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31.05.2008
"Mémoires croisées" et "Lettres de Guerre"
Je possède dans mes tiroirs deux véritables petits trésors, d’abord le carnet de route et une partie de la correspondance de mon Oncle Jean tué le 30 juin 1918, par un obus allemand, J’ai également un petit cahier d’écolier sur lequel son frère, c'est-à-dire mon grand père, a écrit ses souvenirs entre sa naissance et l’occupation allemande, ce récit est compété par le témoignage de ses fils sur la participation de la famille à la résistance.
Enfin tout aussi précieux, un troisième trésor, la légion d’honneur de mon grand père.
Il m’est arrivé dans mes textes précédents de reprendre des écrits de mon grand père, et cela se reproduira encore, cependant afin de leur rendre hommage, j’ai ouvert deux blogs, dont vous trouverez les liens dans la colonne de gauche à « Sites à visiter ».
Le premier « Lettres de guerre » pour mon oncle Jean,
le second, « Mémoires croisées » pour mon grand-père.
http://lettresdeguerre-1914-1918.midiblogs.com/
http://memoirescroisees.midiblogs.com/
00:15 Publié dans Famille | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Lettres de Guerre, mémoires croisées
30.05.2008
Les 36 fredaines de l'Oncle Félix
Mon oncle Félix était quant à lui un sacré personnage, celui par qui le scandale arrive encore et toujours, l’objet du « secret de la famille dont on ne parlait pas devant les enfants ».
C’était plus qu’un secret, c’était une multitude de secrets dus aux turpitudes de l’Oncle. Le premier d’entre eux, c’était l’existence d’un enfant « caché » qu’il aurait eu avant son mariage et qu’il avait cependant reconnu. S’il n’épousât pas la mère de son fils Jacques, il continua cependant de la voir et d’entretenir avec elle une liaison, dont seule la Tante Marcelle, son épouse, n’était pas informée ou feignait de ne pas l’être.
Bien entendu les ardeurs amoureuses du Tonton ne se limitaient pas à une seule maîtresse mais à un certain nombre, ce qui lui revenait très cher. Il mangeât, comme on dit la boutique, en l’occurrence le salon de coiffure de son beau-père, et après avoir mené « grande vie » il se retrouva, toujours flanqué de la Tante qui ne voyait toujours pas plus loin que le bout de son nez, dans une loge de concierge d’usine en Picardie, logement et emploi que son frère Maurice lui avait obtenu grâce à ses relations. Il continuait à faire quelques coupes de cheveux dans sa minuscule loge, pour arrondir les fins de mois.
L’oncle Félix pourtant, avait lui aussi tout pour réussir, il avait été sous officier de réserve dans la cavalerie avant la guerre de quatorze, ce qui n’était pas rien, et l’auréolait d’un certain prestige dans la bonne société, en en particulier auprès des dames. Félix une fois revenu à la vie civile, était devenu, comme c’était la tradition dans la famille, employé de commerce, mais il se montrât quelque peu « indélicat » avec la trésorerie de son patron, ce qui lui valut un court séjour derrière les barreaux. À sa sortie, il pensait avoir payer sa dette, mais l’armée, à l’époque était très soucieuse de l’honorabilité de ses sous officiers de réserve, il n’était point concevable qu’un repris de justice puisse porter des galons et servir dans une arme prestigieuse. Il fut donc dégradé et affecté dans un régiment d’infanterie de réserve connu pour y accueillir au sein de certaines de ses compagnies d’anciens taulards ayant par ailleurs accomplis leur peine.
Ce n’était certes pas les bataillons disciplinaires, cependant, il va de soi que les « gens honnêtes » ne voyaient pas d’un mauvais œil le fait que l’armée utilise en premier des anciens détenus comme chair à canon. Sitôt sortis d’une « boucherie », ces soldats repartaient en subir une autre. C’est à ce prix qu’ils devaient racheter leurs fautes.
Un matin, Félix et une grande partie de son régiment eurent la surprise, en sortant de leurs casemates, de découvrir qu’ils étaient prisonniers, les allemands ayant occupé dans la nuit les positions qu’ils étaient censés défendre.
