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29.07.2008
Les vertus magiques du "Bourras"
Vous savez ce qu’est un « Bourras » non ? Alors je vais vous expliquer, le « bourras » est un morceau de tissu, genre toile de jute, de deux mètres sur deux, qui sert, normalement, à emballer le tilleul au moment de la récolte, j’écris normalement parce qu’il a la particularité de posséder les pouvoirs magiques quand vient l’heure de la sieste, mais j’anticipe, essayons de reprendre les choses dans l’ordre. Pour commencer, je vais vous offrir un petit voyage, nous quittons donc notre beau Languedoc afin de nous aventurer en Provence, pour être plus exact je vous amène en Drôme provençale, ce petit bout de terre de Provence au Nord du Ventoux que les technocrates du 18ème siècle ont rattaché à un département issu de l’ancienne province du Dauphiné. Ce sont les « Baronnies » nichées dans la haute vallée de l’Ouvèze et de ses affluents, un petit « Luberon » pour l’instant ignoré des promoteurs, au paysage dominé par un arbre, le tilleul.Il est partout, dans les cours des fermes, au milieu des lavandes, mais aussi au bord des routes auxquelles il offre une ombre fort agréable, mais aussi fort rentable, du moins jusqu’à ces dernières années.
Il y encore deux ou trois décennies, « les ponts et chaussées » concédaient la récolte des tilleuls aux enchères, généralement c’était les petits paysans locaux qui pouvaient ainsi exploiter cent ou deux mètres linéaires de route à coté de leurs fermes. Ils étaient parfois aidés par des saisonniers qui suivaient, comme Annibal l’avait fait deux millénaires avant eux, la vallée de l’Ouvèze, le tilleul ayant cette délicatesse de bien vouloir munir au fur et à mesure que la route s’élève, offrant du travail pendant près d’un mois à ceux qui décidaient de l’accompagner dans sa maturation.
Repas de famille à l'ombre des tilleuls des ponts et chaussées.
Mon beau-père n’avait pas recours aux enchères, il avait juste ce qui fallait de tilleuls sur son terrain pour assurer la cueillette pendant les quelques jours où celle-ci était possible. Elie était un brave homme, un ancien berger autodidacte, qui savait tout faire, en particulier des enfants, avec Marcelle, ma belle mère, ils en avaient eu neuf. Pendant la guerre il avait ravitaillé les maquis, ce qui était gonflé de la part d’un homme qui avait pour nom de famille SAMUEL et que le curé du village avait eu la malencontreuse idée de faire prénommé Elie. De quoi attirer l’attention du commissariat aux affaires juives et de la milice mais un incontestable certificat de baptême lui avait finalement évité les pires ennuis. Comme beaucoup de petits paysans de montagne, ses petits lopins de terre dispersés de tous cotés ne lui permettaient pas de nourrir sa famille, heureusement un emploi de cantonnier était venu à point pour lui permettre de boucler les fins de mois. Quand aux extras , il ne pouvait l’espérer que grâce au tilleul que lui achetait Monsieur DUCROS, vous savez celui qui se décarcassait pour vous offrir des épices et dont l’épouse était l’institutrice de ma Dame Zette, une des six filles de mes beaux-parents. (La plus belle bien sûr !!!). 
Quand venait la fin juin, nous prenions quelques jours de congés pour aller aider Elie et Marcelle à « tillauter » armés des sacquettes, de grandes échelles de bois, et des fameux « bourras » dont les pouvoirs magiques à l’heure de la sieste permettaient de …, mais il se fait tard, je commence à m’embrouiller les doigts, il est grand temps que j’aille « faire téter les puces ». Nous reprendrons notre conversation un peu plus tard.
Hummmm, j’ai bien dormi, et vous ? Je vous disais donc qu’à la fin du mois de Juin, toute la famille se lançait dans la cueillette, et quand je dis toute la famille, c’est vraiment toute la famille, nous nous répartissions les arbres entre les beaux frères, et formions de petites équipes où chacun avait son rôle, Elie était chargé de la pose des échelles, fallait être costaud comme lui, pour manœuvrer les 6 ou 7 mètres de « l’escale » en forme de fine flèche à peine large d’une quinzaine de centimètres à son sommet,juste ce qu’il fallait pour poser un pied devant, et un autre par dernière en enroulant la jambe autour de la cime, j’ai oublié de vous dire qu’une fois en haut, il fallait pouvoir se lâcher des deux mains pour effectuer la cueillette , pas question d’avoir le vertige, ni le mal de mer, car au sommet ça balançait.
