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08/04/2016

De la difficulté de s'appeler CHIER (2ème partie)

Ma mère avait beaucoup souffert de l’orthographe de son nom, je n’irai pas jusqu’à dire qu’elle s’est mariée pour ça, mais comme je l’ai écrit précédemment, son père avait déjà du se trimbaler toute sa carrière de cheminot avec ce surnom de « caga ». Lorsqu’elle est décédée en 2003, nous avons orthographié son nom de jeune fille, sur le faire-part du Midi Libre, sous sa forme phonétique « CHIÈRE », elle y tenait beaucoup, ne voulant pas que l’on rit et que l’on se moque de son patronyme le jour de sa mort.
En consultant un site permettant de situer les lieux de naissance des personnes portant le nom de CHIER depuis un siècle, j’ai constaté qu’il s’agissait essentiellement d’une localisation dans des Alpes Maritimes et départements limitrophes, avec quelques cas par ci par là sur le territoire national. En fait (et fort heureusement) le nom est très peu répandu.
Lorsque j’ai effectué des recherches sur mon oncle Jean RENOUX, tué en 1918 à la veille de la seconde bataille de la Marne, j’ai consulté le site de l’Armée « Mémoire des Hommes » concernant les soldats « Morts pour la France » pendant la première guerre mondiale. J’y ai trouvé 148 RENOUX, dont 11 avec mon prénom. Par curiosité j’y ai aussi recherché les CHIER, ils ne sont que quatre avoir péris entre 1914 et 1918, deux étaient niçois, les deux autres du Berry, l’un d’entre eux vivait dans un tout petit village de l’Indre, au fin fond des marais de la Brême, village dont le maire à la fin des années 60, n’était autre, curieuse coïncidence, que mon grand père « paternel », qui était venu se perdre là, presque par hasard après le décès de son épouse auprès de qui il repose désormais dans le cimetière communal.
Si s’appeler « CHIER » présente pas mal d’inconvénients, cela peut aussi avoir quelques avantages. Mon frère et moi, nous en avons fait l’expérience quand nous étions de jeunes militants « révolutionnaires » post 68. Une ou deux fois par mois, nous allions coller, la nuit, des affiches dans les rues d’Aix en Provence, et tout aussi régulièrement nous étions interpellé par la police. Cela se passait bien généralement, sauf une fois (voir la note « Mon Mai 68 »), les policiers se contentaient de relever notre identité. Nous n’attendions qu’une chose, le moment où ils nous demanderaient le nom de jeune fille de notre mère, et là, nous leur lancions un magnifique « CHIER », qui provoquait un sursaut colérique du fonctionnaire de police.
« Vous pouvez répéter ? », « CHIER » « Alors comme ça on vous fait chier ? », et là, car il ne fallait quand même pas trop insister, nous leur précisions qu’il s’agissait bien du nom de notre mère.
Hélas, cette plaisanterie avait ses limites, le commissariat d’Aix n’était pas très important et ses effectifs réduits, nous finissions par tomber toujours sur les mêmes policiers, qui, lorsqu’ils nous apercevaient nous lançaient, « Tiens voilà les chieurs ».
Eh oui, comme le disait souvent ma mère, ce nom, quoi qu’on fasse, on finit toujours par y mettre le nez dedans.
Ma mère avait beaucoup souffert de l’orthographe de son nom, je n’irai pas jusqu’à dire qu’elle s’est mariée pour ça, mais comme je l’ai écrit précédemment, son père avait déjà du se trimbaler toute sa carrière de cheminot avec ce surnom de « caga ». Lorsqu’elle est décédée en 2003, nous avons orthographié son nom de jeune fille, sur le faire-part du Midi Libre, sous sa forme phonétique « CHIÈRE », elle y tenait beaucoup, ne voulant pas que l’on rit et que l’on se moque de son patronyme le jour de sa mort.
En consultant un site permettant de situer les lieux de naissance des personnes portant le nom de CHIER depuis un siècle, j’ai constaté qu’il s’agissait essentiellement d’une localisation dans des Alpes Maritimes et départements limitrophes, avec quelques cas par ci par là sur le territoire national. En fait (et fort heureusement) le nom est très peu répandu.
Lorsque j’ai effectué des recherches sur mon oncle Jean RENOUX, tué en 1918 à la veille de la seconde bataille de la Marne, j’ai consulté le site de l’Armée « Mémoire des Hommes » concernant les soldats « Morts pour la France » pendant la première guerre mondiale. J’y ai trouvé 148 RENOUX, dont 11 avec mon prénom. Par curiosité j’y aussi recherché les CHIER, ils ne sont que quatre avoir péris entre 1914 et 1918, deux étaient niçois, les deux autres du Berry, l’un d’entre eux vivait dans un tout petit village de l’Indre, au fin fond des marais de la Brême, village dont le maire à la fin des années 60, n’était autre, curieuse coïncidence, que mon grand père « paternel », qui était venu se perdre là, presque par hasard après le décès de son épouse auprès de qui il repose désormais dans le cimetière communal.
Si s’appeler « CHIER » présente pas mal d’inconvénients, cela peut aussi avoir quelques avantages. Mon frère et moi, nous en avons fait l’expérience quand nous étions de jeunes militants « révolutionnaires » post 68. Une ou deux fois par mois, nous allions coller, la nuit, des affiches dans les rues d’Aix en Provence, et tout aussi régulièrement nous étions interpellé par la police. Cela se passait bien généralement, sauf une fois (voir la note « Mon Mai 68 »), les policiers se contentaient de relever notre identité. Nous n’attendions qu’une chose, le moment où ils nous demanderaient le nom de jeune fille de notre mère, et là, nous leur lancions un magnifique « CHIER », qui provoquait un sursaut colérique du fonctionnaire de police.
« Vous pouvez répéter ? », « CHIER » « Alors comme ça on vous fait chier ? », et là, car il ne fallait quand même pas trop insister, nous leur précisions qu’il s’agissait bien du nom de notre mère.
Hélas, cette plaisanterie avait ses limites, le commissariat d’Aix n’était pas très important et ses effectifs réduits, nous finissions par tomber toujours sur les mêmes policiers, qui, lorsqu’ils nous apercevaient nous lançaient, « Tiens voilà les chieurs ».
Eh oui, comme le disait souvent ma mère, ce nom, quoi qu’on fasse, on finit toujours par y mettre le nez dedans.

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