Les militaires allemands, plus intelligents que leurs homologues français comprirent très vite que « ceux-là » ne chercheraient surtout pas à s’évader, peu désireux de retourner au front après leur cavale. C’est comme cela que mon oncle et ses compagnons trouvèrent des « planques » en travaillant dans les fermes ou des usines allemandes près de la frontière autrichienne, ce qui était grandement préférable aux camps de prisonniers.
Mais revenons à l’Histoire avec un grand « H » Le 2 novembre 1918 l’empereur d’Autriche abdique, le 3 le nouveau gouvernement autrichien capitule sans condition, se réservant juste le droit de protester si les troupes alliées pénètrent, comme elles en avaient l’intention, sur son territoire pour attaquer l’Allemagne. Et c’est le 4 que Félix, comprenant que la fin de la guerre était proche, décida de s’évader, avec la complicité de femmes allemandes (ces camarades pouvaient comptaient sur ses talents de séducteur) franchissant la frontière toute proche en s’octroyant le droit de passage en Autriche que ce pays venait implicitement de reconnaître aux alliés. Est-ce aussi un pur hasard s’il ne revint en France qu’après l’armistice du 11 ? Ce qui est sûr c’est qu’il a pu se targuer du statut de prisonnier de guerre évadé.
Le 18 il arrive enfin à Paris, où il retrouve son jeune frère qui vient d’avoir une permission, c’est ce dernier qui va lui faire connaître le jour même Marcelle sa future épouse.
23:25 Publié dans Famille | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 1914-1918
28.05.2008
L'Interview de BIDART dans le Midi Libre
Je viens de lire l’article sur le tueur Basque dans le M-L de ce matin, je ne suis pas choqué de sa publication, elle permet de mettre à jour le vrai visage d’un fanatisme nationaliste inébranlable, quoiqu’on dise, quoiqu’on fasse ce monsieur ne bougera pas d’un pouce. Ni critiques, ni compassion, ni regret, ni remord, il n’accepte les lois de la République que lorsqu’elle sont en sa faveur. Le nationalisme (qui se cache aussi, souvent, sous le vocable de régionalisme) c’est l’épuration ethnique, Que l’on défende la langue et la culture d’une région oui, que l’on veuille l’imposer aux autres non !. Face à cela pas de négociation, seulement l’application des lois de la République Française une et indivisible.
12:35 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nationalisme, Bidart
22.05.2008
Comment mon grand père fut amené à participer aux Jeux Olympiques de 1924!
Non, ne cherchez pas dans les tablettes, vous n’y trouverez pas le nom de mon grand père parmi les participants officiels des jeux Olympiques de 1924 à Paris, et pourtant….
Revenons donc en arrière, en 1924, mon grand père travaillait à la Société Générale… Mais il vaut mieux que je lui laisse la plume et qu’il vous narre lui-même cette aventure, je vous invite donc à le rejoindre au sein de ses mémoires qu’il nous a laissé avant de nous quitter en 1983..
"C’est une histoire absolument authentique, malgré les apparences. Un jour un collègue vint me trouver, (il était au service des Renseignements Financiers). C’était la Société Générale qui assurait le service financier du stade de COLOMBES, construit spécialement en vue des jeux olympiques de 1924.
Le collègue me dit “Tu habites COLOMBES ? Peux-tu me remplacer Dimanche prochain au stade ? , Tu toucheras une vacation de 20 Frs”. J’ai accepté, il m’expliqua ce que je devais faire, le Dimanche à 10h je fus placé par le chef des contrôleurs à une porte avec deux autres contrôleurs.
Les heures passèrent et je vis arriver à l’extrémité opposée un groupe d’une vingtaine de personnes avec en tête le chef des contrôleurs. Arrivé à notre porte il me dit simplement : ”Suivez-nous”. Je me demandais bien ce que cela voulait dire et nous arrivâmes au quartier des athlètes. Nous attendîmes un moment, puis après avoir discuté avec d’autres officiels, on appela les trois premiers des épreuves, parmi les étrangers beaucoup étaient repartis dans leur pays, c’est alors que l’on plaça derrière la pancarte de la délégation et des officiels, quelques gars comme moi. On forma le cortège pour faire notre entrée sur le stade olympique derrière les trompettes de la Garde Républicaine.