Une fois que mon beau père avait attaché l’échelle à des barres de bois, elles même fixées aux branches grâce à de la ficelle,il me revenait le privilège de faire l’acrobate tout en haut, ma dame Zette se positionnait un peu plus bas, et nous remplissions les sacquettes de fleurs de tilleul, éprouvant cette délicieuse sensation de cueillir des billets de banque à pleine main, chaque poignée attrapée c’est de l’argent qui tombe dans l’escarcelle, il n’y pas de frais derrière ce qui est pris est définitivement gagné, et la fleur bruisse dans la main comme un « Delacroix » , hélas, il en faut et il en faut des poignées de fleurs avant de les convertir en billet. Au fur et à mesure de la cueillette on taille l’arbre, coupant tout ce qui n’est pas accessible à partir de l’échelle, c’est ce qui lui donne cette forme si caractéristique, plat sur le dessus et cylindrique sur les cotés. Les branches coupées, (les brous) sont dépouillées de leurs fleurs par les enfants et les personnes âgées assises sous l’arbre.
Pendant ce temps, Elie plaçait d’autres échelles où nous grimpions une fois terminée « l’échellée » précédente, en n’oubliant pas de vider la sacquette sur le bourras.Enfin sonnait l’heure du « croustet », d’une équipe à l’autre nous nous interpellions, afin de nous retrouver sous l’arbre le plus majestueux. Des paniers sortait la « biasse », composée de saucissons et de pâtés, « maison » et du fromage de chèvre de la Marcelle, tandis que du ruisseau réapparaissait les bouteilles de vin de la vigne d’Elie, (le « pétaillan » comme il le nommait) et ses melons dont il était si fier. Les bourras devenaient pour quelques instant des nappes de fortune, autour desquelles nous saucissonnions tout en blaguant de ci de ça, évoquant les récoltes précédentes et ceux qui s’étaient rompu de cou en tombant de l’échelle pour y être remonté après avoir trop abusé du petit vin ou de la piquette. Comme entre nous, nous sommes un peu langue de peille, et très coquinasses nous parlions des vertus magiques du Bourras qui à la propriété de facilité la procréation lors des petites siestes crapuleuses d’après croustet. On dit même qu’il guérit la stérilité féminine, certaines dames mariées depuis longtemps et sans enfant, s’étaient ainsi retrouvées enceintes après la « campagne du tilleul » et avaient enfanté de beaux marmots qui avaient les yeux d’un saisonnier.

Une fois le tilleul cueilli, on le faisait sécher deux ou trois semaines au « plan » du grenier puis Elie le portait à la foire de Buis les Baronnies ou à celle de Villefranche le château. Je ne vous dis le parfum qui embaumait ces jours là, les vendeurs amenaient leurs bourras et les acheteurs les pesaient avec des balances romaines suspendues à une barre de bois portée par deux hommes. On « patchait »à la guinguette, pour la forme on faisait semblant d’être mécontent, voir fâché, et puis tout s’arrangeait, enfin jusqu’au jour où le tilleul de Chine est arrivé, les cours ont commencé à chuter, ce n’était plus rentable de prendre des concessions de tilleul sur le bord des routes.

Il y a trois ans, les vendeurs ont attendu en vain la venue des camions des acheteurs, pas un seul d’entre eux, pas même Monsieur DUCROS, n’a voulu se décarcasser pour venir leur acheter leur « pausite » (récolte). Aujourd’hui les tilleuls poussent librement, plus personne ne les taille, ils ont déjà perdu leurs belles formes caractéristiques et les belles dames devront désormais faire appel à la procréation in vitro.
