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11.07.2008

La « Bête » du Gévaudan.

Il fallait bien que j’y vienne un jour, à force d’écrire que les loups ne sont pas des créatures du diable, bien au contraire, et qu’ils ne sont pas une menace pour l’homme, je me devais de m’expliquer sur la bête du Gévaudan.
En premier, chers humains, je vous ferai remarquer que « chez vous » les mauvais exemples ne manquent pas, vous avez vos Landru, Petiot et autres assassins, sans parler de vos super killeurs, Adolf et compagnie. Vous êtes mal placés pour nous reprocher quelques sujets plus féroces que d’autres qui en des temps difficiles, poussés par la faim ont, par ci par là, croquer quelques bergères en lieu et place de leurs moutons.
Mais, force est de le reconnaître oui, nous avons notre Francis Haulmes. La honte de la louverie en la personne de la bête du Gévaudan.
Surtout, ne croyez pas que ce soit une légende, la bête, ou plutôt les bêtes, ont bien existées, il y a autour d’elles des affabulations, pas mal de délire, des hypothèses plus ou moins fondées mais aussi des certitudes, parmi lesquelles celle qu’elles étaient au moins deux, mais il est probable qu’elles furent au minimum trois, et pas impossible qu’il y en ait eu quatre, voir plus, tout issues de la même portée ou de la même lignée.
Durant mon adolescence de loup, j’ai vécu au cœur de son « terrain de chasse », ce qui m’a amené à m’intéresser à elle. J’ai lu de nombreux ouvrages la concernant, certain tout à fait farfelu, d’autre plus sérieux et parfaitement documentés. Rassurez vous, je n’ai nullement l’intention de prétendre avoir résolu l’énigme, mais je revendique le droit d’avoir une opinion, qui est très proche de celle défendue par la plus part des spécialistes des loups et des historiens sérieux, très loin des délires d’un film récent. Mais revenons en aux faits avérés :
Entre 1764 et 1767, « la bête » fit plus de cent trente victimes, et des dizaines de blessés. Contrairement à la légende, elle ne s’attaquait pas qu’aux enfants et aux femmes, bien que toutes les victimes fassent partie de cette population, 9% des attaques ont eu lieu contre des hommes de plus de 18 ans mais aucun d’entre eux ne périt, ce qui démontre que la puissante force de l’animal avait des limites. Des femmes, des adolescentes et même des enfants réussirent à le mettre en fuite, la quatrième « bête » fut d’ailleurs probablement tuée le 11 Août 1765 par une jeune fille de vingt ans, Marie Jeanne VALET, la servante du curé de PAULHAC, qui s’était portée au secours de sa jeune sœur, elle réussit à lui donner un coup de baïonnette, (une lame de couteau au bout d’un bâton) qui pénétra de sept à huit centimètres dans le corps de l’animal qui s’enfuit en saignant abondamment, disparaissant pendant trois semaines avant de réapparaître le 2 Septembre. Aucune des trois « bêtes » abattues par la suite ne portait la cicatrice de cette blessure pourtant certifiée par les traces de sang relevées par les chasseurs sur les lieux de l’attaque du 11 Août, ce qui permet de penser que celle de Marie- Jeanne agonisa au fond des bois des suite d’une importante hémorragie.
Qui était donc la « bête », un loup ? un chien ? Une hyène dressée par Antoine CHASTEL l’homme soupçonné d’en avoir été le meneur ?
Certains, dont je suis, penchent pour un animal hybride issu du croisement entre une chienne domestique et un loup sauvage, et non l’inverse car nous autres loups n’aurions pas supporté la présence d’un hybride dans une de nos meutes. Ce serai la portée, générée par ce métissage, qui devint « la bête ». Pour ma part, je m’arrête là, je ne m’aventurai pas plus loin dans mes convictions car, comme le on dit, le reste n’est que littérature.