Nous en étions les premiers surpris et nous prenions tout cela avec un certain sourire. C’est probablement, depuis cette époque, que les récompenses sont remises aux athlètes aussitôt les résultats connus, ce qui est beaucoup plus juste et logique. Mes frères et ma famille furent au courant dès que je repris ma liberté. Je crois que le secret a été bien gardé, car je n’en ai pas eu d’échos et pourtant je n’avais pas rêvé.
C’est ainsi que pour le défilé, je me suis trouvé placé à coté de Charles RIGOULOT qui était en tenue de sapeur pompier de PARIS.
(RIGOULOT était Champion de FRANCE de lutte)."
Nous n’avons jamais su de quel métal était la médaille qui lui fut remis, ni dans quelle discipline et encore moins pour quel pays……….
21:55 Publié dans Famille | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Jeux Olympique, Paris 1924
17.05.2008
Mon Oncle Jean
J’ai longtemps crû que mon grand-père n’avait eu que deux frères, d’abord Félix qui avait la particularité d’être deux fois mon Grand-oncle puisqu’il était aussi le mari de Marcelle la sœur de ma Grand-mère, lui je le connaissais bien car il demeurait à une dizaine de kilomètres de la maison de mes Grands-parents où nous vivions tous ensemble. Je connaissais moins bien Emile, qui demeurait à CHATEAU-THIERRY avec son épouse Paulette, il faut dire que celle-ci n’avait pas toujours été en très bons termes avec ma Grand-mère qui lui reprochait d’avoir couvert quelques frasques de Félix à l’insu de sa sœur Marcelle.
A la fin des années cinquante, mon Grand-père m’a amené avec lui à CHATEAU-THIERRY pour y visiter son frère Emile, j’ai depuis décidé unilatéralement que ce jour fut le 30 juin 1958.
Après le repas, au lieu de retourner directement chez nous, nous nous sommes rendus près d’un petit village au bord de la Marne. C’était la campagne, au milieu des champs se trouvait un enclos qui a évoqué en moi le muret d’un jardin comme celui de mon Grand-père maternel à PUGET-THENIERS, nous y avons pénétré par une petite porte métallique. L’oncle Jean nous y attendait dans la première allée sur la droite. Quarante ans plus tôt, le 30 juin 1918, un obus allemand lui avait ôté la vie quelques jours avant le début de la seconde bataille de la Marne et de la contre- offensive victorieuse des armées alliées.
Il est difficile d’imaginer ce qui peut se passer dans la tête d’un enfant de neuf ans en découvrant l’univers d’un cimetière militaire, mais ce que j’y ai compris ce jour-là est resté à jamais gravé dans ma mémoire. Pour la première fois, je prenais conscience des horreurs de la guerre, ce n’était plus un jeu de cour de récréation, les morts étaient là à mes pieds, ils ne le lèveraient pas au coup de sifflet du maître pour retourner en classe.
Je me souviens d’avoir questionné mon Grand-père sur cet oncle dont je découvrais à la fois l’existence et la disparition, je ne sais plus comment cela vint dans la conversation, mais il me dit qu’à la fin de la guerre il était venu reconnaître son frère. Cela me frappa, pour moi, on reconnaissait quelqu’un dans la rue et on le saluait, mais un mort, comment reconnaît-on un mort ? « A sa façon de lasser ses souliers et à son cuir » me répondit mon grand-père. Son cuir ? Jean avait donc un blouson de cuir sur lui lorsqu’il a été tué ? Pendant des années cette phrase tournicotât dans ma tête avant que j’en comprenne de sens.
Pendant un long moment nous avons parcouru les allées de ce cimetière, j’allais d’interrogation en interrogation, pourquoi toutes ces tombes de soldats « inconnus » et puis ces tumulus où reposaient collectivement tant d’hommes dont on ne pouvait lire que les noms de certains d’entre eux, mais pas de tous.