Remorque de Tilleul dans les Bourras et Eglise de Villefranche le chateau
22:30 Publié dans Nature/Environnement | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : Tilleul, Baronnies
23.07.2008
C’est un sale Coco RICCO
L’an passé, à l’automne, quand nous avons su que le tour passerait par Nîmes, je m’étais posé la question de savoir si j’irai le voir Vendredi à l’arrivée, ou samedi après le départ. Finalement non, je n’irai pas voir passer le tour, je ne veux pas applaudir des champions qui le soir seront peut-être en garde à vue dans une gendarmerie, je ne veux pas voir un tour dont deux des coureurs qui ont porté le maillot jaune depuis le début de l’épreuve étaient déjà impliqués avant le départ dans des affaires de dopages et qui seront peut être suspendu dans les semaines qui viennent, je ne veux pas voir passer des journalistes sportifs qui encensent un Riccardo RICCO un jour et font semblant d’être surpris et consternés le lendemain quand la triche est avérée. Je ne veux plus voir des consultants qui du temps où ils couraient « étaient dopés à l’insu de leur plein gré » et que la presse continue de considérer comme des vrais champions.
Je ne veux plus d’une fédération sportive qui ré sélectionne des dopés pour représenter le sport en France après leur suspension. Et puis marre aussi de cette télé qui fait que la femme du sélectionneur de l’équipe de France soit la journaliste qui anime le débat « Domenech doit-il rester à son poste. Marre d’un Drucker, " tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil surtout notre ami Sarkozy, Nicolas, si tu nous regarde…… » Marre de la nièce du Mimi, qui fait une spéciale Mai 68 pour conclure que les vrais héros de cette période se furent les CRS. Marre des coquins et des copains. Marre des femmes journalistes qui font la promo du gouvernement de leurs maris « en toute objectivité » !!!!!
Il est grand temps que je prenne quelques jours de repos, bonnes vacances à tous, je reviens quand le tour sera fini et même après.
23:25 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : Ricco, dopage, tour de france
15.07.2008
Le loup, le chien et le rhinocéros
Oyez, oyez braves gens, je vais vous relater le terrible combat que j’ai du livrer ce matin contre un monstre qui menaçait mon pote Ugolin, le chien de la Micheline (non, pas l’autorail…..ma voisine). Ah oui, j’oubliais, c’est les vacances et les touristes ne comprennent pas toujours nos « particularismes», donc, à l’intention des parisiens et des lyonnais et afin de faciliter leur séjour et leur intégration, je rappellent que chez nous, dans le midi, en parlant des personnes de notre connaissance on dit « la » Micheline, « la » Solange, « « la » Calmette, « la » Nicole etc…. Donc, ce matin, ma petite louvette venait juste d’arriver, amenée par sa Maman dont c’était le dernier jour de boulot avant les congés, quand la douce voix d’Ugolin se fit entendre. Or, moi qui le connais bien, je sais qu’il n’est pas dans ses habitudes d’aboyer pour un rien. Notre Micheline étant absente je me devais d’intervenir, je suis donc sorti, d’autant plus que je venais d’ouïr un voisin qui vociférait « Tais-toi sale clébard ».
Je sais que certains d’entre vous vont me dire, « les loups, les chiens ça ne fait pas bon ménage », mais détrompez vous, c’est totalement faux, nous avons toujours bien cohabité entre cousins, même si à cause de quelque uns d’entre eux, on nous met sur le dos toutes les attaques de troupeaux dans les Alpes (mais j’y reviendrai un jour) . Et Ugolin, c’est un copain, un vrai, un de ceux sur qui je peux compter, un de ceux pour qui je suis prêt à prendre tous les risques et à voler à leurs secours.
Dès que je suis arrivé devant le portai j’ai compris que la solidarité entre lui et moi allait devoir jouer. Il était en arrêt devant un rhinocéros de belle taille, qui le menaçait de sa corne effilée,tout en refusant de céder du terrain devant les aboiements de mon ami. Ma louvette aussi avait aperçu l’animal, elle avait peur de cette bête totalement inconnue. Impossible de porter secours à Ugolin, « la » Micheline avait fermé le portail à clef, je suis vite retourné à la maison, chercher une escoube (pour les parisiens et les lyonnais et afin etc. etc. etc. je précise qu’une escoube, c’est ce que eux appellent un balai). Le mien venait de la foire aux sorcières de Saint Chaptes, c’est vous dire si j’avais sorti les grands moyens.
