01.07.2009

A la Recherche du "Moi" perdu

Vous vous êtes déjà perdu ? Oui bien sûr, Vous êtes vous aussi cherché ? Evidemment, ça va soit, nous nous sommes tous cherchés. Mais, vous êtes vous cherché sans pour autant vous êtes perdu ?  Non, non je n’ai pas fumé la moquette, et l’historiette que je vais vous conter est authentique et a eu lieu il y a un plus d’une vingtaine d’années.

 A cette époque dans le cadre de mon boulot je m’occupais d’un monsieur qui souffrait d’une maladie cousine du syndrome d’Alzheimer. Son « disque dur » s’effaçait au fur et à mesure, sa mémoire remontait à cinq six minutes en arrière pas plus, aucune mémoire ancienne, mais bizarrement il avait conservé des automatismes, par exemple il pouvait conduire sa voiture à condition d’être guidé. Il respectait les feux rouges, démarrait au feu vert, mettait son clignotant sans que le co-pilote n’ait besoin d’intervenir.

Mon boulot consistait d’une part à mesurer l’évolution de la dégradation de son état, mais aussi à soulager son épouse quelques heures par semaine, car, tel un enfant, il ne lui laissait pas un instant de répit.

Donc, un beau jour, je me rends avec lui à Villeneuve les Avignon, pour « boire » un pot et voir s’il se repérait encore dans cette ville qu’il connaissait bien. Arrivé sur la place principale, il est pris d’un besoin présent, mais par chance, il y avait une vespasienne à proximité. Je le laisse à cette délicate opération et je l’attends à l’extérieur.

Dès qu’il est ressorti, j’ai compris que quelque chose clochait, il regarde, l’air inquiet, à droite, à gauche, m’aperçoit, toujours inquiet et me demande ;

Où est il ?

Qui ça ?

Lui

Mais qui lui ?

Et bien lui !

Je crois, monsieur Perdreau (nous l’appellerons Mr Perdreau, car si lui est décédé depuis, sa famille mérite un peu de discrétion), je crois que lui c’est moi.

Non, ce n’est pas toi, c’est lui

Mais lui c’est moi, c’est avec moi que vous êtes venu.

Non, je suis venu avec lui ; je ne sais pas où il est passé, peux-tu m’aider à le chercher. ?

Bien, d’accord, nous allons « le » chercher ensemble.

J’étais assez mal, je ne savais pas top comment récupérer le coup, quand, l’envie lui pris d’entrer dans un bar pour voir si par hasard, « lui », enfin moi, n’était pas dedans.

Et d’un coup, je me suis rappelé ce gag de dessin animé quand un personnage perd la mémoire à la suite d’un choc, et à qui on redonne un second coup sur la tête pour la lui rendre.

Euréka !!! J’ai trouvé, comme le professeur Nimbus, une ampoule électrique a aussitôt surgit sur mon crâne en clignotant.

J’ai laissé entrer mon patient dans le bistrot et je suis resté dehors, lorsqu’il est ressorti, je l’ai immédiatement apostrophé,

« Monsieur Perdreau, je vous cherche partout !!!

Ah te voilà, moi aussi je te cherchais !

Ouf ! Un instant j’ai eu peur qu’il ne me demande de retrouver « l’autre moi », mais heureusement, celui-ci ne devait présenter aucun intérêt pour lui.

A mon humble avis il a eu tort, moi, je trouve que « l’autre moi » s’est montré plus malin que « moi », puisqu’il a réussit à me retrouver alors que je n’étais pas perdu. Je ne me suis pas montré beau joueur puisque je n’ai même pas pensé à me remercier pour son aide.

27.06.2009

Uzès, La ville où les bistrots sont rois

Championne du Monde ! Le titre mondial de l’aberrance et du laxisme en matière de stationnement revient sans aucun doute à la cité ducale.

Tenez un exemple, face au monument aux morts de la ville, il y avait un trottoir très étroit qui allait de l’angle du boulevard Gambetta au temple. Trois places de stationnement payant (en file) se situaient devant le bar et un marquage au sol interdisait tout stationnement jusqu’à l’édifice religieux. Que croyez vous qu’il se passait. D’un bout à l’autre de cet espace, tout le monde stationnait en épis que ce soit sur les emplacements payants ou sur la partie ou le dit stationnement était interdit (et matérialisé). Personne ne payait quoique ce soit et cela ne gênait personne ni les gardes ni la municipalité.

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Deux choses l’une, ou bien, finalement, c’était une bonne solution, et on matérialise au sol un stationnement en épis. Ou bien cette anarchie provoque une gêne et l’on sévit. Que nenni ! La municipalité ne voulait sûrement pas que l’on supprime ce magnifique témoignage de son incompétence en matière de stationnement.