Mon Grand-père m’expliqua alors le sinistre « décompte » des corps sur les champs de bataille, ceux qui étaient entiers, identifiés ou non, et qui avaient droit à une tombe individuelle et puis tous ces débris humains, ces ossements dispersés par les obus, laissés des mois et des mois sans sépulture, que l’on collecte une fois les combats finis. En triant les mains droites d’un coté, les mains gauches de l’autre, et ensuite les pieds, les crânes, les bras, avant de faire le macabre total de tous ces morceaux, si le chiffre le plus élevé est celui des pieds, on considérera que l’on a retrouvé un nombre équivalent d’hommes tués dans le secteur où on a collecté ces restes humains. Mais alors pourquoi y a-t-il quelques noms sur les tumulus ? Parce que parfois, me précisa mon Grand-père, une gourmette sur une main, un portefeuille dans la poche d’un torse, permettait de dire que le corps de tel soldat porté disparu se trouve parmi ces restes.
Longtemps j’ai essayé d’imaginer cet oncle, lorsqu’on est enfant, on ne peut se référer qu’à ce que l’on connaît, si Jean était le frère de mon Grand-père, il ne pouvait que lui ressembler, ou bien à Félix ou Emile, c'est-à-dire que je le voyais comme un vieux monsieur, dans son uniforme et sa veste de « cuir ».. Le temps passa, j’oubliais presque Jean, lorsque très récemment, c'est-à-dire dans les années 90, je découvris sa photo, ce fut un choc, oui, il ressemblait à mon grand-père, mais avec un demi siècle de moins, je réalisais qu’il était plus jeune que moi, figé dans une éternelle jeunesse que la guerre lui avait volé.
J’ai appris petit à petit à le connaître, aujourd’hui, je le découvre au travers de ses écrits, qui était-il ? D’où venait-il ?
La suite sur le blog « Lettres de guerre » http://lettresdeguerre-1914-1918.midiblogs.com/
13:55 Publié dans Souvenirs d'Enfance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Guerre de 1914-1918, lettres de guerre, carnet de route
16.05.2008
Bravo Nîmes
Soyons un peu chauvin, les crocos viennent de se qualifier pour la L2, merci les petits.
23:20 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nîmes Olympiques, foot
La route des vacances-1950 -1960
Nos enfants ont du mal à imaginer une époque pas si lointaine, où le moindre voyage était une aventure expéditionnaire. Dans les années 50 nous partions généralement en train mais je me souviens très bien des premiers grands départs en voiture. Le jour dit, toute la famille se mettait en ordre de marche, mes grands-parents à l’avant de la 4 Cv Renault et les trois enfants derrière. Entre Jean-Claude (mon frère aîné) et moi il y avait Luc, le benjamin, dans sa caisse d’Omo, en guise de berceau, une partie des valises solidement fixées sur la galerie du toit, le reste dans la « cinquième roue », sorte de remorque équipée d’une seule roue au centre et attelée de manière rigide au pare-chocs de la voiture. Quant à mes parents, ils suivaient sur la Vespa. Je ne sais combien de voyages avons nous fait dans ses conditions, mais lorsque quarante ans plus tard, j’ai découvert un modèle réduit de 4 Cv au 1/14ème avec cette fameuse « cinquième roue », je n’ai pas hésité à l’acquérir et à l’exposer sur une étagère de la bibliothèque.