Délicatement, et n’écoutant que mon courage, j’ai interposé l’escoube entre le Rhino Féroce et Ugolin, petit à petit j’ai ramené le cornu vers le portail et là, je l’ai saisi d’abord par les pattes, mais ensuite, comme il se débattait, je l’ai pris par la corne et je l’ai extrait en le faisant passer entre deux barreaux.
Ma louvette, admirative, a salué le courage de son « Papou » tandis qu’Ugolin, l’œil humide, me remerciait du regard de l’avoir sauvé d’une belle encornade.
23:25 Publié dans Nature/Environnement | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Rhinicéros
11.07.2008
La « Bête » du Gévaudan.
Il fallait bien que j’y vienne un jour, à force d’écrire que les loups ne sont pas des créatures du diable, bien au contraire, et qu’ils ne sont pas une menace pour l’homme, je me devais de m’expliquer sur la bête du Gévaudan.
En premier, chers humains, je vous ferai remarquer que « chez vous » les mauvais exemples ne manquent pas, vous avez vos Landru, Petiot et autres assassins, sans parler de vos super killeurs, Adolf et compagnie. Vous êtes mal placés pour nous reprocher quelques sujets plus féroces que d’autres qui en des temps difficiles, poussés par la faim ont, par ci par là, croquer quelques bergères en lieu et place de leurs moutons.
Mais, force est de le reconnaître oui, nous avons notre Francis Haulmes. La honte de la louverie en la personne de la bête du Gévaudan.
Surtout, ne croyez pas que ce soit une légende, la bête, ou plutôt les bêtes, ont bien existées, il y a autour d’elles des affabulations, pas mal de délire, des hypothèses plus ou moins fondées mais aussi des certitudes, parmi lesquelles celle qu’elles étaient au moins deux, mais il est probable qu’elles furent au minimum trois, et pas impossible qu’il y en ait eu quatre, voir plus, tout issues de la même portée ou de la même lignée.
Durant mon adolescence de loup, j’ai vécu au cœur de son « terrain de chasse », ce qui m’a amené à m’intéresser à elle. J’ai lu de nombreux ouvrages la concernant, certain tout à fait farfelu, d’autre plus sérieux et parfaitement documentés. Rassurez vous, je n’ai nullement l’intention de prétendre avoir résolu l’énigme, mais je revendique le droit d’avoir une opinion, qui est très proche de celle défendue par la plus part des spécialistes des loups et des historiens sérieux, très loin des délires d’un film récent. Mais revenons en aux faits avérés :
Entre 1764 et 1767, « la bête » fit plus de cent trente victimes, et des dizaines de blessés. Contrairement à la légende, elle ne s’attaquait pas qu’aux enfants et aux femmes, bien que toutes les victimes fassent partie de cette population, 9% des attaques ont eu lieu contre des hommes de plus de 18 ans mais aucun d’entre eux ne périt, ce qui démontre que la puissante force de l’animal avait des limites. Des femmes, des adolescentes et même des enfants réussirent à le mettre en fuite, la quatrième « bête » fut d’ailleurs probablement tuée le 11 Août 1765 par une jeune fille de vingt ans, Marie Jeanne VALET, la servante du curé de PAULHAC, qui s’était portée au secours de sa jeune sœur, elle réussit à lui donner un coup de baïonnette, (une lame de couteau au bout d’un bâton) qui pénétra de sept à huit centimètres dans le corps de l’animal qui s’enfuit en saignant abondamment, disparaissant pendant trois semaines avant de réapparaître le 2 Septembre. Aucune des trois « bêtes » abattues par la suite ne portait la cicatrice de cette blessure pourtant certifiée par les traces de sang relevées par les chasseurs sur les lieux de l’attaque du 11 Août, ce qui permet de penser que celle de Marie- Jeanne agonisa au fond des bois des suite d’une importante hémorragie.