L’hypothèse qu’ « elle » fut manipulée par un homme est due à l’étrangeté de son comportement s’apparentant plus à celui du chien qu’à celui d’une bête sauvage. Contrairement aux vrais loups cet animal n’avait pas peur des humains allant les défier dans les cours de ferme ainsi qu’au cœur de villages. Ainsi, elle fut aperçue à deux reprises déambulant tranquillement dans Saint ALBAN, remontant la rue principale jusqu’au château de pierre rouge devant lequel elle attendit, d’après les témoins, « comme un chien qui attendrait son maître. »
Or, le Comte Jean François-Charles de MORANGIÈS, fils du seigneur des lieux, était un bien triste sire, ancien colonel au régiment du Languedoc il avait combattu contre l’empereur de PRUSSE, mais son comportement étant loin d’être exemplaire, il tomba en disgrâce. Véritable psychopathe il connut la prison sous l’ancien régime pour escroquerie ainsi que sous la république pour complicité de bigamie, (Il avait épousé une femme mariée aux mœurs légères), homme violent et débauché, il dilapidera à la mort de son père la fortune familiale dans les tripots et les maisons closes et mourut, en 1801, tué par sa maîtresse. Son propre fils, véritable crapule viola à Vingt six ans une jeune fille de treize ans et lui transmit une maladie vénérienne.
Le château des MORANGIÈS devint en 1830 un hôpital psychiatrique qui s’étendit par la suite autour du bâtiment pour devenir l’actuel Centre Hospitalier.
Le comportement de MORANGIÈS pendant l’affaire de la « bête » fut très ambigu, de là l’hypothèse émise que le vrai « maître » du monstre n’était autre que le seigneur du château au pied duquel l’attendait sa « créature », les CHASTEL n’étant que les meneurs.
Aucune preuve ne permet de valider cette théorie, aucune autre ne permet de l’infirmer, je laisserai donc au Comte Jean François- Charles de MORANGIÈS le bénéfice de la présomption d’innocence.
Le 19 juin 1767, Jean CHASTEL, père d’Antoine, profondément bouleversé par la mort d’une fillette de son village, Marie DENTY, dévorée par l’animal, fit bénir trois balles fondues dans une médaille de la vierge et s’en alla seul attendre le monstre. La « Bête » qui vient d’échapper à trois années de battues mobilisant des milliers d’hommes se trouve exactement à l’endroit où se rend CHASTEL, elle vint « familièrement » au devant de lui, s’arrêtant à quelques mètres du chasseur, l’observant tranquillement, assise sur son arrière train. Jean CHASTEL prend son temps pour viser, il tire, « la Bête » est définitivement morte !
Lors de nos grandes promenades à pied pendant les vacances d’Été, de 1960 et 1963, mon frère Jean Claude et moi nous nous rendions assez souvent à pied au village des FAUX à cinq kilomètres de Saint ALBAN sur Limagnole, où nous demeurions. Nous passions devant le hameau du ROUGET, entre la rivière et les premières maisons il y avait un pré, c’est là que la « Bête » avait tué une de ses premières victimes, une jeune bergère. Quelques dizaines de mètres après, nous traversions une forêt, et je ne pouvais m’empêcher de penser que de la lisière de ce bois, deux siècles auparavant, l’animal épiait sa proie avant de l’attaquer. Son forfait accompli, il était retourné se cacher dans l’épaisseur des sapins. Ce n’est pas sans émotion, même pour de jeunes loups, que notre chemin croisait la piste de la « Bête ».