Au printemps de cette année, ne voilà-t-il pas qu’elle annonce, à grand renfort de pub dans ces revues, qu’elle va modifier cet espace.

Et que croyez vous qu’il arriva ? Les trois emplacements payants ont été remplacés par un élargissement du trottoir, Génial Non ? Devant le bar les passants, gênés par les tables en terrasse, n’auront plus à descendre sur la chaussée et à faire le tour des véhicules en stationnement illicite.

Image Scannée498 02.jpgEt bien non, braves gens, à Uzès, on ne fait pas des trottoirs pour les piétons mais pour les bistrots !!! L’espace nouveau ainsi créé a servit à agrandir la terrasse du bar et lui a permis de doubler ses tables !!!! Les jours de marché ou d’affluence, si vous ne voulez pas gêner les buveurs de pastis en vous faufilant entre tables, chaises, clients et serveurs, il vous faut de nouveau descendre sur la chaussée, pour le reste (le stationnement interdit jusqu’au temple)  rien de changé, on continue allègrement à stationner en épis, parfois en double file ! , dès qu’un véhicule recule pour repartir, il gêne la circulation !!!  Mais ce n’est pas grave !! C’est Uzès !!!! C’est tellement dans les mœurs que le silence de l’opposition, n’est même pas assourdissant. Mais il est vrai que lorsqu’on ne demeure pas dans la commune…… !!!!!!!!!

 

23.06.2009

Uzès Vile Propre

Dans le cadre de sa politique éducative en direction de la jeunesse la ville d’Uzès a décidé de montrer aux enfants de l’École maternelle ce qu’était une ville sale.SP_A0042.jpg

 

Dans 107 ans, elle leur montrera ce qu’est une ville Propre.

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(Les escaliers menant à l’école maternelle, il y a même des culottes. Photos prises le mardi 23 Juin à 11.30)

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22.06.2009

En avant vers le passé

Moi, je ne suis pas fait comme tout le monde, quand je sors ma boule de cristal, ce n’est point afin d’explorer l’avenir, mais, tout au contraire, pour me plonger dans le passé. En fait, à bien y réfléchir, c’est plus intéressant : mon futur, il est quelque peu limité et il se rétrécit de jour en jour, tandis que mon passé, lui s’accroît sans cesse, (enfin pour le moment), il ne me réserve pas de mauvaise surprise, (je ne suis pas mort !!)  ni de bonne, (je ne gagnerai pas au loto ni hier ni avant-hier !!!). Il y a bien quelques chipotaïres qui inverseront ma dernière phrase, mais je m’en fous, c’est mon blog et j’écris ce que je veux, non mais !!!!

J’ai donc plongé mon regard dans ma boule de cristal, (pas celle qui, en la secouant, me permet de prédire s’il va neiger sur la tour Eiffel ou sur notre Dame de la Garde), mais une autre, qui a la forme d’un phare de voiture type années Cinquante. Quand nos bagnoles s’appelaient Aronde, Versailles, Vedette, Dyna, Frégate, Caravelle, Floride, Dauphine, Chambord, Ariane, elles sortaient de chez Simca, Panhard, ou Auto Union, Quand vous achetiez une « deux chevaux », elle arrivait du Quai de Javel sans passer par la case Portugal. Nous ne connaissions pas les voitures japonaises, seulement le nom des motos, et ça nous faisait rire, « Yamamoto » «  Suzuki »,  on n’a pas idée de sortir des appellations pareilles, prêtant à des jeux de mots plus ou moins vaseux.

Quand ton secrétaire syndical (tu sais, celui qui roulait en Lada) te disait « achetez français », ça avait du sens. Pas comme maintenant où ta Clio vient de Tchéquie, la VW de ta sœur du Brésil et la Toyota du voisin de Lille. Bon bref, tout cela pour en revenir à cette époque où l’industrie de l’automobile ne connaissait pas la crise, il fallait attendre des mois, voir une année ou deux avant de recevoir la voiture neuve que vous aviez commandée. Mon Grand père avait signé le bon de commande de sa « dedeuche » en 57, il fut livré en 1959 !!!! Les garagistes ne te demandaient pas de verser des arrhes, si tu ne voulais plus de la bagnole, un autre la prenait aussitôt, si bien que le prix d’une « occasion » récente était supérieur au prix du neuf. Certains petits malins qui avaient un peu d’argent d’avance avaient bien compris le système, ils avaient toujours une ou deux voitures en commande, dès qu’une d’entre elles arrivait, ils revendaient la précédente en faisant un petit bénéfice.