Qui était donc la « bête », un loup ? un chien ? Une hyène dressée par Antoine CHASTEL l’homme soupçonné d’en avoir été le meneur ?
Certains, dont je suis, penchent pour un animal hybride issu du croisement entre une chienne domestique et un loup sauvage, et non l’inverse car nous autres loups n’aurions pas supporté la présence d’un hybride dans une de nos meutes. Ce serai la portée, générée par ce métissage, qui devint « la bête ». Pour ma part, je m’arrête là, je ne m’aventurai pas plus loin dans mes convictions car, comme le on dit, le reste n’est que littérature.
L’hypothèse qu’ « elle » fut manipulée par un homme est due à l’étrangeté de son comportement s’apparentant plus à celui du chien qu’à celui d’une bête sauvage. Contrairement aux vrais loups cet animal n’avait pas peur des humains allant les défier dans les cours de ferme ainsi qu’au cœur de villages. Ainsi, elle fut aperçue à deux reprises déambulant tranquillement dans Saint ALBAN, remontant la rue principale jusqu’au château de pierre rouge devant lequel elle attendit, d’après les témoins, « comme un chien qui attendrait son maître. »
Or, le Comte Jean François-Charles de MORANGIÈS, fils du seigneur des lieux, était un bien triste sire, ancien colonel au régiment du Languedoc il avait combattu contre l’empereur de PRUSSE, mais son comportement étant loin d’être exemplaire, il tomba en disgrâce. Véritable psychopathe il connut la prison sous l’ancien régime pour escroquerie ainsi que sous la république pour complicité de bigamie, (Il avait épousé une femme mariée aux mœurs légères), homme violent et débauché, il dilapidera à la mort de son père la fortune familiale dans les tripots et les maisons closes et mourut, en 1801, tué par sa maîtresse. Son propre fils, véritable crapule viola à Vingt six ans une jeune fille de treize ans et lui transmit une maladie vénérienne.
Le château des MORANGIÈS devint en 1830 un hôpital psychiatrique qui s’étendit par la suite autour du bâtiment pour devenir l’actuel Centre Hospitalier.
Le comportement de MORANGIÈS pendant l’affaire de la « bête » fut très ambigu, de là l’hypothèse émise que le vrai « maître » du monstre n’était autre que le seigneur du château au pied duquel l’attendait sa « créature », les CHASTEL n’étant que les meneurs.
Aucune preuve ne permet de valider cette théorie, aucune autre ne permet de l’infirmer, je laisserai donc au Comte Jean François- Charles de MORANGIÈS le bénéfice de la présomption d’innocence.
Le 19 juin 1767, Jean CHASTEL, père d’Antoine, profondément bouleversé par la mort d’une fillette de son village, Marie DENTY, dévorée par l’animal, fit bénir trois balles fondues dans une médaille de la vierge et s’en alla seul attendre le monstre. La « Bête » qui vient d’échapper à trois années de battues mobilisant des milliers d’hommes se trouve exactement à l’endroit où se rend CHASTEL, elle vint « familièrement » au devant de lui, s’arrêtant à quelques mètres du chasseur, l’observant tranquillement, assise sur son arrière train. Jean CHASTEL prend son temps pour viser, il tire, « la Bête » est définitivement morte !
Lors de nos grandes promenades à pied pendant les vacances d’Été, de 1960 et 1963, mon frère Jean Claude et moi nous nous rendions assez souvent à pied au village des FAUX à cinq kilomètres de Saint ALBAN sur Limagnole, où nous demeurions. Nous passions devant le hameau du ROUGET, entre la rivière et les premières maisons il y avait un pré, c’est là que la « Bête » avait tué une de ses premières victimes, une jeune bergère. Quelques dizaines de mètres après, nous traversions une forêt, et je ne pouvais m’empêcher de penser que de la lisière de ce bois, deux siècles auparavant, l’animal épiait sa proie avant de l’attaquer. Son forfait accompli, il était retourné se cacher dans l’épaisseur des sapins. Ce n’est pas sans émotion, même pour de jeunes loups, que notre chemin croisait la piste de la « Bête ».
23:25 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : Bête du gévaudan, loups
08.07.2008
La Magie, ce n’est pas sorcier.