Commentaires

J'ai traversé le Gévaudan il y a 2 ans. La légende de la "Bête" est tenace et je n'ai pas échappé à un brin de paranoïa pour une petite pause pipi.
Cette histoire est fascinante.

Ecrit par : Lune et Soleil | 12.07.2008

ce genre de loup existe encore, il se déguise en homme

Ecrit par : ginette | 12.07.2008

Je te remercie Lune, (et je te promets que le loup que je suis n’hurlera plus après toi, enfin j’essayerai,). Ton commentaire a fait écho en moi, dans une note précédente où j’évoquais mon arrivée au lycée de Saint Flour et « l’accueil » qui me fut réservé parce que je venais « d’ailleurs » je concluais par «J'y ai aussi compris ce qu'était le racisme, cette ignominie qui permet à des individus, sous prétexte que l’autre est différent et minoritaire d’user de violences envers lui. La Bête du GÉVAUDAN n’est pas morte, elle vit encore dans l’âme de certains. » La « bête » s’est aussi attaqué à mes parents, au point qu’ils ont préféré partir, et je n’oublierai pas dans quelles conditions, quarante cinq ans après j’ai du mal à oublier, encore plus à pardonner, car depuis, j’ai eu l’occasion de rencontrer en tant que référent de formation de nombreuses jeunes infirmières qui avaient été en stage par « là bas » , toutes m’ont spontanément dit les difficultés qu’elles avaient rencontré parce qu’elle n’étaient pas du « cru » en particulier une jeune fille d’origine asiatique. Alors, quand je lis tes lignes, je sens en moi, monter une sourde colère.
Il m’arrive de sourire quand je lis que l’évêque de Mende avait dit en chaire, que la « bête » était une punition de Dieu, pour punir les habitants de leur comportement. Le mécréant que je suis a fini par se demander s’il n’avait pas un petit peu raison.

Ecrit par : Akela | 12.07.2008

Ginette, ton commentaire rejoins ce que je viens d'écrire pour Lune et Soleil. Non, "la bête" n'est pas morte.

Ecrit par : Akela | 12.07.2008

on voit bien que le comportement de cette bête n'est pas celui d'un loup c'est sur que moi aussi j'en aurais eu peur cependant quand je marche dans les sentiers déserts de vers chez moi je me sens bien comme à l'abri ,comme dans un cocon d'arbres; en hiver (hors saison touristique) je peux marcher des heures sans rencontrer personne et ça me va; par contre quelque fois quand je suis chez moi et que quelqu'un sonne , je ferme la porte à clé et je n'ouvre pas : moi, c'est plutot les humains qui me font peur

Ecrit par : saadou | 13.07.2008

La "bête" existe sous plusieurs formes, bien sur, il y celle qui est propre à chacun de nous et qui nous fait tant souffrir, il y a celle aussi qui est dans l'être humain et qui nous rappelle que nous sommes avant tout une espèce animale. Mais il est une autre « bête » qui comme celle du Gévaudan est multiple, elle a le don de se cacher derrière des personnes apparemment bien intentionnée, il faut du temps pour arriver à leur faire jeter le masque. On la trouve parfois au détour d’un commentaire de blog, quand des propos apparemment anodins recèlent des idées nauséabondes. Elle sait être rusée et perverse, sous l’apparent prétexte de défendre la cause des uns, elle s’en prend aux autres. Tenez, prenez l’exemple de B.B elle vient d’être condamnée après avoir utilisé la défense des animaux (qui n’ont été dans l’affaire qu’un prétexte) pour tenir des propos jugés xénophobes par nos tribunaux.. Et bien aujourd’hui, certains, au nom de la liberté d’expression, tentent de faire pression pour faire annuler cette condamnation.
Cela nous incite d’une part à la vigilance, d’autre part, à ne pas coller au premier degré "à l’information ». Regardons derrière… essayons de voir les choses dans leur globalité, arrêtons d’accepter de prendre pour argent comptant des phrases retirées de leur contexte. Il y a un exemple terrible pour un artiste. Claude Barzotti, il a écrit un opéra rock contre le racisme, dans cette œuvre, un « méchant » interprète un chant intitulé « la France aux Français ». Depuis, cette chanson, sortie de son contexte, a été récupérée par des gens mal intentionnés qui l’utilisent sur Internet à des fins de xénophobie et qui laissent croire que Claude Barzotti partage leurs idées.

