je ne t’accompagne pas, prends soin de te couvrir.
Oui, oui.
Tu as été chez le fleuriste ?
Non, il y en a près du cimetière.
J’enfilai mon imperméable, mis un chapeau sans oublier mon cache col, c’est trop con d’attraper la crève un jour de Toussaint.
J’estimai inutile de prendre la voiture, un peu de marche me ferait du bien. Je mêlai mes pas à toutes ces familles, ces veufs et veuves vêtus de noir qui se dirigeaient en une sorte de lugubre cortège vers le cimetière de CIMIEZ, champ de repos des riches trépassés niçois, Des retardataires faisaient l’acquisition de quelques pots de chrysanthèmes auprès des marchands de fleurs, postés contre le mur de la nécropole, qui interpellaient les passants aux mains vides pour leur filer leur camelote.
Mais que fait SARKOZY, si ça ce n’est pas du racolage ! ! ! ! !
Je refoulai cette pensée mesquine et de mauvaise foi au plus profond de moi avant d’aborder une belle et jeune fleuriste revêtue de l’habit traditionnel niçois.
Des fleurs, Monsieur, dix € seulement ces jolis chrysanthèmes.
Je préfèrerai des roses, ma mère a toujours aimé les roses.
Parfait, monsieur, ce bouquet vous convient-il ? .
J’acquiesçai, me fendant d’un petit billet de 20, puis à pas lent j’entrai dans le cimetière. Dix ans qu’elle était là, juste en face de l’entrée principale dont je poussai la vielle grille rouillée et grinçante, témoin de la douleur plus ou moins feinte des familles épleurées.
Je sonnai à la porte de la conciergerie du cimetière, la porte s’ouvrit et je tendis mes fleurs.
« Bon Anniversaire Maman ! ! ! »
15:15 Publié dans Historiette | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : toussaint, humour noir
19.10.2008
Mon Grand Père Paternel et la résisatnce
Durant cet été, je suis allé faire un peu de tri dans le studio que mon père occupe à la maison de retraite. Je devais retrouver des papiers dans son fouillis, et malheureusement il n’était plus en capacité de me guider.
Lorsque j’ai enfin mis la main sur son livret de famille, j’ai eu la surprise de découvrir dans une pochette contenant des lettres, celles que mes grands parents avaient échangées entre eux et avec leurs enfants pendant l’exode après qu’ils aient été séparés. J’en ignorai complètement l’existence, j’étais pourtant déjà dépositaire du cahier sur lequel Maurice, mon grand-père, surnommé « Popeye » par ses enfants, avait écrit ses mémoires. Mon oncle Pierre, m’avait quant à lui, confié le carnet de route et des lettres de mon Grand-oncle Jean, tué le 30 juin 1918, dans les combats qui marquèrent le début de la seconde bataille de la Marne. J’ai compris par la suite que mes parents en avaient pris possession à la mort de ma tante Janine en 1998. Je dois avoué que j’ai éprouvé une certaine surprise du fait qu’ils ne m’en ont jamais parlé alors que j’étais déjà considéré comme le dépositaire de la mémoire de la famille par l’ensemble de celle-ci. Mais ceci est une autre histoire.
Revenons-en à ces lettres d’exode. Bien entendu je connaissais le passé de résistant de mon grand-père (et de sa famille), je savais aussi, que se trouvant à Saint Lô, en juin 40 il avait failli rejoindre Londres, avant l’appel du 18 Juin, pour échapper à l’avance allemande mais j’ignorai que c’était aussi avec l’intention de rallier De gaulle.
J’écris cela, parce que comme tout le monde, j’ai toujours entendu dire que De gaule, en Juin 1940, était pratiquement un inconnu pour la plus part des français. Il s’était distingué le 17 Mai en repoussant les troupes allemandes à Montcornet, avant de devenir sous secrétaire d’état à la guerre et à la défense nationale le 6 Juin en peine débâcle, pour être démis de ses fonctions 10 jours plus tard à l’arrivée au pouvoir de Pétain. Certes, le hasard veut que « Popeye », en tant que contrôleur des contributions indirectes, fût en poste à Montcornet lors de l’offensive allemande du 10 Mai 1940, mais je doute fort qu’il est eu le temps, ni même l’occasion de sympathiser avec le général.
