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27.06.2008

La triste et lamentable histoire des sorcières d'Uzès

Puisque vous aimez les histoires de sorcières je vais vous en raconter une, absolument authentique (comme l’attestent Gaston CHAUVET et Lionel d’ALBIOUSE, historiens patentés de notre bonne ville d’Uzès). Permettez moi seulement de vous en livrer une version revue et corrigée par un loup de vos connaissances, qui n’en a pas toutefois modifié la véracité sur l’essentiel. Car voyez vous, si nos illustres auteurs ont puisé dans les archives municipales, ils n’ont pu, par contre, bénéficier de témoignages oculaires, et pour cause car notre histoire s’est déroulée à la fin du XVème siècle. Or à cette époque, je pratiquais l’amour courtois avec une jeune chienne nommée Pifette, une « bergère cévenole », qui surveillait le troupeau de son maître sous « les barris » du château ducal. Les loups n’ayant pas le droit de citer à l’intérieur des remparts, nous nous retrouvions près d’une capitelle, une de ces huttes en pierres sèches que les provençaux nomment « bories ». C’est là qu’elle me raconta la triste et lamentable histoire des trois sorcières d’Uzès, tandis que je dégustais la carcasse d’un agneau mort né que Pifette et son berger m’avait laissé en guise de déjeuner.
Vous vous plaignez mais sachez qu’ en ce temps là l’administration de notre beau pays était encore plus compliquée qu’aujourd’hui, rien que pour notre ville, nous avions trois pouvoirs, celui du roi, celui de l’évêque et celui des consuls et autres échevins. Chacun d’entre eux avait son siège, son tribunal et son gibet, Le pilier de celui du pouvoir royal est encore visible sur l’ancien chemin de Nîmes, derrière le Mas de Justice, le bien nommé, car braves gens, si vous demeurez dans un lieu appelé « Pont de justice », « quartier de justice », « fontaine de justice », apprenez que c’est là, qu’au Moyen âge on pendouillait larrons et malandrins.
Mais je m’égare, revenons-en à nos « masques » car c’est ainsi que l’on nomme dans nos pays celles qui se livrent à la magie noire.
En l’an de grâce 1491, Dame Espaze, qui demeurait rue de l’Epée, entre la Tour du Roy et celle de l’Evêque, fut accusée de sorcellerie en compagnie que deux autres femmes du quartier. Nos trois sorcières, ou prétendues telles, furent conduites à la tour de l’Evêque, siège du pouvoir épiscopal. Deux d’entre elles, dont notre Dame Espaze furent condamnées à la pendaison, et suspendues par le cou au gibet de Monseigneur l’évêque jusqu’à ce que mort s’en suive. La troisième eu à subir le bannissement, on dit qu’elle s’en alla quérir aventure au-delà des mers, mais une farfadette de mes amies prétend qu’elle serait revenue dans nos contrées, et que l’on peut, les soirs de pleine de Lune, de Sabbat ou de bacchanales, la voir voltiger sur son « escoube » dans le ciel au dessus du château de Najac. e49934702ab3fc7c91ea276e79f204a8.jpg
La suite de mon histoire, car elle n’est point finie, je vous la narre comme Pifette me l’a racontée, elle qui a tout vu, tout su, tout entendu, tout retenu.
Scandale ! scandale ! s’écria le sénéchal, représentant du pouvoir royal, "Monseigneur l’évêque de quel droit avez-vous fait pendre ses deux femmes ?, c’est une honte". Le prélat, tout confus, jura de sa bonne foi,
« la sorcellerie c’est du domaine du spirituel »

« Que nenni,seule la justice du Roy peut décider des cas exigeant la mort, faîtes dépendre ces dames et que l’on conduise les corps à la tour du Roy, siège de la sénéchaussée !! »
On dépendouilla donc Dame Espaze et sa compagne, on convoqua les témoins, rameuta la foule, et après en avoir délibéré avec lui-même, le sieur sénéchal fit amener les deux suppliciées au gibet royal cette fois, où elles furent rependues. « Ainsi, comme l’écrit Gaston CHAUVET dans son ouvrage, fut rétablie publiquement dans ses droits et privilèges usurpés, la juridiction du roi de France »

Commentaires

faut-il avoir peur, comment définit-on les sorcières aujourd'hui, si elles viennent les soirs de sabbah au dessus du château de najac, j'en connais une qui ne va pas rater la fête...elles mangent ? et quoi ( à part les sardines ) et leur pouvoir si elles en on un qu'en font-elles..on dit que les sorcières sont de méchantes fées comment les distinguer...à qui s'attaquent-elles pour qu'on les pende brrrrrou

Ecrit par : ginette | 27.06.2008

NON ! ginou ,les sorcières n'ont rien à voir avec les fées et elles ne sont pas forcément méchantes! elles ont juste une beauté un peu différente (long nez etc...) que le commun des mortels ne sait pas apprécier.quant a toi akela, en temps que loup blanc je comprends que tu es dans bien des secrets mais chut ne le dis pas trop fort

Ecrit par : saadou | 27.06.2008

Je crois qu'en ce qui concerne les femmes qui furent suppliciées comme sorcières , je me suis largement exprimé dans la note "les sorcières de Rouffac", "la chasse aux sorcières" qui a sévit en europe du moyen âge jusqu'à la fin du 18ème ( la dernière sorcière officiellement exécutée l'a été en Espagne à peu près à l'époque de la révolution française)a fait des dizaines de miliers de victimes, en particulier en Allemagne et en Alsace. L'odieux l'a disputé à la bétise, aujourd'hui, derrière de prétendues morales la convoitise et la cupidité des autres conduisent encore des femmes au gibet

Ecrit par : Akela | 27.06.2008

c'est bien vrai akela et sans vouloir passer pour une victime c'est ce qui m'est arrivé mais j'assume ma différence! a notre époque on ne met plus les sorcières sur un buchet: on essaie de les faire enfermer à vie parce qu'elles dérangent

Ecrit par : saadou | 28.06.2008

tiens ! tiens ! ainsi donc je ne m'étais pas trompé... Saadou est bien une sorcière ! Faudra voir sinon un buchet, peut-être un de ces lieux de perdition ... Akela me surprend de plus en plus, son histoire est super, si joliement contée qu'elle a piégé Saadou et Ginette ! attention les sorcières, il y a peut-être danger...préparer vos balais !

Ecrit par : la calmette | 28.06.2008

pas peur du loup, moi!

Ecrit par : saadou | 28.06.2008

Les loups sont des grands timides, c'est a eux que l'on tend des pièges (à loup) ,bon, je m'en vais me planquer au fond des bois. Saadou, Ginette et le Petit chaperon Rouge peuvent aller cueuillir des myrtilles , elles ne craignent rien.

Ecrit par : Akela | 29.06.2008

et alors, j'attends la suite...

Ecrit par : saadou | 01.07.2008

...celle que j'ai promise à La Calmette ? Patience, c'est prêt.

Ecrit par : Akela | 01.07.2008

n'importe laquelle, je m'ennuie sans histoire! une histoire, je veux une histoire!!! une qui fait rire pour me faire oublier mes boutons; oui merci ça va un peu mieux

Ecrit par : saadou | 01.07.2008