Plus tard, au début des années soixante, lorsque la famille s’est établie temporairement en Lozère, nous partions chaque été pour Puget-Théniers, mon village natal, aux confins de la Provence et du comté de Nice dans la vallée du Var. Le trajet était une véritable expédition, dont la première épreuve était la traversée des Cévennes suivie de la descente sur la vallée du RHÔNE, ensuite nous devions rallier NICE par les nationales puis Puget. Désormais, c’était nos parents qui se trouvaient à l’avant de la voiture, une Dyna Panhard,
avec mes frères nous étions entassés à l’arrière sur la banquette en Skaï véritable, en principe Luc était callé entre ses aînés, mais généralement il était aussi le premier à vomir, et nous rechignions à lui laisser la place près de la portière. Mes parents avaient tenté de faire suivre une cuvette, mais la solution n’était pas géniale et ils finissaient par préférer s’arrêter chaque fois qu’un haut de cœur annonçait un jet de vomi de l’un d’entre nous, car nous étions parfaitement organisés, dès de Luc allait mieux, Jean-Claude et moi prenions le relais l’un après l’autre, et ainsi de suite, cela durait tout le voyage. Pour éviter le contact avec le plastique de la banquette, mon père avait installé des plaids à l’aide d’une multitude de sandows ultra fins, peine perdue, après quelques kilomètres, la couverture glissait et venait aggraver notre inconfort. Pour nous changer les idées mon père organisait des jeux basés sur notre connaissance des panneaux routiers Nous devions aussi ânonner « Beu et A BA, Beu et É BÉ, BABÉ, Beu et I BI, BABEBI etc. » histoire d’apprendre l’alphabet à LUC. Il ne fallait pas compter sur l’autoradio pour nous distraire, nous n’avions pas ce summum du luxe, mon père avait bien essayé de mettre le transistor dans la voiture mais sans antenne extérieure le résultat n’était pas très glorieux. Il crut le problème résolu quant il acheta une ID 19,
car comme le toit était en plastique, il était dit que les radios y fonctionnaient sans antenne, ce qui était vrai, à un détail prêt, il fallait orienter le poste en fonction de l’émetteur, ce qui fait qu’à chaque virage ma mère devait corriger l’orientation. Il fallut renoncer aux joies d’écouter Radio Monte CARLO et retourner à nos rengaines.
Pour être honnête nous n’étions pas les seuls à souffrir du voyage, la voiture y allait aussi de ses petits bobos lorsque le pot d’échappement cédait au charme d’un nid de poule, ou qu’une chambre à air s’éprenait d’un magnifique clou oublié sur la chaussée quant il ne s’agissait pas de la batterie qui refusait de donner du jus à la bobine. Un honnête garagiste, nous rassurait aussitôt en nous certifiant que ce n’était pas grave, il fallait juste changer cette fameuse batterie pourtant récente. Nous repartions plus léger de quelques centaines de francs pour retomber en panne cent kilomètres plus loin. Un autre garagiste, goguenard celui là, nous expliquait qu’en fait c’était le fil de l’alternateur qui était débranché et que notre ancienne batterie serait certainement revendue comme neuve à un autre pigeon.
Mon père jurait d’aller parler du pays à l’indélicat mécano sur le chemin du retour, mais comme nous changions d’itinéraire chaque fois, cela restait lettre morte.
Il me parait utile de préciser qu’à cette époque, on voyageait par les « nationales » qui aujourd’hui, feraient honte à nos départementales. Les rocades, les itinéraires bis, les voies de contournement, c’étaient encore du domaine du rêve, Il fallait traverser chaque ville et jusqu’au moindre petit village figurant sur la carte. Nous avions droit à tous les bouchons, Alès, Nîmes, Beaucaire, Aix en Provence, et les plus terribles d’entre eux, Le Luc et Vidauban avant d’atteindre le NIRVANA, la Félicité des automobilistes et de leurs passagers, j’ai nommé « L’AUTOROUTE », soixante kilomètres d’une deux fois deux voies au travers des massifs des Maures et de l’Estérel où nous avions l’occasion de rouler à la vitesse vertigineuse de 100, voir de 110 km / heure et même 120 lorsque nous avons eu l’ID 19 Citroën (mais uniquement pour doubler). Une fois rendus à NICE, nous bénéficions encore d’un répit grâce aux longues lignes droites des Lingostières et de la vallée jusqu’à Saint MARTIN du VAR avant de retrouver la route étroite et sinueuse qui menait à PUGET où nous arrivions passablement malades et épuisés. Vive les vacances.
15:20 Publié dans Souvenirs d'Enfance | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Route des vacances, Panhard, cinquième roue
15.05.2008
Moi, je ne fais pas de politique….