Quelle ne fut donc pas ma surprise, de découvrir une lettre datée du 13 Août 1940, adressée à sa fille Janine, dans laquelle il écrit qu’il a trouvé une condition physique suffisante « A ce train là, je serai tout en fait en forme le cas échéant pour seconder le Général de Gaulle ». Dans d’autres courriers il approuve le comportement de sa fille Janine qui vient de participer avec d’autres jeunes à une action d’opposition à l’occupation. Ses commentaires sur ceux (en France) qui se satisfont, voir qui se réjouissent de celle-ci sont sans ambiguïté. Ce qui est le plus impressionnant dans ces lettres et ces revendications résident dans le fait qu’il les rédige et les adresse dans la zone occupée.
Je vous parle de mon grand père, mais que dire des courriers de ma grand-mère relatant « son occupation personnelle ». Elle s’est vue imposer la présence de six soldats allemands chez elle qu’elle reçoit tellement mal et avec tant de protestations qu’un officier lui en impose six de plus en représailles. Elle ne garde pas pour autant sa plume dans sa poche, et ne se gène guère pour dire tout le mal qu’elle pense d’eux dans ses lettres.
La résistance active commence peu avant la rentrée des classes, lorsque « Popeye » confia une mission à ses deux fils.
Les armées françaises en déroute avaient abandonné une grande partie de leur matériel sur les routes de France, certains soldats, par compagnie entière, avaient même jeté aux orties leur uniforme et leur équipement individuel, y compris les armes. Les bois de LONGPONT, (Village de l’Aisne où la famille réside) avait été le théâtre de l’un de ces strip-teases collectifs, laissant sur place de quoi équiper « l’armée de la revanche » à la quelle POPEYE rêvait déjà. Pendant la guerre de 1914-1918, des français se trouvant en zone occupée avaient fait acte de résistance à l’ennemi, par les armes, l’attentat ou le sabotage, il en serait de même pour cette guerre, qui n’était pas finie, pensait mon grand-père.
Il fallait faire vite, les Allemands n’allaient pas éternellement attendre avant d’opérer le ramassage de tout ce matériel militaire. Mon grand-père avait du reprendre son travail mais ses fils avaient du temps libre, c’est à eux que revint la tache d’aller récupérer ces équipements qui furent si utiles, quatre ans plus tard, à la libération.
« POPEYE » avait peut-être de sérieuses raisons de ne pas aimer les Allemands, mais sa prise de position était autant politique que patriotique. C’était un homme de gauche, se méfiant cependant des communistes, dont il partageait certaines idées, mais qui n’étaient pas assez respectueux de la hiérarchie et de l’ordre social à ses yeux. (Il rejoindra cependant la résistance communiste, les FTPF quand le réseau gaulliste auquel il appartenait sera démantelé).
La guerre, la vraie, il la connaissait, il faisait partie de cette génération qui avait été éduquée pour venger l’affront de 1870. L’école laïque, gratuite et obligatoire avait été crée pour eux, parce qu’un soldat devait savoir lire et écrire, avoir le sentiment d’appartenir à une nation dont il partagerait les valeurs morales. Le jeune conscrit devait savoir parler français, renoncer au patois et autres dialectes locaux.
Ses fils avaient été élevés dans cet esprit, le moment venu, ils se devaient de reprendre le flambeau. Ils étaient des combattants en puissance, éduqués à coup de principes basés sur l’ordre et la discipline et illustrés de devises et de dictons quasi militaires.
…….à suivre.