Vous croyez que je ne vous entends pas derrière votre écran, en train de roumaiguer ? Alors AKELA, toujours à parler du passé ? Tu pourrais pas un peu te tourner vers l’Avenir. ?. Avec une grand-mère, Léontine, guérisseuse du Mercantour qui avait des prémonitions et un grand oncle, Auguste, jeteur de sorts dans le Berry tu ne vas pas nous dire que tu n’es pas toi-même un peu sorcier?
Alors, j’avoue, oui, je suis un peu sorcier moi aussi, mais hélas, je suis la honte de la profession. Ma seule grande réussite jusqu’à présent a été de transformer ma petite Jeanne Lou en sorcière citrouillée quand elle avait six mois.
J’ai essayé de prendre des cours, Je croyais avoir trouvé un bon professeur qui puisse m’initier, car à Uzès nous avons un très grand alchimiste, le seul à avoir tenté et réussi à transformer de l’or en plomb. Chaque fois qu’une élection paraissait gagnée d’avance, il a suffit qu’il intervienne pour qu’on la perde. Mais voilà, après les dernières municipales j’ai écrit un texte à son sujet (avec toute la délicatesse que vous me connaissez). Et bien ses amis ont voulu me jeter un sort, ou plutôt me faire le mien ( …..de sort, mais vous aviez compris n’est-ce pas ?). J’ai du saborder mon blog d’alors en vertu du principe de précaution. Donc, il valait mieux que je trouve quelqu’un d’autre
En suite, je me suis dit « Mon petit loup, si tu achetais une boule de cristal ? », ça tombait bien, ce jour là, il y avait sur le marché un camion d’outillage avec un gentil vendeur qui m’a même indiqué comment m’en servir. C’était simple « Une fois arrivé chez vous, vous déballez la boule de cristal, vous la posez sur la table, et vous regardez bien, vous saurez alors où va ce passer l’événement, en suite, vous secouez la boule, et vous comprendrez de quoi il s’agit »
C’est ainsi que j’ai su qu’il allait neiger sur la tour Eiffel, j’étais très content d’avoir réussi ma première prédiction, j’ai donc voulu savoir quel temps il ferai à Uzès, je me suis bien concentré, mais j’ai obtenu la même image, j’en ai conclu qu’il ne neigerai pas chez nous. Et j’avais vu juste !!!!!, L’hiver dernier il a neigé à Paris, pas sur notre duché !!!, vous voyez que ça marche !!
« Nom d’un loup en peluche, mais c’est bien sûr ! », ai-je enfin pensé, « la solution se trouve au marché des sorcières à Saint Chaptes, là-bas, je trouverai la panoplie complète du petit magicien. » Je m’y suis donc rendu avec ma louvette, j’y ai vu voler des jeunes sorcières suspendues à une tyrolienne. Ma Jeanne- Lou a réussi à « enchanter » une gentille ensorceleuse à qui j’ai demandé conseil pour devenir devin. 
« Mon bon gros loup, l’Avenir n’est plus ce qu’il était, dans vos rêves les images du futur ne pourront jamais être plus belles que celles de vos souvenirs"
21:00 Publié dans Les sorcières | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : sorcières, sorcellerie
04.07.2008
Ma Nouvelle Naissance
Quand on est un enfant, certains évènements, certains gestes ou certaines paroles prennent des proportions dont les adultes n’ont pas conscience. Les petits loups ne sont pas épargnés par cela, et ce que je vais vous conter est parfaitement véridique. Lorsque j’en ai parlé à ma mère, bien des années plus tard, elle est fut très surprise, ne s’étant jamais doutée de rien. Peut-être parce qu’elle n’était pas assez à l’écoute de son petit louveteau, mais cela est une autre histoire, je n’en parlerai qu’en présence de mon Psy.
Venons en aux faits, voilà t’y pas qu’un beau jour, remontant aux confins de ma mémoire, j’appris par quelles indiscrétions que ma mère devait, enfin, se rendre à la maternité de Clermont, j’écris «enfin » car j’étais tout à fait persuadé, qu ‘elle y allait pour moi afin de régulariser cette incroyable situation dont-on me rabattait les oreilles et qui faisait de moi un clandestin en séjour irrégulier depuis ma naissance. J’étais celui qui n’était pas né comme les autres et je le ressentais très mal.