Voici une petite phrase que tout le monde a entendu, et nous savons tous ce que cela cache. Tout ça pour vous parler d’un blog, bien connu sur nos terres padeboloises pour faire la promotion des diverses manifestations culturelles et sportives de la ville, mais aussi pour avoir marqué une certaine préférence pendant les élections municipales envers les listes d’opposition, tout en essayant d’ouvrir ses colonnes à tous. Or voici qu’une association sportive vient d’adresser un courrier à notre bloggueur en estimant subir un préjudice parce qu’il a fait la promotion d’une de leurs manifestations sportives sans que ce club ne l'ai sollicité, et pour avoir utilisé des photos trouvées sur leur site Internet (déjà, personnellement, je pense que lorsqu’on met sur un site des photos téléchargeables, c’est une façon de les laisser à la disposition de tout un chacun, mais passons). Bon, ça peut se discuter, mais il est curieux de voir une association sportive renoncer comme cela à de la promo. Ce qui est encore plus curieux, ce sont les arguments exposés par le responsable de la communication de ce club, «Notre site est apolitique, donc votre blog ne nous intéresse pas », Bizarre cette précision sur « Le site » ? , cela n’impliquerai donc ni le Club, ni le responsable de la communication ? Ainsi être apolitique ce serai ne pas accepter d’articles de médias plus ou moins engagé ? Mais le meilleur reste à venir, une copie du dit courrier a été adressée à Not’Maire. Et là, on a du mal à comprendre pourquoi ? en quoi cette affaire concerne-t-elle notre premier magistrat ? Ou alors, serai-t-il nécessaire dans cette ville de montrer à la municipalité qu’on n’a aucun lien avec l’opposition ? Cela certainement au nom de « l’apolitisme ». Enfin tout ça ce passe dans notre village de Pasdebol sur Gazon, bien loin de notre bonne ville d’Uzès.
22:58 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : apolitisme, blog
13.05.2008
De la difficulté de s'appeler CHIER (2ème partie)
Ma mère avait beaucoup souffert de l’orthographe de son nom, je n’irai pas jusqu’à dire qu’elle s’est mariée pour ça, mais comme je l’ai écrit précédemment, son père avait déjà du se trimbaler toute sa carrière de cheminot avec ce surnom de « caga ». Lorsqu’elle est décédée en 2003, nous avons orthographié son nom de jeune fille, sur le faire-part du Midi Libre, sous sa forme phonétique « CHIÈRE », elle y tenait beaucoup, ne voulant pas que l’on rit et que l’on se moque de son patronyme le jour de sa mort.
En consultant un site permettant de situer les lieux de naissance des personnes portant le nom de CHIER depuis un siècle, j’ai constaté qu’il s’agissait essentiellement d’une localisation dans des Alpes Maritimes et départements limitrophes, avec quelques cas par ci par là sur le territoire national. En fait (et fort heureusement) le nom est très peu répandu.
Lorsque j’ai effectué des recherches sur mon oncle Jean RENOUX, tué en 1918 à la veille de la seconde bataille de la Marne, j’ai consulté le site de l’Armée « Mémoire des Hommes » concernant les soldats « Morts pour la France » pendant la première guerre mondiale. J’y ai trouvé 148 RENOUX, dont 11 avec mon prénom. Par curiosité j’y ai aussi recherché les CHIER, ils ne sont que quatre avoir péris entre 1914 et 1918, deux étaient niçois, les deux autres du Berry, l’un d’entre eux vivait dans un tout petit village de l’Indre, au fin fond des marais de la Brême, village dont le maire à la fin des années 60, n’était autre, curieuse coïncidence, que mon grand père « paternel », qui était venu se perdre là, presque par hasard après le décès de son épouse auprès de qui il repose désormais dans le cimetière communal.
Si s’appeler « CHIER » présente pas mal d’inconvénients, cela peut aussi avoir quelques avantages. Mon frère et moi, nous en avons fait l’expérience quand nous étions de jeunes militants « révolutionnaires » post 68. Une ou deux fois par mois, nous allions coller, la nuit, des affiches dans les rues d’Aix en Provence, et tout aussi régulièrement nous étions interpellé par la police. Cela se passait bien généralement, sauf une fois (voir la note « Mon Mai 68 »), les policiers se contentaient de relever notre identité. Nous n’attendions qu’une chose, le moment où ils nous demanderaient le nom de jeune fille de notre mère, et là, nous leur lancions un magnifique « CHIER », qui provoquait un sursaut colérique du fonctionnaire de police.