Voir le blog « Mémoires Croisées » dont le lien se trouve dans la colonne de droite « Sites à visiter »
22:35 Publié dans Famille | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : résisatnce, ftpf, de gaulle
18.10.2008
ATTENTION, je vais « Biper »
Je vais biper, car le monsieur dont je vais parler menace de porter plainte contre ceux qui oseraient ……. Moi, je n’avais rien contre lui avant le soir du deuxième tour des présidentielles, bien sûr je le trouvais un peu arrogant et hautain, mais surtout je n’arrivais pas à admettre que ce « bourgeois » plein aux As, vienne sous prétexte qu’il est de gauche, nous dire que nous les petits on doit faire des sacrifices pendant que Monsieur s’emplit les poches de ses diverses indemnités liées à ses mandats électoraux. Donc, pour en revenir ai soir des présidentielle « Monsieur BIP » est le premier représentant socialiste à intervenir après l’annonce à 20 heures de l’élection de Sarkozy. Et Là stupeur….pas un seul mot de félicitation ou de compassion pour Ségolène ROYAL, il ne cite même pas son nom. De toute évidence il a encore en travers de la gorge le fait de n’avoir pas été choisi par les militants, du moins c’est mon impression. Je sais que ses ardents supporteurs diront qu’il était en colère parce que Ségo ci ou parce Ségo ça, mais aujourd’hui, au vu de ce qu’on peut lire dans la presse ou sur Internet, je suis encore plus persuadé que son Ego n’avait toujours pas digéré son échec personnel.
Donc « BIP » est dans la merde aujourd’hui, (mais ça ne me déplait pas), de ses fredaines, j’en ai rien à foutre. Ce qui m’intéresse, c’est de découvrir que le tout Paris des médias, non seulement savait qu’il était un chaud lapin, (mais ça, je le répète on s’en fout) mais qu’apparemment, « BIP » n’aimait pas qu’une dame ai l’impudence de ne pas céder à son charme, « Qui n’a pas été coincé par « BIP » ?) a déclaré Danielle EVENOU à la Radio, Les langues se délient et nous apprenons que « Le seul vrai problème de « BIP » est son rapport aux femmes, Trop pressant, il frôle souvent le harcèlement » écrit par ailleurs Jean QUATREMER . Son seul problème ? , Non, je ne crois pas, je vous invite à regarder sur le net AGORAVOX (www.agoravox.fr), Si ce qui est écrit en fin d’article sur les pressions qui ont été exercées sur un éditeur et sur une chaîne câblée, il y a sérieusement de quoi s’inquiéter sur l’avenir de la démocratie dans notre pays. Et ça, c’est autrement plus grave que les parties de jambes en l’air du Monsieur.
PS. Bien entendu, si je "Bipe" c'est parce que le nom de ce Monsieur était déjà bipé en 2002 et 2007 quand l'émission évoquée sur Agoravox avait été diffusée.
16:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : harcèlement
16.10.2008
Bon, et maintenant, qu'est ce qu'on fait ?
Parole de loup, je ne reviendrai pas sur la « Marseillaise » sifflée, du moins sur l’incident lui-même, c’est de la connerie, mais ça ne changera pas la face du monde, et pendant qu’on parle de cela, on ne parle pas d’autre chose. Je ne reviendrai pas longtemps sur les propos de Bernard LAPORTE, comme je l’ai déjà écrit, dans la pastorale, ils ont le « ravi », dans Blanche Neige, on a « Simplet », au Gouvernement, Sarko a le « Bernard LAPORTE ». Sauf qu’au demeurant les deux premiers ont le mérite d’être sympathiques et inoffensifs.
Non, ce qui me met un peu en rogne, et qui me donne envie de mordre quelques mollets, ce sont les réactions et les solutions préconisées. Annuler le match, rien de mieux, voilà ce qu’une poignée de crétins préconisent, même au Heysel en 1985, malgré les 39 morts personne n’avait eu cette inconscience, à croire que certains auraient voulu transformer le match France -Tunisie en match Tunisie – CRS. 80000 personnes chauffées à blanc prêtes à en découdre avec les forces de l’ordre, Chacun sait ce qu’une foule peut générer de monstrueux quand elle n’est pas contrôlée. Si j’étais cynique, je pourrais écrire qu’au moins avec les tunisiens les problèmes d’alcool seraient limités, mais je ne le suis pas, donc je ne l’écris pas.