Ecrit par : Akela | 14.07.2008

se cacher derrière les stéréotypes ça aussi c'est dangereux : les belles formules bien ronflantes et plein la bouche ' ça fait "bien" mais derrière y a pas grand chose; et en plus ça leur permet de dire "je suis dans mon bon droit!" ça ne marche pas comme ça:regarde les loups: le loup blanc n'est jamais entièrement blanc et pour le noir idem; puisqu'on veut tant de bien à la nature et si on commençait à la regarder, elle doit bien avoir ses raisons;comment certains peuvent-ils être si catégoriques et affirmatifs de choses qui ne leurs sont même pas coutumières? quelques fois j'ai honte de cette espèce d'impudence si particulière de la race humaine dont je fais partie (pour moitié seulement-ouf!-l'autre moitié de moi même étant de la tribu des sorcières)

Ecrit par : saadou | 15.07.2008

Saadou ça doit devoir dire sagesse, la premier com que j’ai écrite sur l’affaire de la burka je l’ai faite en réaction aux stéréotypes, nous savons toi et moi, qui connaissons les gens du Maghreb parce que nous sommes allés à leur rencontre, que cette vision est erronée, et que c’est prendre les femmes musulmanes pour des imbéciles, c’était le sens de ce premier écrit, dans le quel je ne parlais que du voile. Quand j’ai lu, cette petite phrase anodine « Ne pas confondre le voile avec la burka. » mon instinct de Psy a immédiatement été mis en alerte, et quand j’ai constaté que ma boutade (que j’ai attribué par modestie à Confucius) faisait mouche « L'humain ne peut confondre que ce qui est différent » j’étais sûr qu’il y avait matière à gratter. J’ai tout compris quand j’ai été sur le blog de mon contradicteur, ancien catholique intégriste, il a peut-être renoncé à « l’intégrisme » mais il demeure apparemment très très catho, or, le voile a la même symbolique dans le christianisme et dans l’Islam, c’est le symbole de la soumission à Dieu et l’acceptation de sa volonté. Il n’était pas envisageable pour lui que l’on puisse mettre le voile sur le même plan que la Burka, qui est (dans son esprit) une « soumission » à l’autorité de l’homme (quoiqu’il y a beaucoup à dire la dessus, l’outil de l’asservissement pouvant devenir celui de la résistance, les femmes afghanes l’ont démontré sous les talibans). Quand à l’arrêt du conseil d’état, il ne règle qu’un cas particulier. Il est surtout inutile parce Quid des femmes ayant déjà la nationalité française par naissance ou par naturalisation et qui portent ou porterons la burka ? Quid des femmes étrangères qui vivent en France et qui ne veulent pas prendre la nationalité française ? L’interdire ? Impossible, (sous quelles bases, principe moral ? religieux ?) On ne peut que poser des conditions restrictives à son port, dans les administrations, dans les établissements scolaires, dans toutes les situations où l’identité d’une personne doit être démontrée (conduite d’un véhicule, droit de vote, usage d’un chéquier, passage d’une frontière, transport aérien etc….). Mais si la personne reste cloîtrée chez elle ?
La référence à l’absence de relation sociale et à l’isolement est fallacieux, Si les gens savaient le nombre de femmes (européennes) qui ne peuvent pas sortir de chez elles sans être accompagnée de leur mari, ils seraient très étonnés. Là aussi profesionnellment je peux l'attester. Et sur le plan privé, j’ai connu une dame qui était ainsi resté 60 ans sans quitter sa ferme, à l’exception de quelques enterrements (de parents très proches), et pour le mariage de ses fils. Elle n’a jamais été dans une autre commune que celle où elle est née, elle s’est mariée et où elle est morte

Ecrit par : Akela | 15.07.2008

a mon avis la toute première raison de la manière de s'habiller des femmes arabes voile compris c'est la chaleur et le vent des sables; les hommes aussi portent des habits longs( les burnous en laine)et se drappent le visage voir les touaregs et ce que les européens ne savent pas c'est que dans la maison c'est les femmes qui règnent et plus elles avancent en age plus elles sont respectées parce que les autres femmes (belles filles et autres) considèrent qu'elles ont l'expérience; la france devrait peut-être en prendre exemple avec son culte du corps, de la beauté et de la jeunesse éternelle!

Ecrit par : saadou | 16.07.2008

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