Dans ma charmante petite tête de loup j’avais du mal à comprendre : Tout enfant qui naît doit passer par la maternité. Or près de cinq années s’étaient passées depuis ma naissance dans la salle à manger de ma Grand-mère, et mes parents n’avaient pas encore trouvé le temps de se mettre en règle avec « la norme ». Qu’avais-je donc fait pour mériter d’être ainsi délaissé ?
La nouvelle me réjouissait donc fort, et comme je n’y connaissais rien, je ne fis aucune relation avec le ventre de ma mère qui s’arrondissait à vue d’œil. Claude m’expliqua un soir, que nous pourrions entendre battre le cœur de « la petite sœur » si nous posions notre tête près du nombril de Denise. Franchement, je ne voyais pas où il voulait en venir.
Le 24 janvier 1954, mon père arriva tout joyeux, et nous dit que nous allions à la maternité. Il était temps, depuis qu’on me le promettait, cette journée s’annonçait fabuleuse, car imaginez-vous, qu’en plus, il avait neigé, « ma première vraie neige », la plus ancienne dont je me souvienne. Nous nous rendîmes à pied jusqu’à l’établissement hospitalier situé à moins de cinq minutes de la maison car les routes étaient impraticables et que de toute façon nous n’avions pas de voiture.
Et voici que dans ce bâtiment de briques rouges, j’ai cru que j’hallucinais, je découvris que j’avais un petit frère, ce qui, en soit, n’était pas si grave que ça, mais mes parents n’eurent même pas l’idée de profiter de sa naissance pour régulariser la mienne. Je découvris ce jour là que les adultes étaient encore plus immatures que nous.
Je passe bien sûr, sur la tromperie sur la marchandise, on nous avait promis une petite sœur, et voilà que nous avions un troisième « larron ».
Ma mère fut très peinée d’avoir encore un garçon, et ne se consola que lorsque ma grand-mère Léontine (la sorcière) lui promis que plus tard elle aurait « une » petite fille.
Ce que mon aïeule avait prédit s’avéra exacte, il y eu « une » fille, qu’ « une » seule à la génération suivante au milieu d'une floppée de cousins. Elle est d’ailleurs très fière d’être celle par lui la prédiction de son arrière grand-mère s’est accomplie.
09:45 Publié dans Souvenirs d'Enfance | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : naissance, maternité
02.07.2008
Akela, un blog qui tient ses promesses
Devant l'enthousiasme général, et les 725689 appels reçus aujourd'hui sur ce blog, comme promis, je laisse dessus une photo permettant à ceux (et celles) qui s’interrogent de se faire une idée en jugeant sur pièce. Le petit Chaperon Rouge se posait des questions à propos de l’attribut dont les loups sont pourvus par nature,
AKELA, voici la réponse:
Il m’était difficile d’arriver à la photographier tout en la tenant bien droite, mais ma dame Zette m’a bien aidé.
23:10 Publié dans Coup de coeur/Coup de griffe | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
01.07.2008
A la queue Leu Leu
Lettre à notre ami Jack de La calmette.
Mon cher Jack, (tu permets que je t’appelle Jack ?)
Le 29 Juin, jour de ma fête, et oui, il y a une Saint AKELA, tu m’as fait l’honneur de me dédier un dessin devant me rappeler de lointains souvenirs, Dessin sur lequel le petit Chaperon Rouge se posait des questions à propos de l’attribut dont les loups sont pourvus par nature, et qui est à l’origine de plusieurs proverbes et dictons dont le plus célèbre est « Quand on parle du loup on en voit la queue ! » Comme promis, demain je laisserai sur mon blog une photo permettant à ceux (et celles) qui s’interrogent de se faire une idée en jugeant sur pièce. Il m’était difficile d’arriver à la photographier tout en la tenant bien droite, mais ma dame Zette m’a bien aidé.
Amitiés
AKELA
23:00 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Loup, queue leu leu