Après l’imbécillité des réactions à chaud, nos politiques se rendant compte de leur connerie ont botté en touche (et pourtant nous ne sommes pas au rugby, même si on se farci LAPORTE) , après tout, disent-ils , ce n’est pas à nous mais à l’arbitre d’annuler le match, (pauvre homme, le lynchage n’est pas aboli au pays des Hooligans) , où bien c’est aux diverses fédérations. Bref, si ça tourne mal, ça sera leur responsabilité.
Nous en France on va faire efficace, on déclanche une enquête judiciaire !!!!!! Alors là, encore Bravo, voyons les enfants qui c’est qui a commencé, ,,,, comment ce n’est pas toi, c’est l’autre ? et bien on va vous punir, comme en 1917, on va vous mettre en rang et vous compter, toutes les dizaines, on en sortira un des rangs, Pic et Pic et colégram et voilà, c’est toi qui sera fusiller à l’au froide. Comment ? Tu n ‘es pas content ?, et bien on va te faire écouter le disque de Carla en boucle . ( NON, ce n’est pas une bonne idée, on va avoir encore la cour européenne des droits de l’homme sur les dos, les tortures et les traitements inhumains sont proscrits).
Finalement c’est Bernard LAPORTE qui a raison, le prochain match contre un pays du Maghreb, on le jouera à Cayenne, ou encore mieux aux îles Kerguelen. On verra si les pingouins oseront siffler.
19:17 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : laporte, football, marseillaise
13.10.2008
Saleté de Pauvres !!
Saleté de Pauvres, il paraîtrait qu’ils ne sont pas d’accord pour payer un impôt de solidarité en faveur des riches qui ont tout perdu avec la crise financière. Manquerait plus que ça, eux qui ont planqué leurs petites noisettes bien à l’abri chez l’écureuil pendant que d’autres prenaient des risques inconsidérés et désintéressés par patriotisme, afin de relancer lancer l’économie de marché. Heureusement, les pauvres ont la possibilité de se racheter une conduite, ce matin même sur une radio d’information continue, (France Info pour ne pas la nommer) un brillant économiste nous expliquait que nous vivions une époque formidable, c’était une période de chance comme jamais ces salauds de pauvres ne s’en sont vu offerte depuis des décennies. Eux qui ont sauvé leurs économies en n’investissant pas ont l’opportunité d’acheter avec leurs soussous les titres qui ont pris le bouillon, et qui sont au plus bas, « vous ne risquez pas grand-chose, et même si vous perdez un peu d’argent, vous en perdrez moins que les riches qui vous les revendent » (Ce n’était pas tout à fait dans ces termes bien sûr, mais c’était exactement ça). « Et si, messieurs les épargnants vous ne saisissez pas cette possibilité, vous en avez une autre, Faites des travaux, c’est le moment, c’est la crise dans le bâtiment, les délais d’attente sont réduits, quant aux entrepreneurs, maçons, plombiers ou électriciens, ils n’ont plus les moyens de faire les difficiles, n’hésitez pas à marchander. »
Vive la crise en somme !!!! A la morale nauséabonde des boursicoteurs, je préfère la solidarité prolétarienne, la vraie, celle des petites gens, celle qu’ils pratiquent entre-eux, entre voisins, loin des appareils de partis, en tout cas pas celle de la gauche Bobo-DSK. Bon, mais c’est pas tout, paraîtrait qu’ils ferment quatre écoles de gendarmerie, mais alors, qui c’est qui va garder la villa de CLAVIER ?????
17:55 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : la crise, l'épargne
07.10.2008
Uzes, la grande illusion
Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent, a dit un jour un de nos politiciens, (Je crois que c’est CHIRAC) personnellement, je m’étais fait celle de ne plus évoquer la politique Uzètienne sur mon blog, j’y ai cru et voilà qu’à ma propre stupeur je trahie mon serment. Moralité, ne me faites pas confiance, la prochaine fois que je me présente à une élection ne votez surtout pas pour moi. Merci.