« Vous pouvez répéter ? », « CHIER » « Alors comme ça on vous fait chier ? », et là, car il ne fallait quand même pas trop insister, nous leur précisions qu’il s’agissait bien du nom de notre mère.
Hélas, cette plaisanterie avait ses limites, le commissariat d’Aix n’était pas très important et ses effectifs réduits, nous finissions par tomber toujours sur les mêmes policiers, qui, lorsqu’ils nous apercevaient nous lançaient, « Tiens voilà les chieurs ».
Eh oui, comme le disait souvent ma mère, ce nom, quoi qu’on fasse, on finit toujours par y mettre le nez dedans.
Ma mère avait beaucoup souffert de l’orthographe de son nom, je n’irai pas jusqu’à dire qu’elle s’est mariée pour ça, mais comme je l’ai écrit précédemment, son père avait déjà du se trimbaler toute sa carrière de cheminot avec ce surnom de « caga ». Lorsqu’elle est décédée en 2003, nous avons orthographié son nom de jeune fille, sur le faire-part du Midi Libre, sous sa forme phonétique « CHIÈRE », elle y tenait beaucoup, ne voulant pas que l’on rit et que l’on se moque de son patronyme le jour de sa mort.
En consultant un site permettant de situer les lieux de naissance des personnes portant le nom de CHIER depuis un siècle, j’ai constaté qu’il s’agissait essentiellement d’une localisation dans des Alpes Maritimes et départements limitrophes, avec quelques cas par ci par là sur le territoire national. En fait (et fort heureusement) le nom est très peu répandu.
Lorsque j’ai effectué des recherches sur mon oncle Jean RENOUX, tué en 1918 à la veille de la seconde bataille de la Marne, j’ai consulté le site de l’Armée « Mémoire des Hommes » concernant les soldats « Morts pour la France » pendant la première guerre mondiale. J’y ai trouvé 148 RENOUX, dont 11 avec mon prénom. Par curiosité j’y aussi recherché les CHIER, ils ne sont que quatre avoir péris entre 1914 et 1918, deux étaient niçois, les deux autres du Berry, l’un d’entre eux vivait dans un tout petit village de l’Indre, au fin fond des marais de la Brême, village dont le maire à la fin des années 60, n’était autre, curieuse coïncidence, que mon grand père « paternel », qui était venu se perdre là, presque par hasard après le décès de son épouse auprès de qui il repose désormais dans le cimetière communal.
Si s’appeler « CHIER » présente pas mal d’inconvénients, cela peut aussi avoir quelques avantages. Mon frère et moi, nous en avons fait l’expérience quand nous étions de jeunes militants « révolutionnaires » post 68. Une ou deux fois par mois, nous allions coller, la nuit, des affiches dans les rues d’Aix en Provence, et tout aussi régulièrement nous étions interpellé par la police. Cela se passait bien généralement, sauf une fois (voir la note « Mon Mai 68 »), les policiers se contentaient de relever notre identité. Nous n’attendions qu’une chose, le moment où ils nous demanderaient le nom de jeune fille de notre mère, et là, nous leur lancions un magnifique « CHIER », qui provoquait un sursaut colérique du fonctionnaire de police.
« Vous pouvez répéter ? », « CHIER » « Alors comme ça on vous fait chier ? », et là, car il ne fallait quand même pas trop insister, nous leur précisions qu’il s’agissait bien du nom de notre mère.
Hélas, cette plaisanterie avait ses limites, le commissariat d’Aix n’était pas très important et ses effectifs réduits, nous finissions par tomber toujours sur les mêmes policiers, qui, lorsqu’ils nous apercevaient nous lançaient, « Tiens voilà les chieurs ».
Eh oui, comme le disait souvent ma mère, ce nom, quoi qu’on fasse, on finit toujours par y mettre le nez dedans.
19:40 Publié dans Famille | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : patronyme, nomde famille
De la difficulté de s'appeler CHIER
Mon grand-père maternel, Benjamin CHIER, (prononcez CHIÈRE, s’il vous plait), était connu sous le surnom de « CAGA à la « Compagnie de Provence » qui exploitait la ligne de Nice à Digne où il était conducteur de locomotive.