Mon père, n’avait, quant à lui, pas du tout le sens des affaires, si tu avais besoin d’un pigeon, t’avais qu’à sonner chez nous, il répondait toujours présent. Il avait lui aussi commandé une « deuche » en  1958, avec l’espoir insensé qu’elle serait livrée avant l’été 59 afin que nous puissions partir tous ensemble en vacances, sans être tributaire des trains, des correspondances et des retards de toutes sortes qui transformaient nos voyages en épopées héroïques.

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Bien entendu, il avait passé son permis chez un garagiste qui faisait aussi auto école, car en ces temps immémoriaux, il n’était pas obligatoire de passer par une officine « pompe à fric » et nul certificat d’aptitude n’était demandé pour former les néo conducteurs. Les vendeurs se chargeaint de cette tache sans problème, ce qui leur permettait de fidéliser les futurs acheteurs. En l’occurrence, notre homme était spécialisé « toutes marques » !!! Avec une petite préférence pour les « Simca »  et en second pour les « Panhard ». Mon père effectuait régulièrement quelques menus travaux de peinture « en lettre » au black pour ce mécano, et il avait ainsi un bon contact avec lui. Il ne fut donc pas particulièrement surpris quand notre garagiste vint lui proposer « une bonne affaire » et quelle affaire !!! : Une voiture neuve d’ici quinze jours, c'est-à-dire juste avant les congés d’été.

« Enfin, monsieur, vous vous voyez traverser la France du Nord au Sud en « Deux chevaux » avec vos trois enfants ? Si on vous livre votre voiture d’ici là, ce qui n’est pas certain du tout ? Franchement vous seriez mieux dans une Dyna Panhard, plus de place, plus de confort, plus de performances, Écoutez, j’ai une combine, je peux vous avoir, avec certitude une Dyna neuve avant le 1er juillet, grâce à moi, vous passerez avant tout le monde, voyez, je vais même m’engager à vous prêter gratuitement, le temps qu’il faudra, un de mes véhicule, si par hasard, elle n’était pas livrée à temps. »

Mon Père était très tenté, et commença à mordre à l’hameçon tout en restant méfiant, il demanda s’il fallait qu’il verse un supplément pour être livré de suite.

« Mais enfin, qu’est-ce que vous croyez, c’est pour vous que je fais ça, vous l’aurez au prix usine, sans le moindre francs de plus, vous pourrez même choisir la couleur, ça ne posera pas de problème »

« Au 1er Juillet l’année modèle va changer et …… »

« Je peux vous certifier que la Dyna Panhard ne subira aucune modification notable dans les mois qui viennent »

800px-Panhard_PL17_005.jpgEt pour cause, 10 jours après que mon père ai pris possession de sa « Dyna », sa production s’arrêtait au profit  de la PL 17, de conception plus moderne, avec (enfin !) les portes avant qui s’ouvraient dans le bon sens, provoquant une chute du prix de l’occasion de la Dyna. Mon père venait de participer à l’écoulement du stock des anciens modèles.

11.06.2009

Modeste Désiré

J’ai connu Modeste-Désiré en 1972, il avait passé la quarantaine et était « toujours » interne des hôpitaux, j’écris « toujours » vous allez comprendre pourquoi bientôt. Il était arrivé de son Haïti natal dans les années cinquante pour faire ses études de médecine en France. Quoi de plus anodin en apparence, si ce n’est, qu’à cette époque régnait sur son île « Papa Doc  Duvalier », l’un des plus sinistre dictateur des caraïbes, à qui la république haïtienne doit la terrible situation dans laquelle elle se trouve actuellement.

Comme beaucoup d’étudiants étrangers, issus de république bananière, Modeste-Désiré, avait découvert la démocratie au quartier latin et avait pris conscience du drame épouvantable qui se déroulait chez lui. Sans pour autant militer dans l’opposition au régime de « Papa Doc » il avait noué des liens avec des membres de celle-ci. Un beau jour, un diplomate de son ambassade l’informa qu’il ne valait mieux pas qu’il retourne au pays, les « Tontons Macoutes »  l’avaient inscrit sur la liste rouge des personnes à éliminer. Modeste-Désiré, une fois son doctorat en poche demanda l’asile politique en France, ce qui lui fut accordé.

Malheureusement pour lui, en ce temps là, pas si lointain, sans la nationalité Française, il ne pouvait exercer la médecine dans notre pays, même avec un diplôme français, que ce soit en libéral ou en milieu hospitalier. Seuls les étudiants en médecine pouvaient travailler comme internes dans les hôpitaux. Notre ami n’avait donc le choix qu’entre : décharger des cageots aux halles ou celui de redevenir étudiant, car il fallait bien qu’il gagne sa vie, d’autant qu’il venait de créer une famille.