Un peu grisé par le petit succès de mes historiettes, j’avais perdu de vue, qu’initialement je voulais aussi traiter de quelques sujets d’actualité de notre beau duché, mais petit à petit j’ai compris que ces articles tomberaient comme un cheveu sur la soupe au milieu des loups, des sorcières et des souvenirs d’enfance. J’avais donc décidé de réserver mes écrits sur Uzès à mon site, en y consacrant une rubrique. Mais, comme il n’est ouvert que depuis deux semaines au public, son audience bien qu’en constante progression n’a pas encore atteinte celle du blog. Lequel, par ailleurs, est quand même plus ciblé sur la région que le site.
Voilà pourquoi votre fille est muette et qu’AKELA redevient bavard en reniant sa promesse de ne plus évoquer UZES. Mais rassurez vous, ce n’est que temporaire.
Pour résumer la situation, (je vais essayer de faire court et ne pas balancer quelques provocations de mauvais alois comme malheureusement, j’en ai la fâcheuse habitude en toute sincérité, quand j’insinue que quelqu’un est un …. c’est de bonne foi)
Donc, pour les malheureux qui n’ont pas l’incroyable chance de vivre dans notre belle ville, (je plaisante…..) au mois d’Avril, notre maire a perdu la présidence de la Communauté des Communes de l’Uzège dans des circonstance tout a fait comparables à celles que j’ai décrites ici même dans une note intitulée « Les mésaventures de Not’Maire ». Sauf que dans ma note l’action ne se passe pas à Uzès mais dans le village de Pasdebol sur Gazon. (Ceux qui ont suivi de près savent pourquoi j’ai créé un village fictif, mais ça n’à plus aucun intérêt maintenant).
Pas content du tout, Jean-Luc CHAPON (c’est son nom) a lancé l’idée que la ville pourrait quitter la dite communauté de commune pour rejoindre l’agglo de Nîmes. (Pour une fois qu’il a une idée….je plaisante encore). En avait-il réellement l’intention ? Peut-être, nul ne le saura jamais, ce qui est sûr, c’est qu’une analyse fine de la situation permettait de douter de sa véracité. Mais passons vite là dessus, venons en à une période plus récente, marquée par l’offensive générale de l’opposition contre cet éventuel rapprochement. Toute une série de signes permettait de penser que le maire menait son petit monde en bateau, et je me demandais quand quelqu’un finirait par dire « Mais bon Dieu, ouvrez les yeux….. » Comme on n’est jamais mieux servi que par soi même, j’y ai été de mon petit commentaire sur le blog « Vivre à Uzès » mais là aussi, je vous invite , si vous vous voulez en savoir plus à vous rendre dans la rubrique de mon site. Un de mes objectifs, était de faire en sorte que le maire, voyant le pot au rose éventé, arrête son cirque, je n’y croyais pas trop, mais trois jours après la publication de mon commentaire, « il reconnaissait en aparté que c’était un coup de bluff ». Je n’ose pas (trop) croire que j’y suis pour quelque chose, mais allez savoir !
Il a fallut près de quatre jours d’un silence fracassant pour que l’on puisse lire sur un autre blog une première note concernant cet aveu, d’autres ont suivi par la suite. Je comprends l’indignation de ceux qui ont écrit, la politique n’est pas un jeu, et on ne peut impunément se moquer des gens, même si tout nous oppose à eux. Mais à coté de cela, je souhaite que certains opposants soient plus modérés et plus modestes dans leur propos, lorsqu’on prétend que J-L CHAPON n’est pas un politique on se trompe complètement, C’EST UN POLITIQUE, fin politicien, fin tacticien, excellent manipulateur, sinon, comment expliquer qu’il se maintienne à la mairie depuis vingt-cinq ans en se contentant d’assurer le service minimum. ? ARRETEZ DE LE SOUS ESTIMER, depuis sa première élection en 1983, on commet cette erreur. En trente ans de vie uzètienne, j’ai assisté à des dizaines de meeting électoraux, j’ai fréquenté de nombreuses permanences de l’opposition, je sais combien on « s’amuse de lui », entre deux verres de vin blanc. Malheureusement, au moment des résultats, c’est lui qui rit, et nous qui rageons. Il n’a perdu qu’une élection, les dernières cantonales, (il n’y a pas beaucoup de personnalités politiques, qui peuvent en dire autant, surtout sur Uzès) quand à la présidence de la communauté de commune, ce n’est pas une cinglante défaite, comme j’ai pu le lire. Douloureuse, humiliante, je veux bien, mais dans une élection aux suffrages indirects, où les électeurs ne sont pas des citoyens lambda, mais des personnalités marquées politiquement (même si elles ne se sont pas inscrites à un parti), la défaite n’est plus due à l’homme, surtout quand il a fait sa part de boulot en remportant sa mairie, mais aux circonstances politiques. Bien sûr, on peut toujours me rétorquer que les délégués représentent les électeurs, cependant, je doute fort que les uzégeois aient voté en Mars en fonction de la présidence de la CCU, ils se sont prononcés pour le choix d’un maire ou d’une liste.