Il me fallu beaucoup de temps pour réaliser que l’orthographe de son patronyme ne correspondait pas à sa prononciation. Cela se passa vers mes douze ans, il nous arrivait, avec mes frères d’aller chercher nos parents à la sortie de l’Hôpital où ils travaillaient, nous devions attendre dans hall où se trouvait la pointeuse. Un jour, afin de passer le temps je me mis à lire le nom des infirmiers sur leur fiche de pointage, je trouvais celle de ma mère et je lus : Madame RENOUX Denise née CHIER, aussitôt il me vint cette pensée, « Quelle drôle de façon de naître !». Pour la première fois je réalisais que ma mère portait en fait un nom pour le moins difficile à porter. A vrai dire, j’étais tellement stupéfait par cette révélation que je n’ai pas cherché à comprendre sur l’instant pourquoi il fallait prononcer « CHIÈRE » au lieu de CHIER. Je trouvais juste chanceux pour ma famille que cela soit possible. Ce fut bien plus tard que je me suis intéressé à l’origine du nom de mon grand-père. Je trouvais une première explication dans un ouvrage sur l’étymologie des noms de famille.
Origine du nom CHIER : Jusqu’au début du 19ème siècle, les juifs vivant en France n’avaient pas de nom de famille et ne pouvaient faire l’objet d’un recensement officiel quelconque. Napoléon, toujours en quête de nouvelles recrues pour ses armées, y mit bon ordre. Tous les israélites de France durent se faire enregistrer à l’état civil, ceux qui possédaient un surnom héréditaire pouvant le faire inscrire comme patronyme, ceux qui n’en possédaient pas devaient s’en trouver un dans les six mois, sans que ce fût un nom de l’ancien testament ou un nom de lieu. La plupart s’en inventèrent d’agréables. Les juifs d’Alsace employèrent même une ingénieuse et assez touchante méthode. Combinant les initiales des prénoms de leur père, de leur mère et des grands-parents, ils fabriquèrent des patronymes ayant un sens.
Dans le bassin sidérurgique de la « CHIÈRE », des familles juives, en combinant leurs initiales, obtinrent le mot « CHIER » et se déclarèrent sous ce nom patronyme qu’ils prononcèrent « CHIÈRE », c’était une façon de détourner la loi qui interdisait les noms de lieu auxquels pouvaient se rattacher une communauté.
Ces familles se seraient dispersées en France, principalement après 1870, et l’annexion de l’Alsace Lorraine par les Allemands.
Mon cousin René MOSTI, a une autre explication, d’après lui, lorsque le Comté de NICE fut rattaché à la France, en 1860, il aurait été permis aux niçois d’origine de franciser leur nom, pour les différencier de ceux d’origine italienne.
Ce serait le cas d’une famille « CHIERI » (prononcer à l’italienne « QUIÈRI »).
La francisation aurait donné « CHIER » mais que l’on aurait continué à prononcer « QUIÈRE » pendant quelques temps puis « CHIÈRE ».
Cette version me paraît peu probable pour deux raisons :
Les « CHIER », du moins ceux de ma famille n’étaient pas assez riches pour faire modifier leur état civil. Cette Francisation aurait eu lieu après 1860, or on retrouve des « CHIER » nés bien avant cette période, en autre mon arrière-grand-père, sans qu’aucune trace de cette transformation n’apparaissent. A moins qu’il n’y ait une erreur de date, et que cette opération ait eu lieu sous la révolution ou le premier empire, lors du premier rattachement.
Aucune de ces explications ne me convient, les Allemands, en 1944, se sont penchés sur notre cas, persuadés que l’hypothèse Juif - Alsacien était la bonne avant de renoncer devant les certificats de baptême, ce qui paraît logique, en effet pourquoi des juifs alsaciens auraient fuit l’antisémitisme Allemand pour venir finalement se convertir en Haute PROVENCE ?
Je pense, sans aucune intime conviction, qu’il est possible que CHIER soit bien une altération de CHIERI, mais que cela se serait fait au fil des ans et des générations, comme d’ailleurs pour la plus part des noms propres et non à la suite d’une volonté de francisation.
00:25 Publié dans Famille | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nom de famille, patronyme