Il prépara donc une spécialisation en cardiologie, puis en réanimation, devint chirurgien et tout cela en vivant d’un modeste salaire d’interne, logé dans un appartement de fonction. Ce n’était pas la belle vie, mais c’était la vie quand même. Il devint itinérant, se déplaçant de région en région en fonction des postes qu’on lui proposait. C’est ainsi qu’un beau jour, un nouveau beau diplôme en poche, tout à fait par hasard, il s’inscrivit à la faculté de Médecine de Lyon afin de devenir psychiatre, persuadé que ce « serait plus reposant »

Il débarqua ainsi à l’internat du centre hospitalier où je travaillais comme jeune infirmier. Nous étions voisins, les studios que l’administration louait à ses employés étant situés à coté de l’internat. L’Hôpital était tout neuf, le personnel aussi, presque tous célibataires, et rapidement nous apprîmes à faire la fête ensemble, et Modeste-Désiré devint un « copain » parmi les autres même s’il était marié et plus âgé que nous.  Bien entendu nous l’avions surnommé « Landru »  car notre illustre partisan de la femme au foyer se prénommait Henri-Désiré. Comment ça ? : « C’est tiré par les cheveux ! » , Heu, bon d’accord , je vous l’accorde, mais comme nous avions tous des surnoms, c’est le premier qui nous était venu à l’idée pour lui.

L’administration est ainsi faite, qu’elle peut interdire à un médecin d’exercer ses qualifications dans la fonction publique ou dans le secteur libéral, mais paradoxalement se souvenir, d’un seul coup, quand ça l’arrange, des diplômes du dit médecin. Et le directeur de l’Hôpital où nous travaillions, ne s’embarrassait pas de scrupules pour demander à Henri-Dé…. heu Pardon, à Modeste–Désiré, de mettre ses compétences multiples à la disposition de l’ensemble de l’établissement en particulier pour assurer la permanence des gardes au service d’urgence.

C’est ainsi, qu’une nuit, il accueillit, un ivrogne patenté qui venait d’avoir un grave accident de la route, et qui n’était pas frais du tout. Sitôt le bonhomme installé sur la table de consultation Modeste (on va dire Modeste, c’est plus facile), Modeste voulut faire un premier bilan de l’état du blessé quand celui-ci, retrouvant brièvement ses esprits s’écriât :

-Foutez moi ce nègre dehors.

-Je suis le Médecin !

-Rien à foutre, je ne me laisserai pas toucher par un bougnoule

-Comme vous voulez, je m’en vais.

Et il passa dans la pièce d’à coté.

Stupeur dans la salle. La surveillante demandant à Modeste de revenir tandis que le blessé criait qu’on le laissait mourir. Notre ami retourna auprès de lui et lui dit.

-Je suis le seul médecin de garde, si vous n’acceptez pas que je vous soigne vous mettrez votre vie en danger.

-appelez un autre docteur !

-Pas question, il y en a déjà un mis à votre disposition par l’hôpital, si vous n’en voulez pas tant pis pour vous

Et il repassa dans la pièce d’à coté ou la surveillante lui demanda d’appeler un collègue, mais Modeste resta ferme

-Ce que je viens de dire à cette personne vaut pour vous.

-Mais il va mourir !

-C’est son choix

-Nous allons être poursuivi pour non assistance ….

--Ah non, nous ne lui refusons pas notre aide, c’est lui qui n’en veut pas.

La surveillante saisit le téléphone, appela le directeur, qui voulut réquisitionner un autre interne, mais ceux-ci, apprenant la situation, refusèrent arguant  qu’ils ne pouvaient être réquisitionnés qu’en cas absence de médecin aux urgences, ce qui n’était pas le cas.

Et pendant ce temps là, notre ivrogne continuait de « crever » en refusant l’intervention du « nègre »

Le directeur se souvint qu’il y avait parmi les généralistes qui effectuaient des vacations à l’hôpital, un vieux médecin, ancien pétainiste, réac comme ce n’est pas Dieu possible. Il l’appela, et l’autre, « compatissant » pour le blessé accepta de venir. Malheureusement pour lui, il ne pouvait pas faire grand-chose, le patient qui avait perdu beaucoup de sang, risquait un collapsus cardiaque, il fallait l’opérer d’urgence, et le seul chirurgien disponible, cardiologue de surcroît, c’était Modeste.

Quand au blessé, bien que de plus en plus mal, il continuait de s’opposer en termes violents et orduriers à la présence du haïtien.

On fit appel au Maire de la commune qui au vu d’un certificat médical du vieux généraliste, rédigea un arrêté d’internement d’office en psychiatrie.

On pouvait enfin se passer de l’accord du malade, Modeste le « shoota »  et put opérer et sauver l’ivrogne, qui une fois rétablit et dégrisé ne lui en fut même pas reconnaissant.