Même si je comprends l’amertume de la défaite des municipales, même si je comprends l’indignation face au comportement de Jean-Luc CHAPON vis-à-vis des élus de l’opposition (je l’ai subi 12 ans), il faut se garder de pratiquer la langue de bois, il faut se garder de réagir émotionnellement. CHAPON n’attend que ça, l’épisode de la CCU où il a mit les (mauvais) rieurs de son coté, en est une belle illustration.
PS: Je sais, il ya quelques petites provocations dans mon texte, mais on ne peut pas se refaire.
23:28 Publié dans La vie à Uzès | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : uzès
06.10.2008
La piquette de Benjamin (Dédié à Saadou)
Et si nous nous prenions une petite piquette ? Non, je ne vous parle pas du résultat du prochain match de l’équipe de France, ma piquette à moi, c’est la boisson, et ne vous méprenez pas, il ne s’agit pas d’un mauvais vin, (bien que…..) même si par extension c’est ainsi que l’on désigne la bibine dans notre parler populaire.
J’en vois qui se disent, « Mais de quoi il nous cause le vieux loup ? Quézaco sa piquette ? ». Je suis sûr que la sorcière de Najac a déjà deviné que j’allais en profiter pour parler d’autre chose, comme d’habitude……
Donc, puisque vous y tenez, je vais vous conter l’histoire de mon grand-père Benjamin et de sa petite vigne, perchée à flan de coteau, au fond d’une vallée du Mercantour. Rien qu’avec ça, vous avez déjà une idée du vin qu’il pouvait obtenir, « perchée au fond d’une vallée ». Pourtant comment dire autrement, pour y accéder, il fallait se livrer à une bonne grimpette, mais, même au sommet de la vigne, nous étions encore écrasés par la pente abrupte des parois de la Montagne, et l’étroitesse des rives. L’Hiver, le Soleil n’arrivait pas à atteindre les toits du village (il n’y arrive toujours pas d’ailleurs, malgré de réels efforts ces dernières années et les promesses répétées d’Etrosi …. mais que fait de Sarkozy !)
Autant dire que le taux de productivité de la vigne de Benjamin n’était pas très élevé, presque aussi riquiqui que le terrain sur lequel elle était plantée. Heureusement la chaleur du mois d’août permettait au raisin d’avoir une maturation suffisante pour donner au vin un petit goût sympathique qui justifiait à lui seul les efforts de mon grand-père. A plus que quatre-vingt ans, comme dans la chanson mon vigneron de Pépé montait à sa vigne, la sulfateuse sur le dos et « l’aissade » à la main. Parce que, faut-il le rappeler, à cette époque on ne prenait pas le quad ou le 4x4 pour aller passer le motoculteur au jardin. Nos anciens cheminaient à pied, le matériel sur le dos et les mauvaises herbes ne rendaient l’âme que sous les coups de la binette maniée à la main. S’il connaissait l’existence des désherbants et des pesticides, c’est uniquement parce que Benjamin était un lecteur assidu de « La Terre ».
La récolte (descendue à dos d’homme, s’il vous plait) était destinée uniquement à la consommation de la famille, cependant vous vous doutez qu’il était bien rare qu’elle permette de faire la « jointure » d’une année sur l’autre, c’était même exceptionnel. C’est ainsi que, comme beaucoup de petits paysans de montagne, mon grand-père était contraint de faire de la piquette. La recette n’est pas compliquée, une fois le moût tiré pour confectionner le vin, on récupère le marc auquel on ajoute de l’eau et un peu de sucre. On remet à fermenter et on obtient cette boisson qui a les apparences extérieures du vin mais qui n’en est pas. Les « bonnes années », quand la récolte était bonne, et qu’il n’était pas nécessaire de faire une grosse quantité de piquette, ça pouvait encore aller, beaucoup de marc, pas trop d’eau, le produit tant bien que mal tenait la route, il ne fallait pas chercher ni les parfums ni la robe ni autre chose, dans le meilleur des cas c’est presque imbuvable, et pourtant nos « vieux » s’en contentaient, ils l’emportaient au travail, gardant le bon vin pour le dimanche et les repas en famille. Par contre, lorsque le marc était peu abondant et qu’il fallait l’allonger avec une importante quantité d’eau, le résultat était triste comme un jour sans vin. Un peu comme les résultats de l’équipe de France.
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La Mort de Barthélémy MOLL
Le Mardi 3 septembre 1968, encore bercé par l’envoûtant parfum des gaz lacrymogènes et la douce caresse des bâtons de CRS, je fus brutalement arraché à ma tendre jeunesse, pour être plongé dans le monde du travail. Dans la lutte, j’y ai conquis l’insigne privilège de payer des impôts, CSG, RDS et autres délices. Je dus attendre le Vendredi 3 Septembre 2004, pour retrouver enfin mon adolescence là où je l’avais laissée. Certes, certes, quelques grammes vinrent souligner mon délicat tour de taille et la couleur de ma brune chevelure s’était entre temps très légèrement éclaircie, mais le cœur était demeuré toujours aussi juvénile.
J’avais été admis comme élève infirmier (rémunéré pendant les études) à l’Hôpital Psychiatrique Montperrin d’Aix en Provence où, à mon arrivée, je dus effectuer une sorte de circuit d’intégration, je reçus mon lot de blouses, pantalons et tabliers, ainsi qu’une cape et une paire d’espadrilles, la lingère me stipulât de bien y faire attention, car « le jour où vous partirez, il faudra tout ramener ». Au bureau du personnel, un vieux monsieur regarda mon dossier, et après avoir longuement réfléchit, m’informa que je pourrai faire valoir mes droits à la retraite à partir du 13 Janvier 2004, (s’il aurait pu me dire que ce serai un Mardi, il l’aurai fait), il jugea cependant utile d’ajouter que « de toute façon vous n’y arriverez pas », précisant que la dépression, le cancer, les suicides et les maladies de cœur me guettaient, « Ce n’est pas un cadeau qu’on vous fait en vous donnant la retraite à cinquante-cinq ans, il n’ y en a pas beaucoup qui arrivent au bout ».
Comme élèves, nous étions considéré comme la dernière roue de la charrette, nous étions ballottés ainsi, de service en service, parfois plusieurs fois par jour, sans jamais savoir où nous serions le lendemain. J’ai passé comme cela plusieurs semaines sans mettre les pieds au pavillon qui était mon lieu de stage, mais je ne m’en plaignait pas, surtout que je faisais essentiellement des remplacements à « l’infirmerie».
C’était « l’hôpital de l’hôpital », là où s’effectuait les admissions en placement d’office, mais aussi le lieu où l’on traitait les maladies « intercurrentes », de la fracture du pied à l’insuffisance rénale, nos patients étant généralement considérés comme « personna non grata » à l’hôpital général, sitôt les premiers soins d’urgence effectués, ils nous étaient ré adressés et admis à l’infirmerie. Les mourants, quelque en soit la cause de leur état de santé, étaient également soignés pendant quelques temps dans cette unité, à condition qu’ils ne soient pas confus, sinon, ils étaient « expédiés » au sinistre pavillon 3bis, qui faisait office, entre autre de mouroir.
C’est dans ces conditions que je fis la connaissance de Barthélemy MOLL, un garçon de ferme de Pont Saint Esprit, Qu’avait-il fait un jour de 1911 pour être hospitalisé à Aix ?, je n’en sais trop rien, qualifié de dément précoce (schizophrène), ces employeurs s’étaient débarrassés de lui, sans famille, originaire du Gard, qui ne possédait pas en ce temps là d’hôpital psychiatrique, il avait été « expatrié » dans les Bouches du Rhône, personne ne s’était plus inquiété du pauvre Barthélemy, le médecin de l’hôpital s’en était lui-même totalement désintéressé, d’année en année, il signait son maintien en internement sans le justifier de la moindre façon, sa fiche d’admission, calligraphiée à l’ancienne était toujours la même, Barthélemy, n’était jamais ressorti depuis son entrée avant la guerre de 1914-1918.
« Malade travailleur », (Pour les « occuper » les malades mentaux participaient aux travaux d’entretien des HP), il avait été affecté presque de suite à la ferme de l’hôpital, et depuis, il s’occupait des cochons. Cinquante sept ans plus tard, rien n’avait changé pour lui, malgré son grand âge, il continuait de porter ses seaux « d’eaux grasses » à ses bestioles, la retraite des vieux ne concernait pas les « malades travailleurs », il n’est d’ailleurs pas certain que Barthélemy aurait aimé s’arrêter de boulotter, ses cochons, il leur devait la vie, c’est son statut de travailleur de la ferme qui lui avait permis de survivre à deux guerres, en particulier à la seconde qui avait vu le taux de mortalité dans les hôpitaux psychiatriques atteindre des sommets en particulier, justement, à Aix. (Ce qu’on évitait bien de nous dire quand nous étions embauchés). « Les eaux grasses » (déchets alimentaires), Barthélemy les avaient partagées avec ses bêtes, car si la pénurie de nourriture avait emporté 80% des malades, il n’était pas question de laisser crever de faim des cochons qui finiraient dans l’assiette des « pontes » de l’hôpital ou au marché noir.
Un matin de septembre 1968, il n’avait pas pu se lever, l’interne de garde avait diagnostiqué une insuffisance cardio-pulmonaire dû à son âge avancé, transféré à l’infirmerie, il s’éteignait petit à petit, sans demander grand-chose, « Pauvre Martin, Pauvre Misère » lui aurait chanté BRASSENS. Il demeurait silencieux sur son lit, nous regardant passer, indifférent à son propre sort.
Cinq ou six jours après son admission dans l’unité, j’effectuai un nouveau remplacement à l’infirmerie, lorsque je fus appelé par un infirmier dans la chambre commune où Barthélemy était soigné. L’équipe au grand complet, surveillant en tête, se trouvait à son chevet, et l’ancien qui m’avait fait venir me demanda de prendre la tension du vieillard, je m’exécutai aussitôt afin de « mettre en pratique » ce que l’on m’avait appris quelques temps plus tôt.
J’entendis dans le stéthoscope battre son cœur mais je perdis le contact rapidement et je ne pus déterminer la minima, « recommence ! », je remis le brassard, mais je n’entendis rien, « recommence encore » me demanda l’infirmier un sourire au lèvre. Toujours rien ! « Laisse moi faire », j’abandonnais l’appareil à mon collègue, qui quelques secondes plus tard me dit, «Mais si, c’est net, recommence, tant que tu n’aura réussi à nous indiquer sa tension ».
Je me remis à l’ouvrage, deux, trois fois de suite, sous l’œil goguenard de l’équipe, toujours en vain. C’est le surveillant qui stoppa mon supplice, « Tu peux arrêter, ça fait un quart d’heure qu’il est mort ! ».
Je n’avais jamais vu de cadavre avant le sien, je regardai Barthélemy, sans voir une grande différence entre l’agonisant que j’avais aperçu en entrant dans la chambre, et le corps sans vie qui reposait sur son lit.
Je me dis aujourd’hui, que sans le savoir, les infirmiers qui m’infligèrent ce « bizutage » ont finalement permis à Barthélemy MOLL de survivre, au moins dans ma mémoire.
09:05 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : premier mort, hopital psychiatrique, respect des mourants, bizutage